Le contrat unique semble effectivement relever de l’emploi, ainsi que la sécurisation du parcours professionnel, mais les retraites ? Mais le service minimum qu’il devra cogérer avec les autres Ministères (éducation nationale, transports) ? Mais les heures supplémentaires qu’il devra co-gérer avec Bercy ?
N’eut-il pas mieux valu un grand Ministère d’Etat chargé de l’emploi à qui l’on aurait attribué l’autorité nécessaire sur les autres Ministères ? Déjà les deux Ministres, celui de l’emploi et celui de l’économie se disputent la part du budget qui sera consacrée à la politique de l’emploi, et ils devront partager la direction générale de l’emploi et celle de la formation professionnelle.
Monsieur Borloo, Ministre de l’économie se déclare déjà chargé de réduire le chômage à 5% d’ici la fin du quinquennat et il veut contribuer à l’ensemble de la politique sociale, il y a déjà un doublon, qui commande qui ? Il aura certainement dans ses attributions, l’emploi, l’industrie, les entreprises, le commerce et l’artisanat, les professions libérales et le commerce extérieur. Monsieur Borloo aura sous son autorité, la direction du Trésor (en partie) celle de l’économie, la direction générale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, de la répression des fraudes, celle de l’INSEE et peut-être, rien n’est encore décidé, celle de la direction de la législation fiscale.
Mais c’est Monsieur Woerth nouveau Ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique qui sera chargé du paquet fiscal dont la détaxation des heures supplémentaires, un autre doublon.
Les arbitrages seront donc difficiles et occasionneront obligatoirement des pertes de temps. Nous suivrons ce dossier avec attention, mais quelques réflexions et propositions ne sont pas interdites pour le Forum
LE PLEIN EMPLOI
Avec nos habitudes le plein emploi est impossible sans la croissance. Ce n’est pas enfoncer des portes ouvertes que de dire cela, car nous verrons un jour, que la croissance ne sera plus la direction obligatoire pour obtenir le plein emploi, mais laissons les spécialistes annoncer cette future façon d’opérer.
Quelques chiffres sur la croissance : Le monde obtient un taux légèrement supérieur à 5% ce qui réduit le chômage sur la planète.
Les Pays émergents obtiennent un taux de croissance de plus de 7%, certains atteirgnent les deux chiffres (la Chine par ex) ce qui permet la création d’emplois nombreux et même certains pays émergents doivent recourir à l’immigration pour combler le manque de main d’oeuvre. Les pays développés ont un taux de croissance d’un peu plus de 2%, or, on ne crée pas d’emplois dans notre système à moins de 2,5% de taux de croissance
Il sera donc extrêmement difficile d’obtenir le plein emploi sans « bousculer » la croissance, mais comment faire avec ces traités que nous avons signé avec l’OMC et qui nous font entrer dans un monde globalisé, ou les bas salaires, la non protection sociale, le non respect des normes environnementales, la domination de l’homme sur l’homme et les productions de très basses qualités font la loi.
Comment faire avec les traités européens qui impliquent la France et l’entraînent dans cette spirale infernale du prix de fabrication le plus bas, avec cette concurrence non faussée qui permet, là aussi , aux pays, d’Europe ceux là, à bas salaires de mener le bal.
ET MEME : si le Gouvernement pouvait faire appliquer de telles monstruosités, cela ne saurait suffire. Car il y a la spéculation financière et les dévaluations de même nature qui nous supprime toute possibilité de progression dans le domaine économique.
L’EURO qui veut rester droit dans ses bottes, défavorise toute production effectuée dans sa zone. Le dollar a baissé de plus de 30% par rapport à lui en 2 ans – Toute industrie oeuvrant dans les domaines de l’automobiles, de l’aéronautique et de beaucoup d’autres n’ont plus, pour survivre, qu’à produire hors de la zone euro. En plus du dollar, c’est le Yen, c’est le Yuan qui baissent. Quelle marge de manoeuvre lorsque les trois monnaies les plus importantes se dévaluent de 40 à plus de 60% par rapport à l’euro. Les spécialistes annoncent que cela va s’amplifier, un seul exemple, les ménagères japonaises vendent leurs yens et achètent de l’euro, ce que je déclarais jeudi dernier sur radio courtoisie.
