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samedi 17 mai 2008
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Edito :
edito
Contributeurs :
Jacques Myard
Divers :
Politique
Editorial du Mardi 05 Fevrier 2008
Nation, République, Identité nationale : mieux comprendre ce qui nous rassemble.
Jacques Myard - CNR
lundi 4 février 2008
par admin
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La nation sera le sujet fort de l’année 2008 qui commence. Dans le cadre des Forums de la rénovation du Parti socialiste, François Hollande a compris que ce thème était important puisqu’il a consacré les premiers travaux de ces réunions à la question de la nation. Il a prononcé un discours intéressant sur ce sujet. Par ailleurs, sur Kernews, vendredi 7 décembre, dans le magazine de Yannick Urrien , Jacques Myard, député UMP des Yvelines et maire de Maisons-Laffitte, a réagi à plusieurs extraits de ce discours, en confrontant ses idées à celles du premier secrétaire du PS. La Baule+ ouvre l’année 2008 avec ce débat passionnant, en vous proposant la retranscription de cette émission. Peut-on parler de conception de droite ou de gauche de la nation ? Cette question est évoquée en profondeur par Jacques Myard et Yannick Urrien à partir du discours de François Hollande.

Yannick Urrien : Pourquoi la question de la nation est elle aujourd’hui au centre des débats ?

Jacques Myard : Je crois que nous sommes structurellement Français. Nous sommes bien sûr en Europe, nous sommes aussi dans le monde, mais nous participons au concert des nations en étant nous-mêmes, c’està- dire Français. Il existe un logiciel français qui fait que les Français sont spécifiques. Ils ne sont pas supérieurs aux autres, ils souhaitent simplement que leurs spécificités soient prises en compte et qu’ils demeurent indépendants. A l’évidence, les Français ont trop tendance à nier ce qu’ils sont eux-mêmes. Je me souviens d’une phrase d’un président de la République qui disait que « l’avenir de la France, c’est l’Europe ». Non, l’Europe n’est qu’un élément parmi d’autres. Un autre président a dit que la France était un pays « moyen » : là encore, c’est faux, parce qu’il n’y a pas de corrélation entre la taille et la puissance. En réalité, nous avons la masse critique, le pouvoir économique et, surtout, le pouvoir intellectuel d’être entendus et de faire bouger les choses.

Y.U : Le Parti socialiste a commencé ses travaux sur la rénovation et le premier thème abordé fut celui de la nation. François Hollande a prononcé un discours intéressant sur ce thème. D’abord, le premier secrétaire du PS a déclaré qu’il existe deux conceptions de la nation. Selon vous, peut-il y en avoir deux conceptions ?

J.M : C’est très simple : s’il y a deux conceptions, ce n’est pas la nation car, comme le disait le général De Gaulle, la nation n’est ni de droite ni de gauche, elle existe en tant que telle et elle doit être le ciment de l’action politique et de la cohésion sociale des Français. Il existe une volonté française de vouloir vivre ensemble et, même s’il peut y avoir des nuances, il ne peut pas y avoir une conception de gauche et une conception de droite de la nation. La nation doit transcender les options partisanes des uns et des autres. Elle doit être le socle commun. On sait très bien que dans les moments tragiques, comme le disait Aragon, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas ont été unis jusqu’à la mort pour défendre l’indépendance nationale et la liberté.

Y.U : Visiblement, François Hollande n’est pas sur la même ligne que vous… Voici un extrait de son discours : « Quelle est notre conception de la Nation ? Cette interrogation a toujours été au coeur de chaque grande confrontation politique depuis l’histoire même de la République puisque, à chaque grand moment de notre Histoire, il s’est agi d’un choix, d’un projet pour la Nation, de deux conceptions qui s’affrontaient sur l’idée même de la Nation. Et les citoyens, lorsqu’ils ont voté, ont fait un choix qui n’est pas simplement un choix de personne mais aussi un choix de projet qui valait pour toute la Nation. Lors de la précédente élection présidentielle, le débat a été plus centré sur les valeurs que sur les propositions ; et l’identité nationale que l’on croyait gommée – pour ne pas dire effacée - par la mondialisation, par l’Europe, par l’individualisation, a ressurgi presque comme par effraction. Nous ne devons pas laisser à Nicolas Sarkozy le monopole de la France et l’idée même de Nation. Parce qu’en définitive, nous aimons la France tout autant que les autres, nous ne dénions pas aux autres le fait de l’aimer, mais nous disons simplement que la France que nous aimons peut avoir deux visions de sa propre Histoire et deux visions de son avenir. » Que pensez-vous de ce terme d’effraction, au sujet de l’identité nationale, utilisé par François Hollande ?

