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vendredi 23 février 2007
par Administrateur
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On assiste depuis quelques années à une tendance au redressement des niveaux de fécondité qui s’étaient stabilisés à des niveaux très faibles chez nos voisins de l’Euroland :

  • sur les 12 de l’Euroland, on passe ainsi de 1,36 en 1994 à 1,52 en 2005 (Eurostat). L’Allemagne remonte de 1,24 à 1,34, l’Espagne et l’Italie de 1,21 à 1,34, les Pays-bas de 1,57 à 1,73 et la Belgique de 1,56 à 1,72.
Les raisons en sont similaires, selon des mixtes divers, aux raisons qui expliquent l’augmentation des naissances observées récemment en France métropolitaine :

En France, La presse, à son de trompes, nous rebat les oreilles au mois de janvier, interprétant fallacieusement cette croissance des naissances comme la marque d’un changement spontané des comportements féconds, y compris et surtout chez les français dits "de souche", qui conduirait la population à retrouver d’elle-même spontanément et rapidement le niveau de remplacement des générations qu’elle avait abandonné depuis plus de trente ans. Examinons ce qui se passe en France métropolitaine :

Les faits :

  • 1°) On avait observé 775.000 naissances en 2005 sur le territoire métropolitain (chiffre encore provisoire, mais s’appochant du chiffre définitif et exhaustif)

On en a observé 797.000 en 2006, chiffre provisoire. En raison du biais systématique (du à la mise en place progressive du plan de regroupement dans les grands centres des maternités rurales) de l’échantillon INSEE des communes dont l’état civil est prioritairement dépouillé pour estimer dès janvier, les naissances survenues l’année précédente, les chiffres définitifs et exhaustifs, publiés deux à trois ans plus tard sont systématiquement légèrement inférieurs au chiffres primitivement estimés.

On a donc observé en 2006 un accroissement de 22.000 naissances des naissances en territoire métropolitain (en fait probablement 21.000 naissnaces selon les chiffres définitifs à paraître). Ce fait peut être considéré comme acquis, car la marge d’erreur.de ces estimations est faible, et l’on peut considérer l’état civil comme exhaustif en France métropolitaine.

  • 2°) Le recensement calamiteux de 1999, dernier recensement exhaustif de la population métropolitaine, dénote un sous-enregistrement net d’environ 600.000 femmes en âge de fécondité, soit une sous estimation globale de 5% des effectifs féminins des âges de fécondité, effectifs qui forment les dénominateurs des taux de fécondité, ce qui entraîne une surestimation d’au moins (en raison de la modulation des taux de sous enregistrement selon les âges) 5 % de l’Indice conjoncturel global de la fécondité de la population métropolitaine.
  • 3°) A la suite du sabotage du recensement exhaustif de 1999, le recensement exhaustif de la population a été abandonné depuis Février 2002 en France métropolitaine (loi du gouvernement Jospin) pour être remplacé depuis 2004 par une "enquête censitaire" annuelle portant sur un échantillon tournant d’environ 8% de la population des communes de plus de 10.000 habitants (près des 4/5 de la population de la métropole). Cette enquête étant calée sur le fichier RIL (répertoire des Immeubles de Logement) et sur les structures d’occupation des logementde population tirées du recensement exhaustif de 1999, ne récupère - en théorie - que peu à peu, à supposer que la qualité de l’observation de l’échantillon reste meilleure qu’en 1999, les quelques 600.000 femmes en âge de fécondité perdues en 1999.
Par conséquent, on ne sait plus désormais exactement de combien sont encore sous-estimé les effectifs des femmes à placer aux dénominateurs des taux de fécondité métroplitains, c’est à dire de combien sont encore surestimés les indices conjoncturels de fécondité de la population métropolitaine publiés par l’INSEE (4% ,,, Peut-être plus encore).

