En parlant de prédateur, vous avez lu dans vos journaux l’horrible scandale provoqué par Renault en Roumanie. Les employés payés avec des clopinettes se sont mis en grève : parce que leur salaire ne suffisait pas à les nourrir, parce que la direction leur interdisait même de pratiquer leur religion qui est la religion catholique en les obligeant à travailler le dimanche. parce que la direction est inhumaine, esclavagiste, et ne veut rien, comme l’intouchable Mittal, en dessous de 18% de bénéfices. Elle ne va quand même pas se délocaliser pour retrouver ailleurs des gens qui défendent aussi leur bout de pain.
Comment nos " élites " ont pu faire basculer la France dans ce libéralisme inhumain prôné par Bruxelles, Francfort ou Washington ? Nous ancêtres ont combattu l’exploitation de l’homme par l’homme. Ils ont fait de la France la patrie des droits de l’homme - il n’est pas possible que la volonté d’actionnaires d’une entreprise qui se sert d’un logo tel que celui de Renault, représentatif de l’industrie automobile française, puisse vouloir créer un sous prolétariat et le faire vivre au dessous du seuil de pauvreté.
Les entreprises françaises qui se délocalisent à l’étranger doivent s’engager à assurer aux gens qu’ils emploient, les conditions nécessaires à leur vie et à leurs libertés.
Si la direction de Mittal Arcelor doit être renvoyée dans ses pénates, pour tentative d’enrichissement personnel au détriment de l’intérêt général , la direction de Renault, représentant l’histoire de notre ’industrie française doit être condamnée pour atteinte, hors du territoire national, aux droits de l’homme ,et à l’ image de la France.
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
Je viens de lire sur le site du FPF votre intervention sur le scandale de l’aciérie de Grandange.
Je me permets de compléter votre texte avec des éléments, tous publics, qui sont très récents, car ils tournent autour de la conduite de l’OPA de Mittal sur Arcelor. Ayant été professionnellement un peu impliqué, j’ai une mémoire précise de cette affaire qui accumule toutes les dérives auxquelles on aboutit, malheureusement pas du fait de la globalisation de l’économie, du moins pas uniquement, mais de la désintégration de l’État, et de la couardise des responsables politiques, ou des hauts fonctionnaires.
Quand vous rassemblez les évènements, et leurs dates, le résumé donne une photographie saisissante de la désagrégation de notre stratégie industrielle. Le dossier s’est joué en six mois ce qui est très court.
Chronologie
ARCELOR ; conseil d’administration : Luxembourg, Espagne , France ; 82% du capital est flottant, rendant l’entreprise vulnérable à une OPA.
Décembre 2005 : l’action Arcelor vaut 19 €.
Décembre 2005 : le financier Romain Zaleski entre au capital d’Arcelor en promettant au Conseil d’Administration, et au PDG Guy Dollé en particulier de jouer le noyau dur en cas d’OPA hostile.
Janvier 2006 : Lancement de l’OPA de MittalSteal sur Acelor à 33 € / action ; Dollé rejette une possibilité d’accord, rendant l’OPA hostile.
Janvier 2006 : le MINEFI Thierry Breton convoque Lakshmi Mittal à Bercy avec une déclaration inepte "cette OPA ne respecte pas la grammaire des affaires …" ; la remarque déclenche l’hilarité de la presse économique anglo-saxone, avec une série d’éditos qui tournent (avec raison) notre ministre en ridicule.
La suite fut une bataille boursière classique, le prédateur Mittal, cherchant à convaincre les arbitragistes. On a alors assisté à une série de trahison sous le nez d’un État autiste et inexistant.
Février 2006 : Zaleski fait savoir qu’il votera pour Mittal.
Mars 2006 : l’action Arcelor bondit de 33 %. Avril 2006 : François Pinault, patron du Point, ami de Chirac mais aussi de Mittal, et déjà au conseil d’administration de MittalSteal, choisit de soutenir l’anglo-indien, en usant des arguments les plus puériles et outranciers tels que "un rejet de l’offre serait du pur racisme anti-indien".
Il met son hebdomadaire à la disposition de Mittal.
Conseil en communication de Mittal, assurée par la société d’Anne Méaux, sur recommandation de Pinault dont elle est très proche. Le patron de la SG, Daniel Bouton prend parti pour Mittal, arguant du principe qu’il faut laisser le marché libre de ses choix.
Une contre offre se profile par le russe Severstal, qu’Arcelor connait bien en raison de nombreux accords existant déjà.
Avril 2006 : Mittal monte l’offre à 40 €, empéchant Severstal de suivre.
Juillet 2006 : réunion de la commission des finances de l’Assemblée sous la présidence de Patrick Ollier ; en sortent des déclarations a minima, assez pitoyables au regard de l’enjeu.
Fin Juillet 2006 : fin de l’OPA ; les arbitragistes déclarent qu’une majorité d’actionnaires ont apporté leurs voix à Mittal.
Démission de Dollé ; à ce jour il ne reste plus personne de l’ancienne équipe autour de la famille Mittal.
Zaleski fait un bénéfice dévoilé dans la presse (qu’il confirme) de 750 millions €
Quelques remarques et conclusions :
Aucune tentative de rapprochement avec l’allemand Thyssen n’a été tenté alors que certains l’avaient suggéré. Donc défaillance du pouvoir politique.
De même lorsque la solution Severstal est apparue, aucun appui du pouvoir politique.
La production mondiale de l’acier est une variable stratégique et elle se concentre entre quelques capitalistes, mais l’Europe va en être exclue : Chine, Brésil, Russie, Inde.
L’examen attentif de cette affaire laisse un goût de cendre dans la bouche, car elle s’est produite au milieu des coups de clairon sur le patriotisme économique (dont on voit surtout l’aspect incantatoire) et alors que l’on se targue d’avoir mis en place des strustures d’analyse et d’action en Intelligence Économique.
Les Mittal sont des Indiens de la caste commerçante des maharanis au Rajasthan ; la légende veut qu’ils comptent la caisse du magasin chaque soir ; dommage que la Société Générale ne fasse pas la même chose ! Il fallait être ou naïf ou idiot, pour supposer une seconde que la famille Mittal allait partager le pouvoir !!
Le seul paramètre absolument incontestable est la désindustrialisation de notre pays. Une logique purement financière a prévalu sur une logique industrielle.
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Mittal - Précisions d’un internaute