Le gouvernement devra insérer la politique étrangère pour arriver au plein emploi mais tant que la France sera représentée par un commissaire européen qui lui ordonne d’attendre, pour investir dans le gaz et le pétrole en Iran par ex, que les USA lèvent un embargo qu’ils ont décrété, alors que la Chine, l’Inde et d’autres pays investissent des milliards et prennent toutes les part de marché dans ce pays.
Nous pourrions suggérer au Gouvernement de reprendre la main dans certains secteurs géographiques, avant qu’il ne soit trop tard. En Afrique d’abord, car s’il est vrai que la Chine commence à y rencontrer certaines difficultés avec les populations, l’Inde y pénètre doucement pour y prendre nos marchés.
En politique économique deux choix sont possibles : celui de l’offre que l’on peut favoriser ou celui de la demande que l’on peut accélérer. Le choix que semble privilégier le Gouvernement est celui de la demande et vous avez pu entendre lors de l’émission de jeudi, le membre du Conseil d’Analyses Economiques chargé d’indiquer à Matignon la route à suivre, foncer dans cette direction, je me suis opposé à cette proposition et j’en donne les raisons aujourd’hui :
En plus des expériences citées plus haut, rappelons celle de 1981 à 1983 réalisée par F.Mitterand et P.Mauroy, qui peut être considérée aujourd’hui comme un cas d’école.
En deux ans le SMIC fut réévalué de 38%, les allocations familiales de 25, et à nouveau de 25% pour les familles de 2 enfants quelques mois plus tard, l’allocation logement de 25% et 20% quelques semaines plus tard, le minimum vieillesse de 62%. Aussitôt le solde des comptes de l’administration publiques devient négatif (-3,1%) et le nombre des chômeurs n’a pas diminué alors que le déficit de notre balance commerciale a pratiquement doublé. La relance a buté sur l’inéluctable déficit extérieur qui suit toujours ce type de relance et qui ruine à chaque fois le crédit international de la France.
Nous suggérons donc qu’avant de relancer la demande, l’offre française soit suffisante, il manque actuellement en France 10 000 entreprises de 300 salariés chacune, pour répondre à la demande, mesurons bien ce qu’il adviendrait de notre commerce extérieur face à une demande accélérée. Les produits étrangers entreraient en masse et une fois de plus, nos entreprises soumises à des concurrences déloyales, seraient mises en faillite ou dans l’obligation d’aller produire ailleurs.
Nous suggérons : de promouvoir l’offre de marchandises et de services en développant leur production sur le sol national et faire en sorte que la demande de ces biens soit suffisante pour qu’ils trouvent des débouchés.
Une politique des revenus est nécessaire à une évolution de la conjoncture qui soit bénéfique pour tous. Voilà la seule politique possible, elle fut préconisée par Pierre Massé, commissaire au Plan et appliquée sous le Général de Gaulle, elle s’est malheureusement heurtée à la volonté des chefs d’entreprises et à celle des syndicats, parce que l’Etat arbitrait et indiquait à l’opinion publique, comment les fruits de la croissance devaient être partagés. Ce sont les mêmes acteurs qui sabordèrent le projet de la Participation, qui aujourd’hui permettrait d’autres politiques, décidées par les véritables agents économiques.
Pour parvenir à ses fins, le gouvernement devra pouvoir réinstaller, une protection à ses frontières nationales, ce qui demande une autre rupture, celle avec l’U.E.
La préférence communautaire ne nous est pas favorable, notre commerce avec l’Allemagne est déficitaire (notre plus gros déficit)
Je rappelle et ne manquerai de rappeler notre projet de TVA sociale qui devrait faire augmenter les produits exotiques de 20% alors que les prix de nos propres produits diminueraient d’autant à l’export.
