La France il est vrai avait pris quelques retards, comme s’il lui avait fallu se reposer un peu des Trente glorieuses et de l’œuvre du Général de Gaulle qui l’avait, en quelques années époustouflantes, propulsée à nouveau sur le devant de la scène mondiale.
Depuis, trente années de médiocrité, trente années d’abandons, trente années pendant lesquelles des Présidents se sont pavanés dans nos Palais nationaux, profitant d’un passé pour lequel ils n’avaient rien fait ou si peu et laissant des instances supra nationales prendre la main. Mais un Palais ne fait pas tout, Versailles sans Louis XIV ce n’est plus Versailles, la France sans l’autorité indispensable à la conduite des affaires publiques n’est plus la France, l’Etat se retrouve dégradé, l’unité menacée, les Français déprimés.
Comment pouvait-il en être autrement après tant d’abandons et de doux ronronnements ? le peuple a cru qu’il était temps de réveiller la belle endormie. Les Français n’ont pas voté n’importe comment, deux candidats se présentaient devant eux, l’une qui vient de laisser inscrire dans les tables de la loi de son parti que l’Europe est désormais reconnue par le PS comme l’espace pertinent de la réforme et que rien ne peut se faire sans elle , l’autre qui enfin, parlait de la nation, ce qui faisait un bien fou. Les Français ne se sont donc pas trompés, ils ont été trompés. Il y a eu les discours provenant d’un homme de talent, mais qui ont d’abord caché que le Candidat n’était pas à la hauteur de la fonction. Pas facile, convenons en, d’être le successeur de Louis XIV, de Napoléon et de Charles de Gaulle.
Quarante Rois, deux Empereurs et vingt deux Présidents de la République avant Nicolas Sarkozy, c’est toute notre histoire, mais il faut pour s’y inscrire être au dessus des autres, aimer la France, respecter ses us et coutumes, les réformes un peu, la chienlit, pas du tout. Le Président Sarkozy n’a pas reçu la France en héritage, mais par babillage, il a été lancé comme on lance une marque de lessive qui promet de laver plus blanc, sans préciser qu’elle détruit aussi toutes les structures existantes.
L’héritage soumet le Président à la perpétuelle bataille pour l’indépendance nationale et la maîtrise de notre destin. L’héritage veut que le Président assure à la France la libre utilisation de ses moyens et de ses décisions afin de s’adapter en permanence en fonction de la conjoncture.
Le rôle d’un vrai Président de la République française, serait aujourd’hui de contester cette UE contre nature qui gène le pays en ne lui permettant pas justement la libre utilisation de ses moyens, la mise en valeur de ses compétences et de prendre au moment voulu, les décisions qui s’imposent.
Le Candidat Sarkozy a parlé de la France, de la nation et même à Ouistréam hier, le Président a parlé de la Patrie, il a aussi redéfini pendant sa campagne l’alliance capital-travail au sein de la nation, il était donc normal que beaucoup votent pour lui. Malheureusement seuls les discours avait de la hauteur, que dire de l’élu qui profère d’autres propos inqualifiables pour le représentant de la République, sauf d’une République bananière, " Je veux faire du pognon insiste t-il auprés de ses amis en tâtant la poche poitrine de sa veste ". (j’avais cette info depuis longtemps, mais je suis heureux qu’ elle ait été reprise par le journal LE MONDE du mardi 6 mai 2008 "SARKO J+334, page III, 2ème colonne, ce qui me permet de la diffuser) . (capture d’écran ici)
Que pouvons nous faire devant un tel désastre ? Bien sûr certains voudraient constituer un parti anti-Sarkozy, je pense que comme pour la gestion des jours extraordinaires par le Président actuel, c’est un peu court et ne mène à rien. Il pourrait, en rêvant beaucoup, obliger le Président à démissionner, mais ils se déchireraient le lendemain pour désigner un nouveau candidat. Nous sommes un certain nombre a avoir trop vécu en politique pour savoir que rassembler des gens qui sont contre ne fait jamais un rassemblement pour.
Hurlons contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN qui, sous la dictature de Washington, nous désigne, sans que l’on puisse en discuter, nos amis et nos ennemis.
Préparons nous , sans nous tromper, sans nous presser, sans céder à l’émotion, très souvent mauvaise conseillère, sans parti pris contre tel ou tel. La France est éternelle, donc la France revivra, mais il vaut mieux tôt que tard, ce à quoi nous nous employons.
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
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