J.M : Je suis heureux d’entendre François Hollande parler de la nation. Le Parti socialiste retrouve quelque chose qu’il pensait dépassé. En réalité, c’est le PS qui était dépassé car les Français, de gauche comme de droite, sont très attachés à la nation. C ’est presque un mea culpa de François Hollande. C’est la reconnaissance que la nation est une réalité. Je juge les propos de François Hollande comme une autocritique : ils ont cru, dans leur béatitude, que c’était dépassé. Or, cela ne peut pas être dépassé car c’est l’essence même de la culture française et de la réalité française.

Y.U : Dans ce même discours, François Hollande ajoute que c’est la gauche qui a reconnu la nation : « La Nation n’a jamais été une valeur consensuelle dans notre pays ; le clivage politique s’est longtemps fait autour de la Nation que chaque camp cherchait à s’approprier. Il faut donc dire que c’est la gauche qui a reconnu la Nation : c’est la Révolution française qui a associé Nation et citoyenneté, qui a considéré que la communauté des citoyens formait Nation. Jules Michelet disait que le Dieu des Nations avait choisi la France, parce que la France avait fait éclore l’idée même de Nation – la Révolution française ; elle avait donc permis de passer du sujet qui était l’individu sous la monarchie au citoyen dans la République. » Que pensez-vous de cet extrait de discours de François Hollande ? nation en armes s’est levée contre les despotes européens qui voulaient rétablir la monarchie, comment expliquez- vous Jeanne d’Arc, cette pucelle d’Orléans qui rallie à elles tous les gueux pour lutter contre l’invasion étrangère, en l’occurrence anglaise ? Comment expliquezvous que le roi lutte pour l’indépendance du royaume et qu’il dise que, jusqu’à nouvel ordre, le roi est empereur dans ce royaume et qu’il gouverne pour le bien du peuple français, donc de la nation ? Bien sûr, l’assise politique du pouvoir n’était pas la même et il est exact que la Révolution française a essayé de lui donner un suffrage beaucoup plus universel, et pas simplement issu de la grâce divine. Mais comment expliquer que sous les coups de boutoir incessants, la France ait eu sous l’ancien régime, au temps des rois, ce sentiment d’appartenance à un même peuple. Le roi seul n’aurait pu résister aux envahisseurs, contre la volonté papale, contre la volonté du Saint Empire romain germanique et contre les tentatives d’asservissement des Anglais. Cela ne tient pas. Il est faux de dire que la nation a commencé véritablement avec la Révolution française. Dans ma conception, cela remonte à Vercingétorix, lorsque les nations gauloises s’unissent et qu’elles savent qu’elles peuvent faire trembler l’univers. Vercingétorix unit des gens qui ont pratiquement la même culture et ce sont les soubassements véritables de la nation en armes : Gergovie, Alésia ! On voit bien que tout cela s’est nourri de 20 siècles d’histoire, avec des apports que nous avons digérés. C’est une grave erreur de vouloir opposer la République naissante de la Révolution à ce qui s’est passé avant. Il y a eu une rupture, dans l’organisation politique, mais les soldats de l’an II sont dans la tradition de tout ce qui s’est passé auparavant. proches comme la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Espagne ou le Maroc… Le Maroc est une monarchie, tout en étant une grande nation…