Nous réglons une note très salée, celle du libéralisme pur et dur, le marché est myope, égoïste, inégal, la loi du marché, lorsqu’elle n’est pas encadrée par la loi de l’Etat, détruit les entreprises et range les équipements encore utiles au magasin des accessoires, elle favorise quelques uns et fait baisser les niveaux de vie de la plupart, nous suggérons donc de revenir à cette vieille habitude française de voir l’Etat encadrer le marché.
Un autre élément devra être pris en compte : les emplois nouveaux exigent des capacités professionnelles très différentes que celles requises pour les emplois anciens et même si les emplois nouveaux étaient égaux en nombre aux emplois anciens, cela n’empêcherait pas que des travailleurs incapables de s’adapter à des techniques nouvelles soient au chômage, tandis qu’il y aurait pénurie de travailleurs qualifiés, il est donc surprenant que dans ce grand Grenelle, la formation professionnelle ne soit pas plus impliquée, à moins que seule l’année 2012 soit prise en compte.
J’aimerais rappeler quelques données volontairement oubliées par les libéraux européistes et mondialistes.
Toutes les relances économiques se firent sous des régimes de protection sévère :
- La reprise de l’activité sous Napoléon III a été due à la construction des chemins de fer et aux grands travaux d’urbanisme ainsi que la mise en valeur des terres incultes.
- C’est la signature de traités libéralisant le commerce, à partir de 1860, qui mit en difficulté nombre d’entreprises.
- Ce sont les lois protectionnistes de 1881 qui sauvèrent notre agriculture d’un désastre assuré par les importations de céréales à bas prix et ces lois permirent à la production industrielle de progresser.
- C’est Bismark et ses barrières douanières qui permirent la rapide croissance de l’industrie allemande.
- C’est à l’abri de droits de douane fort élevés que l’industrialisation des Etats-Unis s’opéra.
- Entre 1932 et 1937 le PNB britannique progressa de plus de 4% l’an grâce aux mesures protectionnistes.
- L’énorme croissance allemande de 1933 à 1938 (9% l’an pour le PNB) s’est opérée avec un protectionnisme forcené.
- Même chose pour le Japon : PNB +4% l’an de 1920 à 1940 et +10% de 1945 à 1974 grâce aux mesures de protection auxquelles il faut ajouter les habitudes de consommation exclusivement de produits nationaux des Japonais.
- Chez nous les 30 glorieuses sont dues au protectionnisme.
Et lorsque les libéraux annoncent que la grande dépression de 1929 est due au protectionnisme, ils mentent. Cette crise est due à la non distribution équitable des revenus qui fit quelques riches et énormément de pauvres qui ne pouvaient plus consommer. Le prix des actions avait triplé en 5 ans, alors que personne ne consommait et ce sont des spéculateurs qui prenant conscience de ce déséquilibre vendirent, par peur, leurs actions. C’est grâce aux mesures protectionnistes prises par les gouvernants français que la crise fut moins importante en France que dans les autres pays à cette époque.
Le libre échange apparaît toujours dans les Pays qui ont, à un moment donné, des avantages sur les autres pays. L’histoire rappelle que ces mêmes pays, lorsqu’ils ne sont plus en position de force reviennent au protectionnisme.
Le libéralisme économique prôné par l’OMC ou l’U.E n’est donc pas favorable aux nations. Nous suggérons au pouvoir politique d’entrer cette donnée afin de trouver LA solution au problème du chômage.
Un esprit du siècle dernier a écrit : « Les conquérants qui ont tenté d’assimiler les peuples allogènes se sont en général attaqués à leurs langues, à leurs écoles, à leurs religions. Ils avaient tort : le point vulnérable, c’est la boissons nationale. Le vin est la plus antique constante de la France. Il est antérieur à la religion et à la langue ; il a survécu à tous les régimes. Il a fait l’unité de la nation ». Robert Escarpit en 1949)
Cet homme de bons sens avait certainement raison, alors constatons que la patrie est en danger, car notre boisson nationale, elle aussi, est partie à l’étranger, laissant sur le carreau, des vignes arrachées, un savoir faire qui s’envole, des entreprises qui disparaissent et des femmes et de hommes au chômage, inversons la vapeur, gardons notre vin, notre savoir faire, nos entreprises et nos travailleurs et exportons ce produit que le monde entier nous enviait. Si le gouvernement veut réussir à ce que la France retrouve le plein emploi, sauvons, comme pour le vin, notre production nationale.
