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vendredi 3 septembre 2010
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Le numérique pour démembrer les Etats européens par Pierre Hillard
Les Régions européennes ont leur propre nom de domaine
vendredi 2 février 2007
par Administrateur
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Tout est bon pour favoriser l’éclatement des Etats. L’installation de populations extra-européennes, la reconnaissance identitaire, la régionalisation supranationale, la disparition des frontières nationales ou encore la délégation des pouvoirs régaliens au profit des instances européistes etc sont autant d’éléments favorisant la dissolution complète des Etats en faveur de l’idéologie mondialiste.

Cependant, un élément supplémentaire entre en jeu dans cette grande entreprise de décomposition, c’est internet. En effet, les Etats ont une adresse qui permet d’identifier le caractère national d’un document. Ainsi, nous trouvons « .fr » (France), « .de » (Allemagne), « .es » (Espagne), « .uk » (Royaume-Uni), …

Une nouvelle étape a été franchie avec la reconnaissance de l’adresse internet de l’Union européenne « .eu » en avril 2006. Cette appellation donne ses lettres de noblesse au futur Etat européen que ses thuriféraires cherchent à établir par tous les moyens. Inévitablement, le lancement de « .eu », symbole de l’émergence d’une autorité étatique, ne fait pas bon ménage avec les Etats nations composant l’Union européenne.

Le problème se corse avec l’émergence politique des régions qui commencent à acquérir une adresse internet propre les différenciant de l’Etat au sein duquel elles sont encore partie intégrante.

Les signes avant-coureurs de la décomposition des Etats prennent aussi une tournure numérique. Ainsi, le gouvernement régional de Catalogne a obtenu en septembre 2005 la reconnaissance sur internet du signe « .cat », désignation qui détache numériquement cette région du cadre espagnol. Comme l’a reconnu Carles Sola, conseiller des universités, de la recherche et de la société de l’information : « Cela signifie que la communauté linguistique et culturelle catalane du monde entier va pouvoir s’identifier partout avec un domaine qui nous place, en toute normalité, aux côtés des autres langues et cultures qui identifient Etats et nations ».

Cette officialisation de « .cat » s’est faite sous l’autorité de régulation de l’internet, implantée aux Etats-Unis, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). La reconnaissance américaine est un véritable coup de pouce favorisant les velléités d’indépendance de la Catalogne, mais aussi des territoires où la langue catalane et ses variantes s’épanouissent comme c’est le cas aux Iles Baléares, à Valence, une partie de l’Aragon, à Andorre, au Roussillon et dans la ville italienne d’Alguer.

Comme le souligne Oriol Ferran, secrétaire des télécommunications et société de l’information : « L’approbation du domaine est une reconnaissance de premier rang et d’une grande importance pour la langue et la culture catalanes, c’est un élément distinctif qui va s’accompagner d’une croissance de contenus en catalan sur le web ».

La France n’échappe pas au phénomène. En effet, la fête de l’Europe, le 9 mai 2006, a été l’occasion pour le Conseil régional d’Alsace de s’affranchir du « .fr » pour adopter le label européen « .eu ».

Le site institutionnel de la région Alsace est désormais : www.region-alsace.eu. Outre le fait que le Conseil régional alsacien traite directement avec Bruxelles, depuis 2003, pour la gestion des Fonds structurels sans passer par l’autorité politique française, cette province se défait sûrement de ses liens avec la France.

Ce processus contaminera les 21 autres régions françaises. Une délégation de présidents de régions sous l’égide d’Alain Rousset, président de l’Association des régions de France (l’ARF), s’est rendue à Bruxelles en avril 2006 afin d’obtenir les mêmes privilèges que l’Alsace dans le domaine de la gestion des Fonds. Le gouvernement français s’est opposé à cette mesure. Mais ne rêvons pas. Cette résistance à la texture du papier carton. Tôt ou tard, les régions obtiendront gain de cause et pourront court-circuiter à leur aise les vestiges de l’autorité politique française en obtenant la gestion de cette manne financière propre à attirer de nombreuses ambitions. Une fois la chose acquise, cela sera le retour au principe de la féodalité la plus pure.

Pierre Hillard

Animateur de la Commission

 

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