J.M : Nous n’avons pas le monopole de la nation. En réalité, c’est l’organisation même du monde. On voit très bien que les peuples qui n’ont pas d’État, mais qui sont une nation, veulent un État. C’est le cas des Palestiniens ou des Juifs avant la création d’Israël. De par la planète, il y a une volonté nationale d’existence qui se donne, sur le plan juridique, la forme d’États qui coopèrent. Je pourrais renvoyer à François Hollande cette fameuse phrase de Léon Blum qui disait : « Avant d’être international, il faut d’abord être national ». La grande faute du Parti socialiste, dans la dernière partie de notre histoire, c’était d’ignorer la nation et le fait national et de croire que l’Europe était le Deus ex machina. Mitterrand y a beaucoup contribué, mais il n’est pas le seul, puisqu’il y a eu une certaine béatitude à droite. Aujourd’hui, il faut revenir aux fondamentaux de ce qu’est la société internationale : les nations, les Etats.

Y.U : François Hollande transpose deux définitions de la Nation. Il dit : « Pour la gauche, la Nation se confond avec la citoyenneté ; elle est un contrat entre des hommes libres, définissant par leurs représentants la volonté générale. Elle est donc une universalité, un combat commun. C’est l’idée de la Nation ouverte, de la Nation qui se donne aux autres, qui donne à voir son modèle. Dans la conception de la gauche, c’est l’idée de la Nation comme chance pour les autres et qui ne voit pas en eux un ennemi. Pour la droite, en revanche, la Nation puise sa légitimité dans l’origine, dans l’héritage, dans le sang, dans l’histoire, dans la langue. La réponse est donc identitaire ; c’est l’idée d’une Nation qui se méfie des autres, qui se méfie de l’étranger, de l’immigré, du voisin. Nous voyons bien que cette conception de la Nation est fondée sur le danger ».

J.M : Les propos de François Hollande sont à la limite de l’insulte. Opposer ce qui est le contrat collectif, la volonté de vivre ensemble, au contrôle de la politique de l’immigration, cela n’a rien à voir. J’adhère effectivement au contrat collectif fondé sur l’appartenance culturelle, les valeurs culturelles et la volonté du vouloir vivre ensemble. Mais de là à dire, parce que l’on veut contrôler les flux migratoires, que l’on veut éviter des heurts dans les banlieues parce qu’on laisse entrer sur le territoire des gens qui ne veulent pas épouser la culture française et qui veulent vivre en nation étrangère chez nous, de là à dire que c’est une conception de droite, les bras m’en tombent ! François Hollande est en train d’essayer de monter quelque chose de totalement artificiel. Il y a des gens de gauche qui tiennent des propos identiques aux miens sur la question des flux migratoires, tout en reconnaissant que l’étranger a des droits, mais si l’étranger refuse la réalité nationale française en adoptant des us et coutumes contraires aux lois françaises, eh bien, il n’a pas sa place sur le territoire français.

Y.U : François Hollande explique que « pour la droite, en revanche, la Nation puise sa légitimité dans l’origine, dans l’héritage, dans le sang, dans l’histoire, dans la langue ». Cela signifie-t-il que la langue ne serait pas un bien commun partagé par la gauche et à droite ?

J.M : Bien sûr. La langue, c’est véritablement la patrie par excellence. Pour que l’étranger s’assimile, il doit maîtriser la langue. L ’étranger le sait ! C’est extrêmement grave de réfuter la notion de langue, instrument commun, instrument d’ascension sociale, car la langue est l’un des éléments de la nation. On voit bien que des états bilingues comme la Belgique sont en train de s’écrouler parce qu’il y a deux langues, donc deux nations. La langue française s’attribue tant aux gens de gauche qu’aux gens de droite.