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
L’emploi (suite)
Ces réactions mettent en évidence ce qui ronge les Français : la peur du lendemain avec ce mondialisme qui tente de s’imposer et qui n’est pas de notre monde à nous. Cette globalisation qui impose des règles inhumaines, le seul profit peut-il devenir et demeurer un choix de société ? Si c’est la volonté de quelques groupes, ce ne peut-être celui des hommes dans leur majorité, la concurrence, même libre et non faussée ne peut en aucun cas être un choix de société, la France plus que millénaire défend et propage d’autres valeurs, La preuve, si des millions d’hommes ont pu faire le sacrifice de leur vie pour défendre la patrie, pour lutter contre des bêtes immondes, aucun n’engagera jamais sa vie pour défendre les valeurs du CAC 40.
Nos concitoyens ont peur de se laisser dépossèder dans des domaines aussi différents que celui de la culture, de la justice, de la comptablilité, du renseignement commercial, ils savent que les mondialistes veulent s’attaquer à notre droit du travail, avant de nous arracher notre langue. Cette peur est aussi suscitée par le machin européen dont tous les employés de France s’aperçoivent qu’il ne protège surtout pas, mais qu’il facilite au contraire les délocalisations, dont la production qui en résulte est comptabilisée malhonnètement dans les chiffres de l’U.E.
Or, Il faut le dire et le faire savoir, l’augmentation du nombre de gens au travail dans les PECOS, membres de l’U.E, se fait au détriment du nombre de nos propres travailleurs et c’est cela qui est inadmissible et qui fait peur pour l’avenir. La peur se transforme souvent, pour certains, elle leur fera courber l’échine, mais d’autres lèveront la tête pour dire NON et comment voulez-vous qu’il puisse en être autrement lorsque les Français vont comprendre que ce sont leurs propres deniers qui installent les autres, entreprises et travailleurs, dont les productions viennent transformer nos campagnes en déserts, nos bateaux en épaves, nos entreprises en ruines, nos artisans en vendeurs de sous produits asiatiques qu’ils ne peuvent même plus réparer.
Madame Decoster Mallet m’a envoyé une allocution de Philippe Seguin qui traitait en 1996 de l’emploi – Première réaction : ce que le monde a pu changer en si peu de temps. Ensuite je me souviens de son livre qu’il m’avait dédicacé « en attendant l’emploi » dans lequel l’ancien Président de l’Assemblée nationale soulignait deux choses qui paraissent essentielles :
- 1) L’économie ne peut constituer à elle seule un modèle de société –
- 2) Le salaire doit permettre d’assurer la vie normale à celui qui le perçoit.
Sur le mondialisme, Ph.Séguin mettait en avant la tyrannie des marchés des capitaux "ce n’est plus la croissance de l’emploi ou les fondamentaux économiques qui gouvernent le placement des capitaux sur les marchés, mais la rentabilité financière". Les profits à court terme éventuellement spéculatifs » (10 ans après, enlevons le mot éventuellement)"L’anarchie des taux de change qui conduit au développement de concurrences déloyales" et : " la sous évaluation du dollar systématiquement entretenue". Depuis ce discours les choses se sont amplifiées, nous subissons, en plus, de celle du dollar, la dévualation du Yen et celle du Yuan alors que le machin européen prèche dans le désert pour une concurrence libre et non faussée, ce qu’il est le seul à respecter.
La concurrence déloyale en matière de salaires commençait à poindre son nez - L’ancien Président de l’Assemblée dénonçait la pensée unique qui règnait alors "le libre jeu des marchés au niveau mondial déboucherait sur un optimum à moyen ou à long terme . Constatons en 2007 que cet optimum n’était réservé ni aux Etats, ni aux hommes.
