Nous traversons la plus grave crise financière que le monde n’ait jamais connue. Nous sommes passés à deux doigts d’une catastrophe planétaire. Le Forum pour la France a favorisé la compréhension des éléments de cette crise, nos travaux ont été salués, mais nous n’avons vu et annoncé, que ce que certains experts avaient vu, mais pas assez annoncé.
Nous accusons, sans erreur possible, ceux qui savaient, mais n’ont rien dit, uniquement pour protéger de cette situation, ceux de leur camp. La preuve, la première baisse de la bourse des valeurs a été aussitôt suivie par la hausse du prix des matières premières à la bourse des marchandises – L’argent est donc bien allé de l’une à l’autre de ces bourses, nous payons aujourd’hui la baisse de l’une, nous avons payé la hausse de l’autre, les spéculateurs ayant, grâce à ce délit d’initiés, changé, leur fusil d’épaule, nous sommes condamnés à payer, leurs errements et leur égoïsme.
M. Philippe Bourcier de Carbon m’a envoyé des extraits des travaux du Prix Nobel d’économie Maurice Allais, qui l’année dernière au téléphone m’avait déjà fait comprendre que ce que nous avions annoncé ici était exact. Monsieur Allais avait tout dit à Paul Fabra, il y a plus de 1O ans, la seule chose, les chiffres tournent tellement vite qu’il faut avoir le courage de les modifier au crayon, les effacer à nouveau et les réécrire en y ajoutant un certain nombre de zéros chaque année. C’est tout.
Un exemple : il y a une dizaine de jours j’interrogeais Monsieur Hubert Védrine sur la Chine :
« Monsieur le ministre, début août, avant les vacances, la Chine détenait 1500 milliards de dollars de réserves de change, 3 semaines après, elle en détenait 1800 », et bien depuis cette rencontre avec l’ancien ministre, la Chine possède plus de
2000 milliards de dollars de réserves de change.
Peut-on se rendre compte de ce que représente 500 milliards de dollars accumulés en 10 semaines, alors que le gouvernement de notre nation en cherche désespérément 3 pour financer le RSA, ou un Porte avions à propulsion nucléaire dont nous avons immensément besoin pour survivre dans ce monde incertain.
Que l’ampleur de la crise ait dépassé les analystes, d’accord, car comment ne pas être dépassés lorsque les volumes eux dépassent l’imagination. Mais comment ses évolutions peuvent-elles être suivies par nos concitoyens, lorsqu’une large partie d’entre eux vit encore, avec dans12 la tête, un système financier disparu bien avant leur naissance et lorsqu’il leur faut constater que la monnaie est devenue une marchandise comme les autres et qu’elle a abandonné son statut de valeur, voir même de sacré, ce qui est pourtant contraire à l’instruction religieuse que la plupart d’entre nous ont reçue.
Cette crise, était donc prévisible, mais d’autres crises arrivent dans beaucoup d’autres domaines et prévisibles elles aussi, alors qu’il semble qu’une fois de plus, personne n’en tienne compte :
il faut bien l’intégrer, nous sommes en rupture de ban avec notre passé.
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