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Intervention de Madame Dolorés Baudelot 22 mars 2012
Pour des Ports propres
Quelle est donc la démarche « Ports Propres » ?
jeudi 29 mars 2012
par Administrateur (Webmestre)
popularité : 100%

1ère notion « Ports Propres » en Bretagne en 1992

Démarrage « Ports Propres » en PACA – 2001

Quelle est donc la démarche « Ports Propres » ?

1) L’étude diagnostic environnemental, soit : Etat des lieux existants, puis une hiérarchisation des sources de pollution, détermination des actions à mener pour améliorer la protection de l’environnement par la réalisation d’équipements.

2) Les moyens de lutte contre les pollutions chroniques, soit : des pollutions chroniques qui sont des déchets liquides et solides produits sur le port par les activités portuaires et les usagers. Les équipements mis en œuvre, issus du programme d’actions, sont des ouvrages de traitement des eaux de carénages, de déchets spéciaux, déchets ménagers, eaux usées …

3) La mise en place de moyens de lutte contre les pollutions accidentelles. Par exemple, une nappe d’hydrocarbure, peut provenir du port ou de l’extérieur. Le port s’équipe de barrages flottants pour fermer la passe d’entrée afin d’empêcher une entrée ou une sortie de la pollution.

Voilà ce qui devrait être fait ! Mais !

La démarche « Ports Propres » est encore loin de remplir le cahier des charges et ne monopolise pas l’ensemble des responsables gestionnaires des ports de plaisance de la Méditerranée.

En 2008, création de la certification nationale AFNOR appelée GEP ( Gestion Environnementale Portuaire ), inscrit sur un pavillon à la capitainerie.

Les ports CERTIFIES REGION PACA (Provence-Alpes-Côte-d’Azur ) :

  • 13 ports

Les ports ENGAGES REGION PACA :

  • 95
  • LANGUEDOC ROUSSILLON : 37
  • BRETAGNE : 16
  • CORSE : 6

Ces chiffres émanent de l’Association des Elus du Littoral en date du 19 mars 2012.

Je rappelle que concernant les « Ports Propres » 11 années se sont écoulées …

HORS PORT/ POUR INFO

  • La façade méditerranéenne compte 183 communes.

Haute Corse = 64 communes

Corse du Sud = 33 communes

Par ailleurs, en 2009, un Grenelle II sur la mer, 138 engagements recensés dans le Livre bleu – pas moins de 600 propositions.

S’agissant des ports et transports maritimes, le livre bleu PRECONISE L’ETUDE du concept de « port durable » moins pénalisant pour l’environnement.

Pour lutter contre les pollutions marines le livre bleu RECOMMANDE de réduire les rejets des navires ( gaz d’échappement, carburant, déchets, cargaison, ballast) avec un objet de « zéro rejet » ainsi que les pollutions d’origine terrestre (nitrates et phosphates), avec un objectif « zéro rejet urbain non traité en 2030 ».

Hors ; Force est de constater que les diverses conventions internationales, textes législatifs ne sont pas respectés. Décrets, tables rondes, diverses commissions ne font que préconiser, recommander. Je ne peux malheureusement que penser qu’au même titre que la Loi du Littoral (20 ans depuis sa création), « Ports Propres » ‘11 ans depuis sa création), Grenelle II de la mer (3 ans) que ces dispositions ne seront guère suivies d’effets.

La France est considérée par l’Union européenne comme mauvais élève.

En revanche, NATURA 2000, Le Conservatoire du Littoral sont en progrès constants.

CONSTAT

La flotte de plaisance de la région PACA représente près de 35% de la flotte nationale. Environ 55000 anneaux mais insuffisants … d’où les très nombreux mouillages sauvages tolérés s’amarrant à des bouées ou autres. (pontons, voire même poteaux hors d’eau réservés à la conchyliculture).

A peu près 20000 anneaux dans les ports sont occupés par des bateaux « ventouses », c’est-à-dire des bateaux qui ne naviguent pas. Ceux-ci devraient être hors d’eau. Il ne faut que quelques minutes pour la remise à l’eau. Mais là aussi un manque évident de structures alternatives dites « ports à secs » à étages.