Oui le développement des échanges accroît la richesse globale, mais au détriment de nos régions et de secteurs entiers dans lesquels nous étions très forts – Les Alain Minc, les E.Balladur, propagateurs de cette pensée unique se rappellent-ils le sacrifice de la région de Lorraine et de celle du Nord touchées de plein fouet par la disparition de la sidérurgie et du charbon ? Aprés ces destructions, constatons qu’une fois le tissu économique et social défait, il ne se recompose pas. Laisser la misère s’installer est-elle dans la philosophie de l’ancien 1er Ministre auteur du « Taisez vous, je vous demande de vous taire »
Ces régions trés riches, souvent alors citées en exemple, sont devenues trés pauvres, totalement oubliées et à la charge de l’Etat pendant que des ruines porvoquées, des entreprises étrangères réalisent des milliards de dollars de profit, oui mais, en d’autres lieux et en exploitant une autre misère humaine.
Le monde a évolué, oui et nous en avons pris acte, mais cette évolution a t-elle été préparée, négociée ? Non. Si en 1944, un monde nouveau avait été négocié, à Bretton-Wood, il a disparu. Cette disparition, le prix Nobel Français d’économie, Maurice Allais, la situe en 1971 (15 août) avec la fin de la convertibilité du dollar en or, (décision prise unilatéralement par les USA et qui invente ainsi le premier coup d’Etat mondial).
J’oserais timidement dire que si ce 15 aout 1971 fût le premier acte de la tragèdie mondialiste, le second date de 1973 et fut encore plus déterminant, je n’avance pas le choc pétrolier, mais le flottement généralisé des monnaies qui institutionnalisa le règne des marchés financiers.
Depuis, Bretton Woods et sa destruction jamais annoncée, rien n’a été négocié, envisagé, décidé. la loi du marché règne désormais en maître, Reprenons le discours de Ph. Seguin, " le libre échangisme sans limites, c’est nourrir l’Afrique avec du blé américain au prix de l’effondrement de la société rurale africaine, ou vouloir supprimer la culture du riz au Japon parce que les productions du Middle West sont plus compétitives. ( surtout parce que leurs producteurs sont subventionnés)"
La conclusion de Ph.Seguin est importante " La France est un grand pays qui joue un rôle important dans l’économie mondiale et dans la communauté internationale, grâce à son passé et à sa puissance. ET……ELLE A TOUJOURS LES MOYENS DE NEGOCIER SON AVENIR".
OUI MAIS : Si pendant des siècles, sur le plan économique, la France a suivi la voie d’un capitalisme orienté et tempéré par des interventions de l’Etat, empruntant au libéralisme le respect des mécanismes spontanés et des initiatives individuelles et en assignant, dans le même temps, les devoirs et reconnaissant des droits. La pensée unique partagée par les dirigeants de gauche comme de droite, a amené notre pays à se ranger dans le camp du libéralisme absolu. Le résultat est là devant nous, Une nation disloquée, remplacée par une jungle où quelques grands arbres montent vers le ciel couvrant de leur ombre une multitudes de petits végétaux (J.M Jeanneney, ancien Ministre du Gal de Gaulle).
Nos Rois, nos Empereurs et nos Républiques avaient, jusqu’en 1974, réalisé une puissance publique active, dépositaire de l’intérêt général (qui devait être pour le présent comme pour le futur) et organisé des solidarités entre les individus et entre les générations. Dépuis 1974, la théorie de l’ultra libéralisme a été mise en avant puis appliquée sans que ses partisans ne se soient aperçus qu’elle servait uniquement les intérêts de quelques grandes puissances et de quelques grands groupes.
