- coercition financière : dès la fin de novembre 1990 le Congrès des Etats-Unis adoptant une loi relative aux aides financières à l’étranger, loi qui spécifiait que Washington allait mettre un terme à ses relations commerciales avec la Yougoslavie, refuserait tout crédit et entendait que leurs élections, contrôlées par les Etats-Unis, fussent organisées dans chaque république formant la fédération yougoslave.
- Lancement d’une campagne de désinformation calomnieuse à l’encontre des Serbes afin de justifier les agissements futurs des deux associées.
- Blocus économique destiné à affaiblir la résistance de la population serbe, voire à l’opposer à ses dirigeants.
- campagne de MM. Kohl et Genscher pour amener leurs partenaires en Europe à souscrire au démantèlement de la Yougoslavie, en utilisant les clauses du récent traité de Maëstricht.
- Armer, par l’Allemagne, la fédération croato-musulmane mise sur pied par Washington pour combattre les Serbes.
- A Rambouillet, tendre un traquenard diplomatique aux exigences exorbitantes afin de reporter sur Belgrade la responsabilité du recours à la force.
- Bombarder la Serbie pour plonger ce pays dans état de délabrement profond en vue de lui imposer une dernière épreuve : faire admettre l’agression par ses victimes et les contraindre à s’en remettre à des dirigeants « complaisants », cela en achetant les consciences d’une population plongée dans la misère.
- En s’opposant à l’indépendance du Kosovo et à l’accentuation de l’émiettement des Balkans, si chère à Berlin, Belgrade s’est dressée pour dire non.
Tout en se disant les parangons de la vertu, les grandes démocraties occidentales ont prouvé en Yougoslavie, qu’en matière de mauvaise foi, de machiavélisme, de cynisme et de brutalité, elles n’avaient pas de leçon à recevoir des autocraties, mais qu’elles étaient en mesure de leur en donner.
Pierre Gallois
Paris, 28 mars 2007
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