Pour cela, il est à la fois conseillé d’utiliser ce stabilisateur automatique qu’est le budget voir même de prôner une franche politique de relance par la demande lorsque la situation l’impose ! C’est tout à fait possible lorsque l’on se trouve au sein de la zone Euro ! Nos partenaires faisant les efforts à notre place ! C’est exactement ce qu’a fait l’Italie dans les années 90 permettant un rattrapage économique de ce pays par rapport à ces principaux partenaires dont la France !
A la même époque, Jacques Chirac récidivait dans l’aveuglement (1995-1997) en lançant une politique de l’offre inadaptée à la récession de l’époque ! Il en a subit les conséquences politiques que l’on sait ! Lionel Jospin, pour sa part, surfa sur la relance mondiale, pour creuser les déficits par une politique de la demande tout aussi ridicule ! Il ressort de ce bref aperçu qu’il faut se défier des idéologies même et surtout en économie !
Les Statuts de la BCE
Quel rapport à priori entre le principe de crédibilité monétaire et les statuts juridiques de la Banque centrale Européenne ? A priori, aucuns…Voir ! Nos énarques, pourtant plus enclin aux choses juridiques qu’à l’économie politique pourraient pourtant en douter ! Mais, voila ! Ils ont, comme le premier d’entre eux, Monsieur JC Trichet, la foi du néophyte en la matière ! Des politiques monétaristes, ils n’ont pas compris grand-chose, mais le peu qu’ils ont compris a été élevé au rang de dogme indépassable !
La surévaluation manifeste de l’Euro par rapport au dollar et au Yen doit pourtant beaucoup à la crédibilité de l’Euro qui dépend lui-même de la crédibilité de la BCE qu’elle tire de ses statuts. En effet, il est inscrit dans le marbre de la banque centrale européenne, l’objectif de la lutte contre l’inflation par le contrôle de la masse monétaire. Concession faite à l’Allemagne, encore traumatisée par l’inflation des années 20-30 que l’historiographie officielle voit comme l’une des principales causes de la montée du nazisme durant l’entre deux guerres ! Ce n’était bien sûr pas pour déplaire aux intégristes de la direction du trésor du ministère des finances en France et plus généralement à tous ceux qui dans l’hexagone voyait le tournant de 1984, avec la politique de maîtrise de l’inflation par Bérégovoy, comme l’apprentissage de la vertu économique par les autorités politiques françaises. Les multiples dévaluations françaises étaient encore dans tous les esprits. En conséquence, c’était la politique du Franc fort qui était poursuivi par la BCE avec l’assentiment de notre principal partenaire européen. Le fameux moteur franco-allemand tournait à plein régime.
On décida donc de ne pas ajouter comme second objectif à respecter par les gouverneurs de la BCE celui de la recherche du plein emploi. C’est pourtant cette double contrainte qui pèse sur les autorités monétaires américaines. Et on ne peut pas dire que le résultat en terme d’emploi soit calamiteux, bien au contraire ! C’est à la banque fédérale américaine d’arbitrer entre ces deux objectifs pour trouver l’équilibre et la politique monétaire optimale ! Le pragmatisme anglo-saxon trouve ici une de ses plus belles réussites ! L’Europe, encombrée d’Idéologie, refuse pour sa part d’admettre, comme à son habitude, l’antinomie fondamentale des valeurs de notre monde moderne. Nous l’avons payé de plus de 25 ans de chômage de masse. La baisse actuelle devant plus à la démographie qu’à toute autre raison.
Ce qu’a inventé finalement les énarques de Bercy, ce n’est pas la stricte orthodoxie monétaire mais plutôt, chose incroyable sur les marchés boursiers, l’assurance sans risque du placement monétaire ! La ménagère japonaise, pour reprendre votre exemple, peut en effet dormir sur ces deux oreilles ! Elle sait, investisseur rationnel de son épargne, que l’Euro contrairement au Yen ou au dollar, sera toujours défendu par les autorités monétaires de la BCE, puisque les statuts leurs en font l’absolue et unique obligation !! Vous avouerez que cette situation ne manque ni de sel ni d’ironie ! Qui a dit que l’économie mondiale était une économie casino ! Avec ses bons docteurs de Bercy, nous nous trouvons dans une situation de risque zéro !
Voici en tout pas la situation parfaitement grotesque à laquelle on aboutie lorsqu’on se laisse ainsi intimider par les idéologies les plus simplistes et les plus grossières ! Et chose encore plus grave, c’est la crédibilité de l’état et de la politique nationale qui en subit les tords les plus considérables ainsi que l’ensemble de nos économies et de nos entreprises. Quel beau gâchis !
NS
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