FORUM POUR LA FRANCE - Pour le retour à l’Indépendance et à la Souveraineté de la France
Accueil du siteLes CommissionsInstitutions Européennes
Dernière mise à jour :
vendredi 3 septembre 2010
Statistiques éditoriales :
704 Articles
54 Brèves
40 Sites Web
65 Auteurs

Statistiques des visites :
70 aujourd'hui
285 hier
122893 depuis le début
     

Google Groupes
Forum pour la France
Visiter ce groupe



Sur le Web
L’A.FR.AV
Fraternité, Solidarité, Coopération entre les francophones du monde entier.
Pour trois modifications de la Constitution française
Pourquoi il est urgent de modifier la constitution française ?
EXPOSÉ DES MOTIFS
mercredi 7 février 2007
par Administrateur
popularité : 3%

Les traités en général ont pour le système juridique régissant la nation une importance capitale. En effet l’article 55 de la Constitution dispose : Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, …." Toutes nos lois sont ainsi comme dominées, et peut-être fragilisées, par les traités que nous avons acceptés. Il est donc important que les procédures d’adoption et de ratification des traités respectent tout particulièrement le principe de démocratie.

En particulier, l’on se plaint de tous côtés que la politique européenne et le fonctionnement de l’Union européenne souffrent d’un déficit démocratique. La question est sérieuse et mérite d’être résolue de façon satisfaisante à tous les étages, à tous les stades de la construction européenne. Parmi les stades en cause, l’un des plus importants est celui de l’architecture générale de l’Union, de ses mécanismes institutionnels fondamentaux. En effet, ces mécanismes font plus que fragiliser nos lois : ils empiètent carrément sur notre souveraineté.

Chaque pays a ses propres mécanismes d’approbation et de ratification des traités, particulièrement des traités européens, chaque pays a donc ses propres règles pour assurer le caractère entièrement démocratique de cette approbation et ratification. En France, le caractère démocratique de l’approbation des traités est assuré par deux procédures alternatives : ou bien c’est le peuple qui, par référendum, autorise la ratification des traités, ou bien c’est le Parlement (combinaison des articles 53, 1er alinéa, et 11, 1er alinéa ). De plus, le Conseil constitutionnel, s’il est saisi d’une requête à cet effet, doit vérifier la conformité à la Constitution d’un traité signé. En cas de déclaration du caractère contraire à la Constitution du traité, ledit traité ne peut être ratifié qu’après révision de la Constitution (article 54 ). Or la Constitution elle-même est révisée, là encore, selon deux procédures alternatives : ou bien c’est le peuple qui, par référendum, approuve la loi de révision préalablement votée par le Parlement, ou bien c’est le Parlement qui, réuni en Congrès, approuve selon une majorité renforcée la loi votée précédemment par lui (article 89, 2e et 3e alinéas).

Des deux procédures, référendaire ou parlementaire, quelle est la plus démocratique ? La Constitution donne elle-même une réponse implicite à cette question. Lorsqu’il s’agit de demander l’approbation d’une révision constitutionnelle, la Constitution (article 89, 2e et 3e alinéas ) établit que la voie référendaire constitue la voie de droit commun. En effet, la Constitution n’étant autre que le Pacte social qui lie ensemble tous les citoyens, il est essentiel que ce soit les citoyens qui, normalement, en approuvent les modifications.

Lorsqu’il s’agit de demander l’autorisation de ratifier un traité par une loi – et cette ratification par la loi est obligatoire en matière de traités relatifs à l’organisation internationale (article 53), donc pour les traités relatifs à l’Union européenne et aux Communautés européennes -, la procédure de droit commun pour l’adoption de cette loi est la procédure législative ordinaire, le Président de la République ayant toutefois la possibilité de solliciter l’adoption de la loi par référendum (article 11). L’idée est en effet que nous sommes dans une démocratie représentative et que le vote de la loi est par excellence le propre des assemblées représentatives du Parlement. Dans une démocratie représentative, on estime que le respect du principe démocratique est suffisamment assuré par la voie indirecte du vote de la loi, donc sinon par le peuple, du moins par des assemblées elles-mêmes élues par le peuple.

Il apparaît donc que la Constitution recommande avec plus d’insistance de confier au peuple le soin de se prononcer lorsqu’il s’agit d’une révision de la Constitution que lorsqu’il s’agit d’autoriser la ratification d’un traité parce que la Constitution touche normalement de plus près aux fondements mêmes de la nation qu’un traité. Ainsi dans l’esprit de notre Constitution, demander au peuple souverain sa position directement par référendum est plus démocratique que le demander indirectement par le vote de ses représentants.

  • 1.- Compte tenu que les traités européens comportent pratiquement toujours des dispositions réduisant la portée du principe de souveraineté nationale affirmé par le préambule et l’article 3 de la Constitution, que leur contenu affecte donc de façon ultra-sensible le Pacte social de la Nation, il est nécessaire, pour assurer le caractère démocratique de la construction européenne, que l’autorisation de ratifier les traités européens ne puisse être donnée que directement, par le peuple, donc par la voie référendaire (2e modification recommandée).
  • 2.- Compte tenu de l’idée, retenue par la Constitution, que les modifications de celle-ci sont, selon le droit commun, approuvées par le peuple, il est permis d’estimer souhaitable que, lorsque le Conseil constitutionnel a déclaré contraire à la Constitution un traité signé, la révision de la Constitution éventuellement souhaitée par le Gouvernement pour rendre le traité conforme à la Constitution ne puisse être approuvée que par le peuple (3e modification recommandée). En effet, une telle révision présenterait un caractère de gravité exceptionnelle, puisqu’elle aboutirait à réduire la portée du principe de souveraineté ou d’autres principes constitutionnels non parce que ces principes seraient jugés mauvais ou caducs, mais seulement parce qu’ils viendraient tout à coup à gêner l’aboutissement d’une politique gouvernementale particulière, concrétisée notamment par la signature du traité en cause.
  • 3.- Enfin, à supposer que cette révision soit approuvée, il est permis d’estimer souhaitable que le traité devenu conforme à la Constitution à la suite de la révision ne puisse être ratifié que sur autorisation donnée par référendum (1ère modification recommandée).

