L’inquietante conception de la Laicite de N. Sarkozy par E. Tarride
Sans rien enlever à mon habituelle et sympathique proximité de vues avec Etienne Tarride, je dois dire mon désaccord avec les idées exprimées dans ce document.
Si j’ai eu la chance de découvrir de Gaulle au pouvoir avec un enthousiasme juvénile, puis de le lire et de m’imprégner de sa fulgurante pensée, de tenter de pénétrer son génie protéiforme, j’hésite souvent à l’invoquer à l’appui de mes idées, car personne ne peut dire ce qu’il ferait aujourd’hui face à ce mondialisme atlantique éffréné destructeur des patries, sauf à dire bien sûr qu’il s’y opposerait au nom de l’Indépendance de la France et des autres nations, tant il a passé son temps à surprendre ses proches par ses vues et décisions prémonitoires qui laissaient le monde ébahi par sa clairvoyance et son audace, mais je suis pourtant certain en l’occurence que "les origines chrétiennes de la France" étaient pour lui une réalité historique incontournable.
Sa " certaine idée de la France " ne commencait pas avec la Révolution et la République, qu’il intégrait totalement dans notre patrimoine historique, mais avec la naissance du royaume Franc, voire avec le premier résistant Vercingétorix, il y a deux mille ans et tous les rois qui ont fait notre pays avec ténacité et même acharnement.
Le discours du Latran est d’une belle tenue et la référence juste, sans doute écrit par un intellectuel de qualité mais ce n’est que de la poudre aux yeux, encore une fois, "un effet d’annonce" pour séduire une Droite arc-boutée dans ses chimères et qui, une fois encore, ne sera pas concrétisé, ni dans sa politique intérieure, ni surtout dans sa politique européenne.Je n’y accorde donc pas d’importance quand je vois la désolante et vulgaire façon dont se comporte celui qui a l’honneur de représenter un des plus vieux pays de monde, en permanente contradiction avec ses paroles, sauf hélas ! dans son accompagnement des méfaits de l’administration américaine actuelle.
Nier " les origines chrétiennes de la France ", c’est nier l’Histoire de France, c’est faire du négationisme et je pourrais citer mille écrits du Général attestant de cette simple réalité, sans polémique, sans regret ou satisfaction. La laïcité de 1880 et de 1905 est un fait qui, à l’usage, a réconcilié la France avec ses guerres de religion et l’a mise de plain pied dans l’époque moderne en l’adaptant aux nouvelles moeurs, même si ses thuriféraires initiaux et ses promoteurs la pensait de façon polémique.
L’expérience a prouvé son bienfait pour tous les cultes et notamment le chrétien : je suis, pour ma part, opposé à son abrogation que certains réclament car elle peut très bien régler de la même façon les relations de l’Islam, absent lors de sa conception, avec l’Etat, avec peut-être des amendements mineurs.Cette séparation de l’Eglise et de l’Etat est positive, rappelle l’évangile (" laissez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ") et n’interdit pas aux politiques, et notamment aux chefs d’Etat d’avoir une vision et des pratiques religieuses.L’administration qui sert l’Etat doit se montrer d’une totale neutralité dans ses rapports avec les citoyens et elle le fait bien, sans hostilité aucune à l’égard de quelconques croyants.
Alain Corvez