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Débat France Wallonie Bruxelles
Question belge : attitude de la France ?
Claude Thayse Président du RWF-RBF
samedi 20 janvier 2007
par admin
popularité : 2%

Je connais les positions de Monsieur Pierre Hillard. Ayant lu son livre, j’ai été impressionné par son analyse et ses connaissances des tendances à l’éclatement en grandes et petites régions des Etats européens continentaux. Je ne rejoindrai pas son analyse lorsqu’il affirme ses craintes de voir contribuer la Wallonie ou Bruxelles à l’éclatement de la France. Au contraire, je pense comme vous que cette réunion serait plutôt un puissant choc psychologique permettant à une France qui doute actuellement de rebondir.

Je l’avais d’ailleurs écrit in tempore non suspecto dans ce texte : qui figure sur notre site internet.

Un détail, la Wallonie n’est pauvre (et encore !) qu’en comparaison avec la Flandre. Elle se situe dans le peloton de tête des régions françaises pour son PIB. Dans l’hypothèse d’une réunion (avec Bruxelles), la population française augmenterait de plus ou moins 7 %.

Certes, les réunionistes n’ont pas, à l’heure actuelle, les résultats électoraux permettant de peser sur les décisions. Mais, par notre action, cette option est aujourd’hui discutée, même si elle n’est pas encore le "maître-choix". Les partis politiques traditionnels font le choix du gros dos, laissant l’initiative aux Flamands, au risque de devoir décider dans l’urgence de la création d’un Etat par défaut qui aurait l’inconvénient d’abandonner à leur sort les habitants francophones des habitants des communes à facilité de la périphérie de Bruxelles.

Signe que notre message est de plus en plus accepté, la relative facilité avec laquelle nous parvenons maintenant à placer des textes dans les journaux. De même que nous commençons à accueillir des transfuges d’autres partis politiques. Ce qui est nouveau. Nous avons davantage d’influence que ne le laissent penser nos résultats électoraux. De plus, sans nous, la question de la réunion n’aurait pas été posée aussi tôt.

En ce qui concerne l’avenir de Bruxelles, nous aurons besoin du poids démographique et politique de la France le moment venu pour sauver (le mot n’est pas trop fort) les Francophones de cette région. Ceci parce que, loin d’être symbolique comme on l’a prétendu, la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde) entre bel et bien dans la logique d’indépendance. La marche irrésistible de la Nation flamande suppose la fixation de frontières d’Etat : telle est en est le sens. La dissolution de la Yougoslavie a en effet consacré en Europe le principe selon lequel les limites administratives internes acquièrent, en cas de sécession, le caractère de frontières d’Etat protégées par le droit international. Les éventuels Etats européens sont liés par ce principe qui maintiendrait les communes à facilité dans la Flandre indépendante. Les effets d’une scission seraient ainsi irréversibles.

Encore faudrait-il que ces limites administratives soient établies de manière univoque et définitive. Or, tant que la scission de BHV n’est pas consommée, ce n’est pas le cas. Ses limites chevauchent et contredisent celles des régions linguistiques et des Etats fédérés de Flandre et de Bruxelles. Elles sont une indication claire de l’opposition persistante d’une des parties à la limitation de Bruxelles aux 19 communes. C’est le seul atout qu’il serait stupide de galvauder dans le dernier quart d’heure. Il ne faut donc pas céder sur ce point et sacrifier le moyen et le long terme, en particulier la continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles et leur avenir commun, à des satisfactions immédiates mais illusoires, comme le refinancement éventuel de la Région ou l’allégement partiel, hypothétique et transitoire des contraintes linguistiques.

Si les stratèges des partis traditionnels nous ont rejoints sur ce point, ils ne précisent pas que la seule contrepartie négociable à la scission de l’arrondissement est la fixation démocratique des limites de la Région bruxelloise, par la consultation des populations concernées. Nous sommes loin d’un processus démocratique d’autodétermination.

Si, à juste titre et pour éviter tout problème diplomatique ou accusation d’irrédentisme, le principe de non-ingérence (Et encore, le Général de Gaulle n’avait pas hésité, en son temps, à financer certains mouvements extrémistes… flamands pour déstabiliser un Etat qui dans les faits s’est toujours opposé à la France puisque c’est sa première raison historique d’existence - Mais, ceci tout à fait entre-nous !) est celui de la prudence, il ne doit pas se doubler de celui d’indifférence. Au contraire. ce qui retient un très grand nombre de nos concitoyens, c’est l’ignorance de l’attitude de la France en cas de demande de réunion. "la France voudra-t-elle bien de nous ?" Il est vrai que l’opinion française, y compris le monde politique, est très mal informée. Il faut d’ailleurs avouer qu’il y a une nette volonté de faire apparaître la situation institutionnelle et les conflits en Belgique comme très compliqués pour ne pas dire abscons. Même ici, peu finissent par y comprendre quelque chose…

Enfin, il va de soi que toute éventuelle réunion doit faire l’objet d’un double referendum, tant en France qu’en Wallonie et à Bruxelles. C’est d’ailleurs la procédure qui est envisagée dans la Constitution de la République.

Voilà une réponse rapide. La question importante est de préparer la France à une partition de la Belgique et de faire savoir qu’une négociation de réunion sous une forme à définir est sinon souhaitable, elle est du moins possible. Une petite phrase favorable, entourée de toutes les précautions d’usage, exprimée à titre personnel, par un homme politique français a toujours un très grand effet.

Cordialement !

Claude Thayse

Président du RWF-RBF

PS : Un détail, Paul-Henry Gendebien est notre Président fondateur.

 

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