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jeudi 15 mai 2008
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Nicolas Stoquer
Divers :
Economie Politique
BCE-Euro-Yen-Dollar
Politique de l’offre/Politique de la demande par Nicolas Stoquer
ou la politique concertée du gâchis
samedi 23 juin 2007
par admin
popularité : 5%

Il ne me semble pas qu’il faille à priori discriminer les politiques d’offres et les politiques de demandes. J’avoue personnellement adopter une position assez agnostique par rapport aux différentes théories économiques classiques (et évidemment non marxiste !), l’optimum en la matière dépendant d’un certain nombre de variables endogènes comme exogènes, de chocs plus ou moins asymétriques. Ainsi, selon que l’on se trouve en haut ou en bas d’un cycle économique (récession ou période de croissance !), selon notre organisation économique et la structure de nos échanges avec l’extérieur, une politique de relance par la demande ou par l’offre sera plus ou moins indiquée !

Je vous rejoins totalement concernant les exemples de 1974-1976 et 1981-1982 ! La politique de relance par la demande pratiquée par les gouvernements Chirac et Mauroy était parfaitement inadaptée ! La France venait de subir dans les deux cas un choc pétrolier renchérissant fortement le coup de l’or noir et la facture énergétique ! L’occident se trouvait alors plonger dans une récession d’un nouveau genre appelé stagflation (croissance zéro et inflation !). Les pays anglo-saxons comme l’Allemagne ont eu le bon réflexe en adaptant leur outil industriel à cette nouvelle donne en augmentant fortement les investissements ! Nos principaux partenaires, comble de l’ironie, ont été aidés dans leur entreprise, par notre politique de relance par la demande, leurs entreprises trouvant…chez nous, de nouveaux débouchés pour leur production ! Nos économies, déjà très imbriquées, ont rendus impossible cette relance par la demande ! Et les dévaluations du Franc, en rien compétitives, n’y ont rien changé si ce n’est en augmentant encore l’inflation par gonflement de la masse monétaire ! Il aurait fallu vivre en autarcie pour toucher les dividendes de cette relance mais à quel prix ! C’est la réflexion qu’a du se faire François Mitterrand en choisissant rapidement de tirer un trait sur le programme de l’union de la gauche après s’être interrogé sur l’opportunité de quitter le serpent monétaire européen !
Mais, depuis cette date, un nouveau dogme est apparu chez nos élites, la désinflation compétitive ! Le contrôle de la masse monétaire est devenu l’alpha et l’oméga de nos politiques économiques ! Seul des lors, la relance par l’offre parait politiquement correct ! Elle seule ne générant pas d’inflation ! Le problème de ce dogme comme de toutes les pensées magiques en général, est de ne pas tenir compte de la réalité, réalité qui en économie s’appelle cycle ! Ainsi voit on se développer des politiques pro cycliques aberrantes tendant à accroître la récession au prétexte de maîtrise de l’inflation et de la masse monétaire ! Il s’agit de politique monétariste à courte vue ! Les politiques économiques se doivent d’atténuer la rigueur des cycles économiques en menant des politiques contra cycliques, comme le veut le bon sens !

Pour cela, il est à la fois conseillé d’utiliser ce stabilisateur automatique qu’est le budget voir même de prôner une franche politique de relance par la demande lorsque la situation l’impose ! C’est tout à fait possible lorsque l’on se trouve au sein de la zone Euro ! Nos partenaires faisant les efforts à notre place ! C’est exactement ce qu’a fait l’Italie dans les années 90 permettant un rattrapage économique de ce pays par rapport à ces principaux partenaires dont la France !

A la même époque, Jacques Chirac récidivait dans l’aveuglement (1995-1997) en lançant une politique de l’offre inadaptée à la récession de l’époque ! Il en a subit les conséquences politiques que l’on sait ! Lionel Jospin, pour sa part, surfa sur la relance mondiale, pour creuser les déficits par une politique de la demande tout aussi ridicule ! Il ressort de ce bref aperçu qu’il faut se défier des idéologies même et surtout en économie !

