Nos grands médias français ont commencé, eux, à s’y intéresser.
Ils ne sont, hélas, nullement saisis par un engouement pour la souveraineté du Québec, pour la Francité ou pour la Francophonie. Ils sont plutôt mus par le désir de voler au secours du cher modèle social qui leur rappelle tellement celui de la France, notamment par le faible coût - pour les bénéficiaires - des services publics dans leur ensemble et, en l’occurrence, des études supérieures.
Peut-être (un peu) aussi parce que le "printemps érable" leur a paru, comme feu le "printemps arabe" auquel l’Empire et ses vassaux d’ « Occident » ne furent pas tout-à-fait étrangers, annoncer une remise en cause tant du système d’exploitation économique, dans le sens de ce que veut une partie de la gauche qui vient d’arriver au pouvoir en France avec le soutien massif de ces mêmes médias, que du modèle social libéral anglo-saxon, opposé à celui qu’ils continuent à vanter….
Les pouvoirs libéraux et fédéralistes en place à Ottawa comme dans la « vieille capitale » de l’ancienne Nouvelle France semblent d’ailleurs s’inquiéter sourdement. Le peuple québécois réputé « anesthésié » pourrait en effet comprendre que la soumission au fédéral lui est nuisible non seulement dans les domaines du modèle social étatiste, mais encore dans tous les domaines qui relèvent normalement de l’autorité propre d’un Etat.
Les indépendantistes minoritaires, quant à eux, se reprennent à rêver de « Québec un pays ».
Quoi qu’il en soit, pour les relations franco-québécoises, ces attitudes présentent un double avantage :
- celui de créer un pont médiatique entre les deux Nations ;
- celui de créer la "possibilité d’une solidarité" plus affirmée que ces dernières années, sinon entre les deux Etats, tous deux liés à l’Empire, du moins entre les « sociétés civiles » - et d’abord nous autres - au cas où les manifestations québécoises tourneraient à une affirmation plus "francophone et nationale".
En France comme ailleurs, des débats et émissions dans les médias commencent à être consacrés à la question du Québec.
En ce début d’été, des évènements s’y prêtent :
- le 18 juin, anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle en 1940, et premier anniversaire de la grande manifestation - très internationale - pour le français, la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l’Europe et du monde, qu’ Avenir de la langue française avait organisée le 18 juin 2011 au Panthéon et dans le Quartier latin, en y entraînant 43 autres associations et mouvements, avec une participation remarquée de souverainistes québécois avec leurs drapeaux et leurs pancartes ; des émissions de radio marqueront ces deux anniversaires
- le 24 juin, Saint-Jean et fête nationale du Québec ;
- le 22 juillet, le 45ème anniversaire du « Vive le Québec libre ! » lancé par le Général de Gaulle du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal ;
- du 2 au 6 juillet, le Forum international sur la langue française organisé à Québec par l’OIF et les deux gouvernements libéraux d’Ottawa et de Québec pour préparer le Sommet francophone d’octobre 2012 à Kinshasa ;
Dans ce Forum, les militants de nos associations françaises, parmi beaucoup de colloques et débats intéressants (voir le site http://www.programmation.forumfranc&hellip ; ) noteront :
- le « Marché aux idées » ;
- le débat sur le français au travail, avec la participation de notre compatriote et ami Jean-Loup Cuisiniez (du syndicat CFDT) ;
- la présence active du Pr François Grin, de l’Université de Genève, qui a réalisé, entre autres, de remarquables études sur les dizaines de milliards de dollars que vaut au monde anglo-saxon la prépondérance de plus en plus écrasante - sans cesse renforcée par les intéressés - de la langue anglaise dans le monde ;
- la présence de deux présidents d’associations françaises amies, M. Jean Guion, de l’Alliance francophone, et M. Daniel Miroux, membre d’ALF et de DLF, président de l’Alliance Champlain, sise à Nouméa (NC) ;
- la présence de cet autre ami très proche : M. Joël Broquet, Directeur du Carrefour des Acteurs sociaux (Paris) ;
- le 3 juillet, la table ronde « La diversité linguistique dans les organisations internationales multilatérales », animée par Dominique Hoppe et l’ancienne ministre, l’universitaire Louise Beaudoin ;
- le 4 juillet, la conférence-débat de Maître Jean-Claude Amboise, avocat de nos trois associations agréées AFAL, ALF, et DLF, sur la chanson en français dans le monde ;
En coïncidence heureuse et liaison avec le Forum :
- le 5 juillet, la Fête de la Langue de Molière, animée par M. Stéphane Rousseau, en ouverture du Festival d’Eté de Québec, évènement annuel récurrent, avec des comiques, slameurs, chanteurs venus de divers endroits de la Francophonie.
Hors de ce Forum, les participants au Forum eux-mêmes (qui ne le savent pas encore pour la plupart) et nous tous pouvons noter avec le plus vif intérêt que des associations et mouvements militants québécois organisent des manifestations médiatisées en « contre-point » destinées à poser plus largement le lien entre la langue française menacée là-bas comme ailleurs et le statut du Québec. Ainsi :
- le 2 juillet, Le Mouvement Québec français (MQF) de la Capitale-Nationale invite les organismes de la société civile québécoise qui ont pour mission la promotion et la défense du français à se rassembler pour souhaiter la bienvenue aux délégués du Forum mondial de la langue française et lancer un appel à la solidarité de la francophonie internationale.
12h00 : Rassemblement à la Place du Québec, suivi d’une marche jusqu’en face du Centre des Congrès où aura lieu le Forum mondial ; retour à la place Québec.
14h30 à 17h30 : Activités festives et interactives au Jardin Saint-Roch. Une grande tablée et un spectacle ; discours au retour de la marche ; kiosques avec les partenaires du MQF ; Conférences et lectures dans les salles de l’ÉNAP (Ecole nationale d’Administration publique) ; Ateliers ludiques et culturels pour enfants et adultes.
- le 2 juillet, parmi les tables rondes et débats à l’ENAP, deux grands militants : M. Gilles Rhéaume et Mme Marie-Mance Vallée, du Collectif Nationalité française, joints en l’occurrence à la SSJB (Société Saint-Jean-Baptiste, indépendantiste) et à l’Association des Patriotes de l’Amérique française, organisent une conférence sur la nationalité française, pour promouvoir la revendication de ceux des Québécois qui veulent se voir reconnaître la nationalité française. Pour plus d’information, s’adresser à : info@quebecfrancais.org et se reporter aux textes de Maître Néron, avocat de cette cause, publiés sur le site (section Histoire et Droit) : http://notrehistoire.net/histoire_d&hellip ;
L’ensemble des manifestations et festivités devrait constituer un moment fort de prise de conscience et de solidarité en Francophonie.
Nos associations françaises invitent tous les Français présents en juillet au Québec, particulièrement du 2 au 6 juillet dans la Capitale nationale, à saisir ensemble toutes les occasions de contacts, de solidarité et d’actions communes avec leurs homologues du Québec et des autres pays francophones qui auront fait le déplacement, et à prévoir le prolongement de leurs contacts et actions communes lors du Sommet francophone d’octobre 2012 à Kinshasa.
Albert Salon, président du FFI-France et d’Avenir de la langue française (ALF), administrateur de Droit de Comprendre, du Cercle Nation et République et du Forum pour la France.