On peut citer quelques chiffres : avec l’application de cette théorie sauvage, les pénétrations économiques étrangères et surtout celles des produits manufacturés, ont augmenté presque constamment deux fois plus vite que notre PIB - Et c’est à ce moment précis, qu’on nous sort la théorie de l’Europe qui protège, FAUX, les importations de l’U.E en provenance du monde ont progressé de 40% pour seulement 3% pour ses exportations – voilà la vérité apportée par les Chiffres qui traitent des volumes, c’est à dire de la vérité libre et non faussée.
Comment réaliser le plein emploi ? En rendant l’entreprise plus performante.
Deux exemples viennent d’être largement commentés par la presse. Michelin, premier constructeur mondial dans son domaine et Toyota (dix millions de véhicules/an dont 3 vendus aux USA) et qui vient de détrôner Général Motors.
Dans le cas de Michelin : les employés ont été appelés à donner leur avis sur tout ce qui concerne la production, Des propositions exceptionnelles ont été offertes et lorsqu’elles ont été acceptées elles sont aussitôt mises en application. Comme l’entreprise diffuse le nom du ou des proposants, on s’aperçoit :
- 1) que les employés non seulement connaissent parfaitement leur métier mais qu’ils sont tout à fait aptes, pourvu qu’on leur fasse confiance d’innover.
- 2) que leurs propositions sont toujours adaptables aussitôt et qu’elles sont bien acceptées par l’ensemble du monde du travail qui se sent ainsi valorisé.
Pour Toyota, c’est son management qui est à l’origine de sa réussite : Développement personnel des salariés. Lutte permanente contre le gaspillage. Capacité de chacun à résoudre les problèmes et de participer à l’amélioration des produits.
Grâce à ces formules qui elles aussi valorisent l’employé – Toyota dispose de plusieurs longueurs d’avance sur ses concurrents et cette réussite ne provient ni de subventions, ni de l’exploitation du monde ouvrier -à Valenciennes, dans l’usine Toyota, les employés effectuent la semaine de 35 heures sans problème, les charges sociales à la française ne tuent pas l’entreprise, ce sont :
- 1) l’organisation du travail
- 2) le système de relations sociales qui permettent de proposer les bons produits.
Nous devons nous en persuader nous-mêmes : Les ouvriers français n’ont ,aucune allergie au travail, Ils sont, des pays développés, ceux pour qui le travail est le plus important. De même et malgré tout ce que l’on peut entendre – dans la majorité des familles, la valeur travail est mise en avant. (Un candidat à la présidentielle a largement pris conscience de cette donnée) Ce sont les mauvaises relations sociales qui sont souvent fautives (plus de la moitié des salariés déplorent ces mauvaises relations).
Un chiffre vient de paraître (le monde du 26 mai) la France dans l’U.E, se classe dernière pour laisser la liberté aux employés de prendre des décisions dans son travail.
Autre problème, les groupes dirigés par « les héritirers » auxquels le monde économique actuel n’accorde aucune confiance.
Autre problème encore : les syndicats qui considèrent toujours les profits comme illégitimes, le travail comme une souffrance et surtout la liberté qui pourraient être laissée aux employés comme néfaste
Dans ce monde concurrentiel deux seules solutions :
- 1) Offrir au monde les mêmes produits que la concurrence mais à plus bas prix
- 2) Offrir des produits nouveaux.
La première ne nous est pas permise, sauf à délocaliser nos productions, ce qui ne résoud pas le problème du chômage La seconde passe par plusieurs étapes :
- 1) investissement – la France possède cette capacité à condition que l’on transporte nos financements de rentiers vers des activités plus actives
- 2)La motivation des employés seuls capables d’innover, la France a été le promoteur ,d’une très grande idée, celle de la participation, l’histoire montre une fois de plus que nous avions raison, dommage que les archaismes liés à des intérêts venus d’un autre âge ont empéché trop longtemps la mise en action de ce volet social propre à résoudre l’essentiel de nos difficultés en matière de chômage et de nous propulser vers le plein emploi.
Il suffit de quoi ? Simplement de bon sens et d’une volonté politique, celle de rendre notre France libre.
Henri Fouquereau
Secrétaire général du Forum pour la France
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Le plein emploi par H.Fouquereau