Y.U : On peut en effet admettre une confrontation idéologique sur la notion d’héritage par le sang ou par le droit du sol, mais le partage de la langue devrait être un bien commun…

J.M : Effectivement, on sait très bien qu’il y a deux modes d’acquisition de la nationalité française : le jus sanguinis ou le jus soli. Il peut y avoir des gens qui sont nés aux Etats-Unis, qui y ont vécu complètement, et qui ont un père ou une mère français. Ces gens ne se sentent plus Français, alors qu’ils sont enfants de Français en ligne. Ce sont des moyens de preuve de la nationalité légale. En réalité, ce qui structure la nationalité et la citoyenneté, c’est la volonté d’être Français, de se comporter comme Français et de parler le français. C’est l’égalité entre tous les sexes, la laïcité et la volonté d’agir ensemble tout en se comprenant.

Y.U : Nous abordons un nouveau sujet, celui de l’identité nationale. François Hollande dit : « C’est pourquoi l’idée même d’un Ministère de l’identité nationale, abstraction faite de l’immigration ajoutée à ce Ministère, est contraire à la conception que nous avons de la Nation. La Nation n’est pas un ministère, la Nation c’est la République. De plus, la Nation ne peut pas être un ministère de l’identité et de l’immigration, car la Nation ne se définit pas au contraire des autres, mais avec les autres. » Qu’en pensez- vous ?

J.M : C’est de la basse polémique car le ministère de l’Identité nationale a pour objectif de mettre en pratique ce que nous sommes et de le transférer à celles et ceux qui veulent devenir Français. Il est tout-à-fait légitime de leur dire : voilà ce que nous vous demandons pour devenir Français, voilà ce que nous exigeons de vous : parler le français et respecter un certain nombre de valeurs de la République, ne pas battre sa femme comme il est dit dans un certain nombre de milieux intégristes, ne pas condamner l’autre à mort parce qu’il veut changer de religion… Ce sont nos valeurs et ce sont aussi les valeurs défendues par Monsieur Hollande. Je ne le comprends pas. Ce ministère permet de clarifier les positions.

Y.U : N’y a-t-il pas finalement un problème de sémantique ? Vous parlez d’identité nationale mais certains perçoivent ce mot, peut-être par ignorance, comme identité raciale ou identité religieuse… inscrit en lettres d’or dans notre Constitution. Tout autour de nous, nous connaissons des gens qui sont extrêmement Français, peu importe la couleur de leur peau, peu importe leur religion ou leur milieu d’origine. Réduire l’identité nationale à un critère ethnique est proprement scandaleux. Le problème de la gauche post soixantehuitarde c’est que pour elle, « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et nous devons accueillir tout le monde sans nous préoccuper de savoir s’ils ont des agissements contraires à notre culture ou notre façon de vivre. Je m’étonne que le Parti socialiste soit encore dans l’utopie. François Hollande semble dire qu’il ne faut surtout rien faire et que le temps fera le reste. Non, il y a des étrangers qui veulent venir chez nous sans aucune volonté de s’assimiler et de s’intégrer. Ce n’est pas acceptable. Il n’est pas acceptable que se développe un communautarisme ethnoculturel avec un mélange de religion et de nationalisme étranger.

Y.U : François Hollande évoque la conception des socialistes de la nation en disant : « Renan affirmait que la Nation, c’est la volonté de continuer à faire valoir l’héritage que l’on a reçu en indivision. Mais pas simplement faire vivre l’héritage, mais porter une volonté d’avenir et la porter ensemble. C’est à la fois ce qu’il appelait le plébiscite de tous les jours que de vivre dans la même Nation et le désir d’une vie commune, de poursuivre l’engagement commun. Et, si l’on songe à ce que disait Ségolène Royal pendant la campagne, c’était une forme d’actualisation de Renan : la Nation ne demande pas aux gens d’où ils viennent, mais où ils veulent aller ensemble ». Que pensez-vous de cette allusion sur le fait que la droite demanderait surtout aux gens d’où ils viennent ?