Cette activité a une influence non négligeable sur le milieu et sur la qualité des eaux dans les ports. Il est estimé à plusieurs milliers de tonnes de déchets toxiques issus de 130 ports maritimes, de pêche et de plaisance :

Ceux-ci sont composés de piles, batteries, huiles de vidange, solvants acides, matière plastique, résine, pots de peinture usagers, etc … Moins visibles mais tout aussi nocives sont les pollutions qui proviennent des effluents : eaux de carénage, eaux usées, eaux pluviales se déversant directement dans le port.

Là encore, un manque de structures de stations d’épuration. A La Seyne-sur Mer dans le Var il y a un ouvrage appelé Amphitréa inauguré en 2002, projet sur lequel j’ai beaucoup travaillé ainsi que sur « Le Contrat de Baie de la Rade de Toulon » qui devraient servir d’exemple. En effet, après traitement des déchets urbains, pluviaux, eaux usées, le résultat obtenu est rejet zéro/960000 /équivalent habitants.

S’agissant des barrages flottants en cas de pollution par hydrocarbures, (bien plus graves et invisibles sont les pollutions chimiques pour le milieu halieutique), j’ai pu observer en présence du Préfet du Var, Préfet de Région Maritime, la pénibilité de montage, et perte de temps importante lors d’un exercice sur une plage. De plus la France n’a que 5000 mètres de barrages flottants pour l’ensemble des façades littorales qui est de (3800 kms /4000) côtes rocheuses comprises.

Concernant les stations de dégazages, il n’y en a que 4 sur l’ensemble de la façade Méditerranéenne dont 2 à Fos/Mer(dont une semble-t-il inactive). Le temps d’attente est trop long dans le port (3/4 jours). L’armateur n’attend pas, l’immobilisation du navire a un coût très important les navires dégazent en mer, il en est de même pour les déballastages.

Enfin, les DOM/COM ou DOM/COM sont logés à la même enseigne voire même pire, c’est regrettable et dommageable.

Je ne prendrais ici que 2 cas :

  • La Guadeloupe, Mayotte. (mais il y en a d’autres)

En Guadeloupe :

  • Aucune station de dégazage ( malgré l’intense activité maritime)
     11 stations d’épuration dont 2 en inactivés (problèmes techniques).

Mayotte :

  • 1 station d’épuration pour plus de 200000 habitants.

Au sujet de Mayotte et autres : L’importance de la francophonie dans les DOM/COM est indispensable. A Mayotte, 90% des Mahorais ne parlent pas français. Les négociations se font en shimaoré et sont ensuite traduites en français.

Ces îles lointaines sont la représentation de la France dans le monde. Il est indispensable que la volonté politique et le civisme de tous concernant les fonds marins, les ports, les plages, la terre, soient omniprésents ainsi que la maîtrise de la langue française.

Information et formation doivent être acquis dés l’enfance.

LIBERTES DE LA MER :

La haute mer n’est soumise à aucune souveraineté, et elle doit être considérée comme res communis, chose commune à tous les pays, qu’ils soient côtiers ou non côtiers. Les libertés de la mer sont reconnues à tous.

CONCLUSION

Il ne peut y avoir de Ports Propres que si les écosystèmes sur mer/terre sont « propres », leurs biodiversités protégées, respectées. Ce sont des chaînes alimentaires qui permettent la vie sur terre.

On a trop tendance à l’oublier, l’homme est une composante de la biodiversité.Rome ne s’est pas faite en un jour. Il est grand temps d’avancer dans ces domaines à pas de géants pour le bien de tous mais surtout pour les générations à venir.

C’est une question d’éducation, de civisme, de volonté politique.

Dolorès BAUDELOT

Ex Elue -Administratrice de l’ANEL – Vice Présidente du Syndicat des Communes du Littoral Varois – Présidente du Syndicat Intercommunal du Massif du Cap Sicié .
 

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