Forum pour la France
Accueil du siteLes CommissionsInstitutions Européennes
Dernière mise à jour :
jeudi 15 mai 2008
Statistiques éditoriales :
325 Articles
25 Brèves
38 Sites Web
24 Auteurs

Statistiques des visites :
344 aujourd'hui
393 hier
80060 depuis le début

Google Groupes
Forum pour la France
Visiter ce groupe





Sur le Web
L’A.FR.AV
Fraternité, Solidarité, Coopération entre les francophones du monde entier.
Editorial du Vendredi 19 Octobre 2007
Message aux membres du Forum pour la France par R. Rochas
Forum pour la France (réunion du 25 octobre 2007)
jeudi 18 octobre 2007
par admin
popularité : 1%

Au moment où M. Fouquereau vous lira le présent message, il est probable que les Chefs d’Etat et de Gouvernement auront déjà signé le "traité modificatif européen". Je souhaite me tromper. Mais traité signé ou pas, il est bon de tirer quelques leçons de ce qui vient de se passer.

*
Les procédures ont présenté les caractères suivants :
  • 1°) Un mandat illisible. Mandat néanmoins signé sans beaucoup de résistance, sauf de la part de la Pologne, par tous les Chefs d’Etat et de gouvernement.
  • 2°) A partir de ce mandat, une procédure d’élaboration du traité ultra-secrète, jusqu’à la publication du projet le 5 octobre. De juillet à octobre, rien n’a transpiré de ce qui se passait à Lisbonne, ni dans le site de l’Union européenne, ni dans la presse, pas le moindre communiqué de presse. On n’avait jamais vu ça. Même odieux, les traités antérieurs, Maëstricht, Amsterdam, Nice, traité constitutionnel, avaient donné lieu à une large information.
  • 3°) Une procédure ultra-rapide, à vous couper le souffle. Un mandat signé après 2 jours seulement d’examen, les 22 et 23 juin. La publication d’un 1er projet complet résultant du mandat un mois plus tard, le 23 juillet, comme base pour le démarrage des travaux de la Conférence intergouvernementale. On peut d’ailleurs se demander si ce premier projet n’a pas été rédigé avant le mandat. Trois mois seulement pour aboutir au projet définitif, le 5 octobre. Projet que les Chefs d’Etat et de Gouvernement auront été appelés à signer le 18 ou 19 octobre, soit 13 jours seulement après avoir pu en prendre connaissance. A titre de comparaison, il n’a pas fallu moins de 2 ans et ½ à la Conférence pour l’avenir de l’Europe pour aboutir à la signature du traité constitutionnel.
  • 4°) Au cours de cette prétendue "négociation", un travail qui a été avant tout celui des experts, des juristes envoyés par chacun des Etats membres (mais n’y avait-il pas aussi quelques juristes de l’Union européenne ? J’ai peine à le croire !). Les gouvernements ont fait preuve d’une incroyable passivité. Entre le 1er projet du 23 juillet et le projet définitif du 5 octobre, les différences sont minimes, surtout de forme, à part les quelques clauses dérogatoires arrachées par un petit nombre d’Etats membres (Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Pologne). Les retouches n’affectent d’ailleurs que les Protocoles et les Déclarations, formulés d’ailleurs souvent sur le ton plaintif du chien qui redoute de se faire fouetter par son Maître, au conditionnel : "La Commission devrait", "Le Conseil devrait", "L’Union européenne devrait" (sic).
  • 5°) La ferme intention des Etats, dont M. Sarkozy n’a donc pas l’exclusivité, d’éviter les référendums de ratification, sauf obligation constitutionnelle incontournable.
*

Il n’est pas trop difficile d’imaginer les intentions profondes qui se cachent derrière ces procédés tortueux. Il y a :

1°) la volonté de fermer la bouche aux peuples, ce qui n’est pas tout à fait nouveau

Les indices de cela sont :

  • le mandat illisible. M. AMATO, l’un des promoteurs du traité constitutionnel, l’a dit crûment : par un texte obscur, il s’agissait d’empêcher à tout débat de surgir, car si les enjeux ne sont pas perçus, aucun débat n’est possible.
  • le secret va dans le même sens.
  • l’exclusion de tout référendum empêche à l’opinion de se manifester à supposer que les peuples aient réussi à se former une opinion.