J.M : C’est scandaleux de vouloir s’accaparer la définition de la nation, qui est le projet commun et qui est la volonté de bâtir un projet ensemble. La France a toujours reçu des étrangers et le problème est de savoir si ces étrangers veulent effectivement devenir Français et participer à ce projet commun, ou s’ils veulent s’implanter sur la base d’un communautarisme ethnoculturel. Je trouve normale la définition donnée par François Hollande, mais il est scandaleux qu’il puisse prétendre que c’est propre aux socialistes. C’est propre à tous les républicains, et même aux monarchistes, que cette volonté de vivre ensemble en voulant défendre le projet national. chez les monarchistes, l’idée de nation n’est pas de s’intéresser d’où les gens viennent, mais de regarder là où ils veulent aller…

J.M : Nicolas Sarkozy vient de le prouver en faisant entrer dans le gouvernement des gens qui sont devenus Français et qui veulent agir pour le bien de la République. Nous sommes dans la droite ligne de la grandeur nationale. Il est faux de dire que ce projet commun est propre à une partie de la classe politique. Il est évident que ces valeurs, ce projet commun pour bâtir une nation plus équilibrée et plus juste, c’est le lieu commun de tous les partis politiques, à l’exception de l’extrême gauche qui veut détruire la nation au nom d’une utopie obsolète.

Y.U : Vous abordez cette projection sur le monde de notre définition de la nation et François Hollande a évoqué dans son discours ce sujet d’actualité que sont les guerres coloniales. Le patron du Parti socialiste dit : « Les choses ensuite se sont troublées : les guerres coloniales ont été aussi faites par des Républicains au nom de la Nation, en pensant porter les valeurs civilisatrices. Jules Ferry – qui n’est pas le plus mineur de nos Républicains - croyait défendre la République quand il la projetait dans les colonies, alors que d’autres Républicains –heureusement - affirmaient que cette conception supérieure de la civilisation était contraire à l’idée même de la République. » Ce passage est important, et honnête, car François Hollande reconnaît que son parti porte aussi une responsabilité dans les guerres coloniales…

J.M : Oh, il faut aller plus loin ! Effectivement la mission civilisatrice de la France, au nom d’une certaine supériorité, a été d’abord idéalisée et cristallisée par des hommes de gauche. À l’époque, la droite n’avait pas vu l’intérêt qu’il y avait à bourlinguer les mers et conquérir des terres nouvelles. Cela fait partie de l’histoire et nous devons l’assumer. Il est exact qu’il y a eu un moment de l’histoire où les nations européennes, au nom d’une certaine conception - qui s’est révélée bien sûr fausse - de la supériorité de notre civilisation, ont colonisé une grande partie du monde. Nous devons regarder les choses telles qu’elles sont. Il ne s’agit pas de nier ce qui s’est passé, ni de traîner cette période de notre histoire dans la boue. Il n’en demeure pas moins que nous avons aussi enseigné à tous ces peuples un certain nombre de choses qu’ils ont d’ailleurs très bien assimilées, pour nous rejeter par la suite. Nous avons fait des grandes oeuvres dans ces pays. Regardez la construction des routes, la construction des hôpitaux, les cours sur l’égalité des hommes en Algérie… Regardez ce que nous avons fait en Indochine ! Nous avons apporté le meilleur de nous-mêmes. La République a été impérialiste à un moment, c’est un moment de l’histoire que j’assume sans honte, sans forfanterie et sans repentance. Je demande à celles et ceux qui ont vu arriver les soldats Français de reconnaître aussi qu’ils ont appris beaucoup à notre contact, dont notre langue, ce qui est un atout formidable. François Hollande a parfaitement compris que les Français en ont assez des actes de repentance des intellectuels parisiens qui battent leur coulpe pour vendre des copies et vivre aux dépens de la France. C’ est plutôt un bon signe. La base du Parti socialiste, comme la base de l’UMP, dit que la repentance doit suffire et qu’il faut cesser d’écouter des intellectuels sans talent qui passent leur temps à dénigrer l’histoire nationale. Nous assistons au grand retour des Etats, des nations qui veulent coopérer avec les autres nations, mais qui ne veulent pas se voir imposer des choses à partir du moment où elles ont dit non. Je parle du non fondateur d’Antigone, car, comme disait Malraux, seul l’esclave dit toujours oui !
 

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