Les Statuts de la BCE

Quel rapport à priori entre le principe de crédibilité monétaire et les statuts juridiques de la Banque centrale Européenne ? A priori, aucuns…Voir ! Nos énarques, pourtant plus enclin aux choses juridiques qu’à l’économie politique pourraient pourtant en douter ! Mais, voila ! Ils ont, comme le premier d’entre eux, Monsieur JC Trichet, la foi du néophyte en la matière ! Des politiques monétaristes, ils n’ont pas compris grand-chose, mais le peu qu’ils ont compris a été élevé au rang de dogme indépassable !

La surévaluation manifeste de l’Euro par rapport au dollar et au Yen doit pourtant beaucoup à la crédibilité de l’Euro qui dépend lui-même de la crédibilité de la BCE qu’elle tire de ses statuts. En effet, il est inscrit dans le marbre de la banque centrale européenne, l’objectif de la lutte contre l’inflation par le contrôle de la masse monétaire. Concession faite à l’Allemagne, encore traumatisée par l’inflation des années 20-30 que l’historiographie officielle voit comme l’une des principales causes de la montée du nazisme durant l’entre deux guerres ! Ce n’était bien sûr pas pour déplaire aux intégristes de la direction du trésor du ministère des finances en France et plus généralement à tous ceux qui dans l’hexagone voyait le tournant de 1984, avec la politique de maîtrise de l’inflation par Bérégovoy, comme l’apprentissage de la vertu économique par les autorités politiques françaises. Les multiples dévaluations françaises étaient encore dans tous les esprits. En conséquence, c’était la politique du Franc fort qui était poursuivi par la BCE avec l’assentiment de notre principal partenaire européen. Le fameux moteur franco-allemand tournait à plein régime.

On décida donc de ne pas ajouter comme second objectif à respecter par les gouverneurs de la BCE celui de la recherche du plein emploi. C’est pourtant cette double contrainte qui pèse sur les autorités monétaires américaines. Et on ne peut pas dire que le résultat en terme d’emploi soit calamiteux, bien au contraire ! C’est à la banque fédérale américaine d’arbitrer entre ces deux objectifs pour trouver l’équilibre et la politique monétaire optimale ! Le pragmatisme anglo-saxon trouve ici une de ses plus belles réussites ! L’Europe, encombrée d’Idéologie, refuse pour sa part d’admettre, comme à son habitude, l’antinomie fondamentale des valeurs de notre monde moderne. Nous l’avons payé de plus de 25 ans de chômage de masse. La baisse actuelle devant plus à la démographie qu’à toute autre raison.

Aux Etats-Unis, la banque fédérale se doit d’accompagner les politiques de l’emploi du gouvernement et non pas comme en Europe s’y opposer en jouant les professeurs de vertu ! Elle crédibilise l’action de l’Etat fédéral là ou la BCE décrédibilise les politiques nationales. Ce que le dollar perd un peu et un peu seulement en crédibilité c’est le ministère du travail et la politique en général qui gagne en cette même crédibilité sans que l’on puisse observer une défiance généralisée des marchés à l’égard du dollar. Il s’agit finalement encore une fois de trouver un équilibre sur le curseur de la crédibilité. Ne pas perdre totalement la crédibilité sur le marché monétaire et assurer un minimum de crédibilité politique ! Cet équilibre est affaire de doigté et surtout pas d’idéologie !

Ce qu’a inventé finalement les énarques de Bercy, ce n’est pas la stricte orthodoxie monétaire mais plutôt, chose incroyable sur les marchés boursiers, l’assurance sans risque du placement monétaire ! La ménagère japonaise, pour reprendre votre exemple, peut en effet dormir sur ces deux oreilles ! Elle sait, investisseur rationnel de son épargne, que l’Euro contrairement au Yen ou au dollar, sera toujours défendu par les autorités monétaires de la BCE, puisque les statuts leurs en font l’absolue et unique obligation !! Vous avouerez que cette situation ne manque ni de sel ni d’ironie ! Qui a dit que l’économie mondiale était une économie casino ! Avec ses bons docteurs de Bercy, nous nous trouvons dans une situation de risque zéro !

Voici en tout pas la situation parfaitement grotesque à laquelle on aboutie lorsqu’on se laisse ainsi intimider par les idéologies les plus simplistes et les plus grossières ! Et chose encore plus grave, c’est la crédibilité de l’état et de la politique nationale qui en subit les tords les plus considérables ainsi que l’ensemble de nos économies et de nos entreprises. Quel beau gâchis !

NS

 

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