- Il n’y a pas de tension particulière, ni d’appréhension, à Tel-Aviv ou à Jérusalem mais les gens vivent au jour le jour. La sécurité existe mais ne se voit pas trop. La construction du mur de séparation avec les palestiniens, tant décrié par la communauté internationale a considérablement réduit le nombre des attentats. Il leur est donc indispensable. Il n’y a pas de forces de police ou des militaires visibles qui croisent dans les rues, du moins pas plus qu’à Paris, et même moins. Les touristes et les vacanciers du monde entier sont très nombreux. Les contrôles dans le principal aéroport du pays m’ont paru moins contraignants que dans les aéroports en France ou en Europe. Ainsi j’ai pu passer sans problème une bouteille de Whisky de 1 litre. On n’a pas fait passer de détecteur sur mes vêtements, ni sur ceux de ma femme, à Ben Gourion, comme on le fait à CDG. Il y a seulement des couloirs de passage à respecter, des questions auxquelles il faut répondre, et des tapis où il faut déposer ses bagages, et ceux-ci traversent des détecteurs. Il faut compter 1/4 d’heure de patience aux heures d’affluence.
- La 2ème guerre du Liban n’a eu aucun effet sur l’économie à terme, au contraire. L’économie du pays est aujourd’hui florissante. La croissance a été de 5 % en 2006 et aujourd’hui pour le premier semestre de 2007, il en est de même. Un excédent commercial important a été dégagé pour la première fois cette année. Il y a eu un recul de l’agriculture, quoiqu’il existe un plan de développement du désert du Néguev, où j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de verdure avec des plantations et des serres de légumes et d’agrumes. Il y a aussi un recul de l’industrie au profit des nouvelles technologies. Ce sont donc celles-ci qui ont fait démarrer l’économie. Aujourd’hui Il y a de plus en plus de millionnaires et de milliardaires en dollars. Le dollar par contre n’a jamais été aussi bas.
- Sur le plan politique l’opinion publique est lasse et désenchantée, un peu comme en France naguère. Les gens pensent qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre les hommes ou le parti au pouvoir, ni dans la politique qu’ils mèneront. Leur marge de manœuvre reste limitée. Si Olmert est critiqué à cause de la corruption au sein du gouvernement, Barak ou Netanyahu ne feraient pas mieux. Les gens pensent qu’il faut d’abord et toujours régler les problèmes de sécurité, puis trouver un interlocuteur sérieux. Ni le Fatah (faiblesse et corruption) ni le Hamas (sectaire, et entretenu par les iraniens) ne font le poids pour le moment, ni ne représentent des interlocuteurs valables. On a par contre une très bonne opinion de Nicolas Sarkozy. « Il nous faudrait quelqu’un comme lui », ais-je entendu.
- Israël est une démocratie, une des rares du moyen et du proche Orient. Je me suis laissé dire qu’une des causes principales de la haine qu’on lui porte et de la guerre qui n’en finit pas, c’est qu’en Orient on n’aime pas la démocratie. Israël est un Etat juif, mais pas seulement, et qui accepte tout le monde sur son territoire. Il y a des druzes, des arabes israéliens etc. des non juifs, qui ont la nationalité israélienne. Personne ne les persécute. Il y a aussi des mosquées, et des églises chrétiennes. Les communautés vivent en général en bonne intelligence. J’ai été surpris du développement considérable de la langue russe devenue la 3ème langue parlée du pays. 30 % de la population de Tel-Aviv parle le Russe ! Beaucoup parlent l’Anglais, et de moins nombreux parlent le Français, mais il y en a. Ce qui pourrait poser aussi un problème d’identité car la langue officielle est l’Hébreu, mais cette question n’est pas ressentie pour le moment.
- On reproche à Israël de ne pas faire assez de concessions aux Palestiniens, mais ceux-ci n’en font guère, et des factions plus ou moins téléguidées par le Fatah aussi bien que par le Hamas, poursuivent un terrorisme aveugle, souvent dirigé contre des civils. Alors que les répliques d’Israël sont ciblées, essentiellement sur des combattants. Un aphorisme m’a paru assez juste : « Si Israël prend les armes c’est la paix, mais si Israël les pose c’est la guerre ».
- Les gens pensent qu’une paix avec les Palestiniens est indispensable. Ils sont donc favorables à des accords, car "ils en ont assez de cette situation". Comme le dit Tsipi Livni, Ministre des affaires étrangères, il faut une paix pour deux pays, Israël et la Palestine. La paix serait d’ailleurs le meilleur service à rendre à toute la région. Une fois la paix signée et réellement acquise, l’avance considérable du développement économique, technologique démocratique de l’état d’Israël peut avoir des retombées très favorables au développement des pays voisins. Mais l’opinion est très pessimiste sur les chances d’aboutir.
Dr J. Petroussenko
