Pour en revenir à votre personne, vous vous êtes rendu au Caire chez les Frères musulmans afin de vous entendre avec eux sur la création du Conseil français du culte musulman. C’est sans aucun doute la raison qui vous rend si indulgent aujourd’hui envers les plus fondamentalistes des immigrés. Vous avez en même temps mis en cause la laïcité en souhaitant un aménagement ( !) de la Loi de 1905. Cela fait beaucoup. Pire, vous avez osé déclarer le 4 octobre 2004 à New-York que vous étiez étranger dans votre propre pays. Alors ? De quelle intégration personnelle s’agit-il ?
Parmi vos collègues, vos confrères et autres associés au président d’une grande chaîne de télévision, vous n’êtes pas le seul à penser ainsi et à se préférer Yankee ou Breton plutôt que Français. Pouvez-vous comprendre que cela choque les Français qui ont payé le prix du sang pour avoir le droit de rester ensemble ? J’en doute. Les Français pourtant se savent tous métis et sont sans complexe là-dessus. Moi-même le suis-je : Corrézien depuis 1585, Alsacien depuis 1605 (je n’ai pu remonter plus loin).
C’est ainsi que la France s’est formée et je comprends que les émigrés de première génération ne puissent assimiler une telle notion. Malgré les interventions étrangères, les soucis faussement idéologiques, la France résiste et récuse le communautarisme qui découle de vos propres intentions pour son avenir. Vous connaissez mal notre peuple, très mal. Vous estimez le Français raciste, conception à la mode qui anime la gauche et l’extrême-gauche des bobos aux fouteurs de merde (fdm) professionnels sans oublier une certaine droite et l’extrême-droite. Tout ce monde-là a une chose en commun : n’avoir jamais rien fait de ses dix doigts, n’avoir jamais créé la moindre richesse et avoir toujours vécu en parasite de l’État-providence, comme ils disent ! Ce n’est certainement pas cela la France profonde, celle dont vous sollicitez les suffrages, celle qui a résisté à l’occupant et souvent recueilli et protégé les plus menacés. Un bon conseil : ne cherchez pas à la diviser en l’entraînant dans de minables querelles électorales ! Quand ce n’est pas monter les uns contre les autres.
Vos méthodes, vos projets sont bien loin de ce que le Général de Gaulle nous a appris : « La droite ne peut pas réussir. Le Français est généreux, le programme de la droite, égoïste, conservateur, ne conviendra jamais à la France. La gauche, elle a son programme, bien sûr ! Mais elle bavarde, divisée, inefficace. » Votre choix est en fait d’accélé-rer la mort politique de la France et sa dépendance afin de la lier pour le pire au monde anglo-saxon, notamment aux néocons américains.
En guise de conclusion, je vous rappellerai le dernier couplet de La Marseillaise que l’on apprenait naguère dans les écoles de la République : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus ». Attendez donc encore quelque temps !
Il m’est arrivé de vous demander un rendez-vous, je suis toujours disponible pour expliciter mes réflexions et pour écouter, voire prendre en compte, les vôtres.
Salutations républicaine
Jacques Dauer
Président de l’Académie du Gaullisme