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L’A.FR.AV
Fraternité, Solidarité, Coopération entre les francophones du monde entier.
Commission Education Nationale
L’éducation nationale : quel projet ?
par Pascal Naizot
vendredi 16 juin 2006
par admin
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La commission « pour une éducation nationale » du Forum pour la France est au travail.

Des personnalités éminentes en font maintenant partie (je pense au Prince Charles-Philippe d’Orléans ou au Professeur Jean-Nicolas Corvisier), d’autres personnalités lui sont associées et participent à ses travaux (Monsieur Albert Salon, ancien ambassadeur, qui s’occupe de la Langue française et de la Francophonie, avec lesquelles l’éducation nationale a tant d’affinités ou Monsieur le Professeur Lucien Israël qui doit, sur certains points, nous éclairer de sa science).

La commission a ponctuellement participé au suivi de l’actualité : par le compte-rendu et l’analyse d’un colloque qui a eu lieu à la Sorbonne sur les IUFM, par un document qui vient d’être distribué commentant le rapport Thélot

MAIS, conformément aux missions qu’Henri Fouquereau dessine pour le Forum pour la France, elle a tenté d’aller plus loin, en réfléchissant aux principes d’une éducation vraiment nationale. Il ne s’agit en aucune façon d’être novateur. D’un certain point de vue, nous serons mieux que cela : révolutionnaires.

Tout projet d’éducation nationale se doit d’abord de transmettre le savoir, en tant qu’il est, selon la formule de Jean-Pierre Chevènement « bon en soi ». Contre l’obscurantisme, il apporte la « lumière » ; contre les idéologies, il permet l’esprit critique. Contribuant à construire l’identité de chaque personne, il contribue surtout à former des hommes libres.

Aussi faudra-t-il, au-delà du savoir lui-même, transmettre en même temps l’amour du savoir : cette impulsion qui donne l’envie d’en savoir toujours plus. On pourra escompter de cela, plus tard, au moment où certains s’engageront dans la voie de la recherche, qu’ils auront le désir d’augmenter le champ de la connaissance.

L’amour seul ne contribuera pas seul à l’acquisition du savoir. Il faudra sans doute que l’éducation nationale rende aux jeunes Français la mémoire, la rigueur, le goût de l’effort, la concentration, sans quoi rien n’est possible.

La mémoire est sans doute aussi présente dans la deuxième exigence qui appartient, nous semble-t-il, en propre à un projet d’éducation « pour la France ».

L’éducation nationale se doit de transmettre de nouveau l’héritage de notre civilisation millénaire : la civilisation française.

Cette civilisation est d’abord portée par une langue, le français, notre héritage commun, qui doit de nouveau être étudiée de manière approfondie. Ce doit être une priorité nationale. Le français, assurément, peut être une précieuse langue de communication ; il est aussi et surtout une langue de culture, celle de grandes oeuvres de l’esprit, celle de nos grands auteurs. On a pu récemment mettre le Gargantua de Rabelais au programme de grands concours scientifiques, dans une version bilingue (français-français). Cela ne doit plus arriver.

La civilisation française a produit des oeuvres plastiques ou musicales (peinture, sculpture, architecture, musique). Elles aussi doivent être partagées.

Notre héritage est aussi celui d’une histoire millénaire qui doit de nouveau être apprise et sue par tous les Français. De manière approfondie. Dans un esprit de réconciliation nationale.

Depuis plus de trente ans, les mots qui portent les valeurs de la France ont été dévoyés, au point qu’on n’ose plus les prononcer. Je risque de les faire retentir ici, parce que nous sommes réunis dans un Forum « pour la France ».

Transmettre l’héritage français, c’est en fait transmettre un héritage fondamentalement humaniste. Dans un monde de plus en plus souvent voué à la marchandise, dans un monde qui voue l’homme lui-même à devenir un consommateur, un homo economicus, cet héritage peut contribuer un précieux antidote. Contre l’homo economicus, préconisons l’homo sapiens sapiens, en quelque sorte !

Transmettre l’héritage français, c’est aussi inscrire chaque jeune Français dans ce que l’on a appelé autrefois une tradition. Il faut oser de nouveau revendiquer cela. La tradition en aucun cas n’est liée à une servitude : elle relie l’homme du présent à l’homme du passé. En regardant cela de près, la tradition autorise elle-même toutes les modifications qui lui seront apportées. Il s’agit de faire de chaque personne humaine un homme civilisé.