Mes communications aux colloques de l’Institut de Géopolitiique des Populations publiées chez l’Harmattan en 2004 et en 2006, et dont je vous ai déjà l’année dernière envoyé les copies sous forme de fichiers adobe pdf, expliquent et démontrent tout cela en long et en large.

L’INSEE publie un indice de fécondité de la population métropolitaine estimé à 1,98-1,97 pour 2006. L’indice réel serait plutôt de 1,90 - 1.87 pour l’ENSEMBLE de la population métropolitaine en 2006.

Il semble donc factuellement bien établi :

a) que le nombre des naissances a augmenté en métropole de 22.000 à 21.000 naissances en 2006

b) que la fécondité globale de la population métropolitaine a augmenté en 2006 faisant encore apparaître cette année là un déficit GLOBAL de 0.21 à 0.18 enfant par femme par rapport au seuil de remplacement conjoncturel des générations (évalué à 2.08 enfants par femme).

D’où vient cet accroissement des naissances et cette tendance au redressement de la fécondité GLOBALE ?

L’analyse qui suit vaut pour nos voisins européens.

  • 1°) la fécondité des jeunes femmes résidentes en métropole aurait tendance à cesser de baisser avant 25 ans au cours de ces dernières années, tandis que l’on assiste à une reprise après 30 ans

Ceci signifie que l’âge moyen des mères à leur première naissance qui ne cessait depuis plusieurs décennies d’augmenter pour approcher la limite des 30 ans (limite au delà de laquelle la proportion des femmes finalement sans enfants commencerait à augmenter rapidement), s’est stabilisé et commence à régresser légèrement, tandis que l’on assiste à un certain rattrapage tardif des naissances de rang deux après trente et trente cinq ans (l’âge moyen des mères à la naissance de leurs enfants - tous rangs confondus - 26,8 ans en 1980 est aujourd’hui de 29.8 ans) .

Ce phénomène s’observe chez nos voisins.

  • 2°) D’années en années les effectifs des entrées légales et illégales des jeunes femmes en provenance d’Afrique, du Maghreb, de Turquie et du Moyen Orient et des pays musulmans du Tiers-monde ne cessent d’augmenter rapidement (cf. mes communications). Or ces jeunes femme montrent généralement, au cours des deux années qui suivent leur arrivée sur le sol métropolitain, une sur fécondité par rapport à leurs consoeurs du même âge restées au pays, avec lesquelles le plus souvent elles restent en contact encore régulier.

On peut par exemple estimer selon les données des AGDREF (Administration de gestion des Dossiers des Résidents Etrangers en France, gérés par les Préfectures) à environ 55.000 les en 2005 entrées régulières en Métropole des femmes en âge de fécondité provenant des pays d’Afrique du Maghreb et de Turquie seulement .

Une proportion notable des ces jeunes femmes mettent un enfant au monde sur le sol métropolitain dans l’année qui suit leur entrée, contribuant aux effectifs des naissances observés l’année suivante en métropole (cf. mes communications précitées).

On peut ainsi estimer que les naissances en 2006 en métropoles de la population des ménages dont le chef ou son conjoint sont immigrés en métropole au sens de l’INSEE (c’est à dire né(e)s étranger(e)s à l’étranger) en provenance d’Afrique, du Maghreb ou de Turquie seulement, qui ne cesse de s’accroître, a approché 135.000 naissance, soit 17% des naissances métropolitaines (proportion en rapide augmentation).

Les naissances en métropole provenant de ce seul segment de la population résidente en métropole ont augmenté d’environ 10.000 enfants en 2006, contribuant à elles seules à expliquer près de la moitié de l’accroissement des naissances métropolitaines observé en 2006.

Désormais ce sont les populations des ménages immigrés de cultures musulmane et africaine qui constituent le moteur de la reprise démographique en France, comme chez nos principaux partenaires de l’Union.

Ce phénomène est analogue chez nos voisins de l’Union Européenne.

Philippe Bourcier de Carbon

 

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