2°) Plus nouveau, il y a la marginalisation des Gouvernements eux-mêmes

Ici les indices sont :

  • Le mandat illisible, qui vaut pour les peuples, mais vaut aussi pour les Gouvernements.
  • La procédure ultra-rapide, qui n’a pas laissé aux gouvernements le temps d’étudier à fond les textes proposés.
  • La prépondérance des experts. Ils ne peuvent jamais être absents d’une négociation, mais normalement ils sont là pour épauler en permanence les politiques. Cette fois on devine qu’ils se sont pratiquement substitués à eux.
  • Mais on n’aurait pas pu parvenir à un tel résultat si les gouvernements n’avaient pas manifesté une telle passivité. Il apparaît en toute lumière qu’ils sont les premiers à souhaiter leur propre abaissement par la signature de dispositions qui mettent cet abaissement en musique.

3°) Ce dont il s’agit en fait, c’est de la construction d’un Etat européen et la réduction des Etats membres au statut de circonscriptions administratives.

Je n’en donnerai qu’un symptôme typique. Le projet de traité modificatif a éprouvé le besoin de renverser l’ordre de préséance entre le Conseil et le Parlement européen. Dans la conception traditionnelle d’une communauté de nations, les traités mentionnaient toujours le Conseil en premier. Dans la conception désormais triomphante d’un Etat européen bâti sur le modèle des Etats nationaux, c’est le Parlement qui représente le prétendu "peuple européen" et a donc la prépondérance.

Tout est clair. La lutte des nations commence.

Romain ROCHAS

17 octobre 2007.

 

Répondre à cet article

Articles de cette rubrique
  1. Apres le 29 mai 2005, quel combat contre le traite constitutionnel europeen ?
    23 février 2006

  2. Contribution française au budget de l’Union Européenne.
    6 novembre 2006

  3. A propos du "mini-traité" européen de M. Sarkozy
    22 décembre 2006

  4. Un premier programme en 12 points d’un candidat à la Présidence de la République 2007
    24 janvier 2007

  5. A propos du discours prononcé par Mme Angela MERKEL le 17 janvier 2007 au Parlement européen
    5 février 2007

  6. La Bulgarie, la Roumanie et le traité constitutionnel, ou la peau de l’ours…
    7 février 2007

  7. Pourquoi il est urgent de modifier la constitution française ?
    7 février 2007

  8. Comment effacer toute trace du TCE dans le droit constitutionnel français ?
    8 février 2007

  9. A. Merkel veut faire du NON un OUI par Y. Bollmann
    14 février 2007

  10. Petite évaluation de l’€uro et de ses promesses, au pas de course par R. Rochas
    21 mars 2007

  11. A propos de deux erreurs, entendues au sujet de l’euro par Romain Rochas
    9 mai 2007

  12. La France est-elle bénéficiaire ou contributrice nette vis-à-vis des Budgets européens ?
    28 mai 2007

  13. Les textes essentiels sur le mandat à la CIG en vue du "traité simplifié" par R. Rochas
    28 juin 2007

  14. Débat au sujet du Mini-traité-Modificatif-TCE
    17 juillet 2007

  15. L’Union européenne serait-elle en panne du fait du rejet du traité constitutionnel ? par R. Rochas
    20 juillet 2007

  16. Réforme de la Constitution par H. Fouquereau.
    9 septembre 2007

  17. La GIG, entre le mandat et le projet de traité par R. Rochas
    21 septembre 2007

  18. Traité Modificatif-Mini-traité Octobre 2007
    16 octobre 2007

  19. Message aux membres du Forum pour la France par R. Rochas
    18 octobre 2007

  20. De Gaulle-Monnet ou le duel du siècle, par Eric Branca
    31 octobre 2007

  21. Déclaration contre le traité de Lisbonne
    14 novembre 2007

  22. Argumentaire long contre le « traité modificatif de Lisbonne » par A. Salon
    6 janvier 2008

  23. LE TRAITE ILLEGITIME DE LISBONNE NE PEUT FONDER AUCUN DROIT EN FRANCE
    11 février 2008

  24. Perversité de la "directive Bolkestein", Romain Rochas
    10 mars 2008

  25. L’incroyable genese du Traite de Lisbonne, par Romain Rochas.
    24 mars 2008

  26. La tentation totalitaire du Parlement Europeen par Paul Marie Couteaux
    31 mars 2008

  27. Au sujet de la Pologne et du Traite de Lisbonne par Romain Rochas
    8 avril 2008

  28. Les OGM et la supranationalité par Romain Rochas
    13 mai 2008