Savoir, tradition, civilisation. Des notions qui autrefois recelaient en elles-mêmes des valeurs positives et qui ont été galvaudées, au point d’être méprisées. C’est d’autant plus regrettable qu’eux seuls peuvent donner un sens plein à ce que doit être, selon nous, une éducation véritablement « nationale ».

La notion même de « civilisation » implique que l’individu humain ne vit pas isolé : il est membre d’une cité. Un éducation digne de ce nom doit transmettre un certain nombre de valeurs liées à ce que l’on appelle, légitimement, la citoyenneté. Ces valeurs politiques ne sont que la conséquence d’un humanisme français bien compris.

La citoyenneté , Liberté mais pas la licence :

  • être libre c’est ne pas être esclave des autres : aujourd’hui, ne pas être esclave d’un monde marchand ; le citoyen n’est pas un consommateur
  • être libre c’est aussi ne pas être esclave de soi-même : nécessité d’une éducation morale (vertus cardinales : tempérance, courage, justice, prudence)

Egalité mais pas égalitarisme

  • égalité des chances : assurer une véritable promotion sociale ; attention donnée aux plus fragiles socialement
  • l’égalité suppose aussi la promotioin de l’excellence : élitisme républicain (Chevènement)

Fraternité, mais pas convivialité entre des communautés

  • laïcité et neutralité : respect de la France dans sa diversité religieuse et idéologique ; cela suppose réconciliation à l’école entre France républicaine et France monarchique (mais pas pour rétablir la monarchie…), entre France laïque et France religieuse (mais pas pour propager la foi !) ; tolérance mais pas laxisme (pas de liberté pour les ennemis de la liberté)
  • solidarité : souder la communauté politique (générations, milieux sociaux)

Transition 2 : un principe commun (instruction, éducation à la citoyenneté) : faire aimer la France ; mais aussi ouverture bien comprise

Ouverture au monde (tradition universaliste de la France)

  • géopolitique : prise de conscience des intérêts de la France
  • Francophonie : partage d’une langue, mais cultures diverses ; identité française forte au service d’un vrai dialogue avec l’autre (sans se dénaturer, pour s’enrichir)

Conclusion

  • retour au titre de l’allocution : quel projet ? un projet « pour la France » indépendante et souveraine, forte de sa tradition humaniste et universaliste
  • quel projet ? la question ouvre un débat ; la commission a fait quelques propositions : elles doivent être commentées
  • la commission ne s’occupe pas que de matières théoriques (des principes) : elle oeuvre concrètement (Jean-Nicolas Corvisier)
 

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Messages de forum :
L’éducation nationale : quel projet ?
lundi 19 février 2007
par  Secrétaire National de France Bonapartiste

L’école, avec sa mission d’instruction et de transmission du savoir, est un ferment d’unité nationale, de promotion sociale, d’apprentissage. Elle doit contribuer à casser les frontières sociales et à faire sortir de tous les milieux les plus performants tout en mettant le plus d’atouts possible entre les mains à tous.

Lire, écrire, compter, voilà les savoirs fondamentaux que tous devraient métriser à la sortie de l’école primaire mais, d’après les estimations les plus courantes, jusqu’à 30% des élèves entrant en 6ème ne les ont pas acquis correctement. Il est tout aussi avéré qu’il existe un écart flagrant entre les milieux favorisés, les milieux « ouvriers » ou sans activités et/ou issue de l’immigration dans cette métrise des savoirs. La carte scolaire, à la quelle peuvent échapper avec un peu trop de facilité les catégories aisées ou bien informées (comme celle des professeurs eux-mêmes), en concentrant dans les mêmes établissements les élèves de même niveau ne permet pas de combler le fossé. L’origine sociale pèse de plus en plus lourd dans le niveau des études, l’égalité et la méritocratie qui en découle, sont donc biaisées d’entrée.