Projet établi par Romain ROCHAS,

Chef de division honoraire de la Cour des comptes européenne, 30 janvier 2007.

Pour trois modifications de la Constitution française

Première modification : modification de l’article 54 :

Il est ajouté un 2e alinéa à l’article 54, libellé comme suit :

"L’autorisation de ratifier les traités qui n’ont pu être rendus conformes à la Constitution qu’à la suite d’une révision de celle-ci adoptée en application du 1er alinéa ne pourra être donnée que par référendum."

Deuxième modification : Modification de l’article 88-5 :

Il est créé un nouveau 1er alinéa libellé comme suit :

"Tout projet ou proposition de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’Union européenne ou aux Communautés européennes est soumis au référendum par le Président de la République."

L’actuel alinéa unique devient le 2e alinéa et est modifié comme suit :

Après les mots "Tout projet" sont ajoutés les mots ou proposition", le reste de l’alinéa demeurant sans changement.

Troisième modification : Modification de l’article 89 :

Après l’actuel 3e alinéa de l’article 89 est inséré un 4e alinéa libellé comme suit :

"Les projets ou propositions de révision établis en application de l’article 54 ne peuvent être approuvés que par référendum."

Les actuels 4e et 5e alinéas deviennent respectivement les 5e et 6e alinéas.

 

Répondre à cet article

Documents joints à cet article :
Articles de cette rubrique
  1. Europe des régions et Comité des régions : Est-ce la même chose ? par R. Rochas
    29 janvier 2006

  2. Apres le 29 mai 2005, quel combat contre le traite constitutionnel europeen ?
    23 février 2006

  3. Contribution française au budget de l’Union Européenne.
    6 novembre 2006

  4. A propos du "mini-traité" européen de M. Sarkozy
    22 décembre 2006

  5. Un premier programme en 12 points d’un candidat à la Présidence de la République 2007
    24 janvier 2007

  6. A propos du discours prononcé par Mme Angela MERKEL le 17 janvier 2007 au Parlement européen
    5 février 2007

  7. La Bulgarie, la Roumanie et le traité constitutionnel, ou la peau de l’ours…
    7 février 2007

  8. Pourquoi il est urgent de modifier la constitution française ?
    7 février 2007

  9. Comment effacer toute trace du TCE dans le droit constitutionnel français ?
    8 février 2007

  10. A. Merkel veut faire du NON un OUI par Y. Bollmann
    14 février 2007

  11. Petite évaluation de l’€uro et de ses promesses, au pas de course par R. Rochas
    21 mars 2007

  12. A propos de deux erreurs, entendues au sujet de l’euro par Romain Rochas
    9 mai 2007

  13. La France est-elle bénéficiaire ou contributrice nette vis-à-vis des Budgets européens ?
    28 mai 2007

  14. Les textes essentiels sur le mandat à la CIG en vue du "traité simplifié" par R. Rochas
    28 juin 2007

  15. Débat au sujet du Mini-traité-Modificatif-TCE
    17 juillet 2007

  16. L’Union européenne serait-elle en panne du fait du rejet du traité constitutionnel ? par R. Rochas
    20 juillet 2007

  17. Réforme de la Constitution par H. Fouquereau.
    9 septembre 2007

  18. La GIG, entre le mandat et le projet de traité par R. Rochas
    21 septembre 2007

  19. Traité Modificatif-Mini-traité Octobre 2007
    16 octobre 2007

  20. Message aux membres du Forum pour la France par R. Rochas
    18 octobre 2007

  21. De Gaulle-Monnet ou le duel du siècle, par Eric Branca
    31 octobre 2007

  22. Déclaration contre le traité de Lisbonne
    14 novembre 2007

  23. Argumentaire long contre le « traité modificatif de Lisbonne » par A. Salon
    6 janvier 2008

  24. LE TRAITE ILLEGITIME DE LISBONNE NE PEUT FONDER AUCUN DROIT EN FRANCE
    11 février 2008

  25. Perversité de la "directive Bolkestein", Romain Rochas
    10 mars 2008

  26. L’incroyable genese du Traite de Lisbonne, par Romain Rochas.
    24 mars 2008

  27. La tentation totalitaire du Parlement Europeen par Paul Marie Couteaux
    31 mars 2008

  28. Au sujet de la Pologne et du Traite de Lisbonne par Romain Rochas
    8 avril 2008

  29. Les OGM et la supranationalité par Romain Rochas
    13 mai 2008

  30. Les conséquences du NON Irlandais, par H. Fouquereau
    1er juillet 2008

  31. Etat des ratifications du traité de Lisbonne - Juillet 2008
    5 juillet 2008

  32. Est-ce le dollar qui descend ou l’euro qui monte ? Par Romain Rochas
    6 septembre 2008

  33. LES ENJEUX DE POUVOIR du système budgétaire et financier de l’Union européenne par R. Rochas
    29 juin 2009

  34. Que faire après les dernières ratifications du Traité de Lisbonne ? par R. Rochas
    27 novembre 2009

  35. Monsieur le ministre fait-il bien de dénoncer la doctrine du libre-échange ? par R. Rochas
    12 janvier 2010

  36. L’Europe entre la liberté des nations et le stalino-libréchangisme par Christian Darlot
    15 mai 2010

  37. Les Traités européens par Romain Rochas
    8 juin 2010