Tous les élèves doivent acquérir à l’école des connaissances fondamentales et une culture commune, il convient d’être attentif à la nature de chacun, notamment dans les plus « petites » classes, à l’âge où les diversités sont les plus accusées. Personne ne doit manquer l’apprentissage dispensé par les écoles maternelles et élémentaires. Les élèves plus difficiles à intégrer doivent faire l’objet de dispositions particulières, voire de structures spécifiques tout comme les plus aptes doivent pouvoir être en mesure de s’affirmer dans un milieu favorable loin de la pression de certains et parfois d’une situation familiale dure.

Il faut créer des bourses d’internats, attribuées en fonction des mérites scolaires, servant pour corriger les inégalités sociales souvent renforcées par des concentrations excessives d’enfants en situation difficile. Ces "placements" en internat, servirons aussi à donner une structure plus cadrée à certains élèves en difficultés et leur permettre de se réinvestir dans le domaine scolaire. Ces internats contribueront aussi à corriger les fortes inégalités géographiques qui demeurent dans l’offre éducative des territoires.

Les priorités de l’école primaire doivent rester la lecture, l’écriture, les bases d’arithmétiques, la francophonie, l’instruction civique, l’histoire de France et le sport. Il faut aussi créer des classes de fin d’études primaires afin de mettre à niveau les élèves ne possédant pas les savoirs fondamentaux. Afin de pallier les différences de niveaux pouvant exister en fin de CM2 et ne pas envoyer au collège des enfants ne possédant pas tous les savoirs fondamentaux, il faudra avoir la possibilité d’instaurer des classes de fin d’études primaires afin de les mettre à niveau.

A compter du collège, nous voulons diversifier les cursus scolaires afin que chacun puisse suivre la voie correspondant à ses goûts et capacités. Il faut aller vers l’instauration de filières différenciées (générale, technique et professionnelle). Il faut aussi réintroduire la notion de groupe de niveaux au sein de chaque classe ou groupe de classes avec des passerelles entre chacun d’entre eux afin de stimuler et d’encourager l’effort.

Nous proposons de développer les filières d’enseignement professionnel mais aussi d’instaurer des études professionnelles en alternance pour que ces filières bénéficient du prestige et de l’attrait que méritent les métiers manuels. Il est patent qu’il existe actuellement une trop grande inadéquation entre la formation à l’école et la vie active de nombreux jeunes. Cet état de fait aggrave la situation des 15-25 ans face au chômage (sans oublier qu’environ cent mille élèves sortent chaque année du système scolaire sans aucune formation professionnelle).

L’objectif ne doit pas nécessairement être d’amener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat (actuellement autour de 68%) mais de renforcer les connaissances de base en priorité puis d’assurer un apprentissage, une instruction, une formation, théorique ou pratique et un débouché professionnel pour chacun.

Ces nouveaux parcours auront comme parallèles l’ouverture des grandes écoles aux meilleurs éléments de chaque filière afin d’assurer l’excellence. La pluralité des élites serait ainsi renforcée, tant dans la nature de la formation qu’eu égard aux origines sociales. L’idée est d’instaurer des passerelles, à tous les niveaux, entre les filières afin d’éviter l’exclusion par la hiérarchisation est une priorité.

La mise en place de ces nouvelles orientations, pour le primaire et le collège, doit passer par une meilleure affectation des moyens, en crédit comme en personnel. Par des incitations attrayantes – sur leur carrière ou sur leur rémunération – il serait bon que les meilleurs enseignants soient enclins à travailler sur l’ensemble du territoire et non simplement dans des établissements de « prestiges » de certaines grandes villes. Nous pensons aussi qu’il serait bienvenue de recruter des enseignants à temps plein et partiel qui ont une expérience professionnelle, notamment des cadres et des techniciens de plus de 50 ans en aménageant les systèmes de retraite en conséquence. Cela serait particulièrement justifié pour les disciplines techniques, la gestion et les langues.

Les effectifs des classes seront réduits (ce qui sera favorisé par la diminution constatée des générations présentes). Une attention particulière sera portée aux écoles dans les milieux ruraux qui, au même titre que les autres services publics, participent à l’aménagement du territoire.

Enfin, nous préconisons l’entretien de meilleures relations entre les enseignants et les parents d’élèves sans lesquels aucune éducation ne peut aboutir convenablement. L’école et la famille sont complémentaires. L’école devrait plus tenir compte des inégalités sociales de départ pour les corriger par une plus grande sensibilisation des parents sur les filières, les capacités et les lacunes de leurs enfants.




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