FORUM POUR LA FRANCE - Pour le retour à l’Indépendance et à la Souveraineté de la France
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Quelles sont les attentes présentes de nos voisins du nord ?
L’éclatement de la Belgique : quelle attitude pour la France ? par Albert Salon
Mais quelle France doit (peut ?…) réagir, et comment ?
samedi 19 juillet 2008
par Albert Salon
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L’accélération des évolutions politiques en Belgique requiert un intérêt fortement accru de la part de « la France ». A condition de bien préciser de quelle France il s’agit. Mais d’abord, l’attitude de notre pays doit se fonder, au-delà des faits connus, sur les mouvements des esprits à l’intérieur de l’actuel Royaume.

1) Quelles sont les attentes présentes de nos voisins du nord ? :

  • une grande espérance chez une forte majorité de Flamands en Flandre (et certains des Flamands très minoritaires à Bruxelles) qui voient fortement croître les chances de constituer l’Etat flamand de leurs vœux, indépendant, débarrassé du Roi et surtout des Wallons, le seul grand problème à leurs yeux restant Bruxelles (ville et région « en Flandre ») et les Bruxellois (qui restent à environ 90% francophones) ;
  • une relative indifférence des quelque 70.000 germanophones prêts à garder leur statut actuel d’autonomie dans une Belgique qui survivrait sous quelque forme, ou à se joindre à un voisin de l’Est : soit (surtout au sud, St Vith) au Luxembourg, soit (surtout au nord, Eupen) à l’Allemagne qui, elle, manifeste de l’intérêt pour eux tous depuis des années, comme à d’autres régions voisines plus ou moins germanophones ;
  • une attente et une espérance chez une minorité de Wallons et de Bruxellois républicains qui hésitent (dans leurs consciences collectives et individuelles) entre la constitution d’une Belgique résiduelle (« Wallo-Brux » ?) ou d’une Wallonie indépendante, et un rapprochement-réunion sous quelque forme à déterminer et négocier avec la France ;
  • une sorte de « désespérance » reste l’état d’esprit des seuls « belgicains » attachés à ce qu’il reste de l’ « unité » du pays, notamment de la Royauté et de la solidarité inter-régionale (Sécurité sociale), et qui voudraient bien croire pérenne la Belgique de Pirenne, habitués-attachés qu’ils sont à l’histoire vécue en commun pendant 178 ans ; ces belgicains, dans l’ensemble de l’actuelle Belgique, ne sont peut-être qu’une grosse minorité, qui peut fondre assez vite en fonction des évolutions prévisibles ; ces belgicains, grosse minorité dans toute la Belgique, sont encore en très forte majorité à Bruxelles et en majorité confortable en Wallonie.

Voilà des éléments divers dont la France doit tenir compte.

2) Mais quelle France doit (peut ?…) réagir, et comment ?

  • La France officielle ?

On voit mal le Président et le Gouvernement actuels, a fortiori pendant la présidence française du Conseil européen, accomplir une démarche publique, ne fût-ce qu’en rappelant l’article 88 de notre Constitution qui ouvre la voie à des accords d’association. Un tel geste pourrait sans doute émaner d’un Etat souverain, que nous rêvons fort et gaullien ?

Voire !

En effet, il me paraît plus avisé que notre France officielle se tienne à l’écart de cette lutte gigantesque dont nos voisins veulent presque tous être les seuls acteurs et arbitres.

Seuls des Wallons réunionnistes – que l’on appelle de moins en moins « rattachistes » – encore très minoritaires, souhaitent une ingérence publique de l’Etat français. Et encore : pas tous !

Il est bien préférable qu’une solution de rapprochement-réunion, quelle qu’en soit la forme : Etat wallon indépendant avec traité d’étroite alliance, confédération, fédération, ou intégration comme régions(s) (très) autonome(s), finisse par être vraiment sciemment voulue par une forte majorité des principaux intéressés. Elle sera d’autant plus solide et durable.

Elle sera d’autant moins contestable tant dans ce qui est encore la Belgique qu’aux Pays-Bas, en Allemagne, et dans le reste de l’Europe.

Elle sera d’autant plus stimulante pour les Français eux-mêmes, en (nécessaire !…) regain de fierté et ragaillardis pour avoir été choisis.

Elle permettra d’établir avec la Flandre (indépendante ou – moins vraisemblablement – (con)fédérée avec les Pays-Bas) des relations inter-étatiques plus sereines, nécessaires et potentiellement fructueuses, notamment sur les plans économique et culturel, y compris pour y mieux défendre la place du français dont les flamingants veulent aujourd’hui purifier leur pays…

Elle nous permettra de garder intactes, au sec, nos cartouches contre la conception ethniciste de la Nation que l’Allemagne et d’autres pays pourront nous opposer un jour à notre détriment si nous invoquons officiellement aujourd’hui la vieille parenté quasi ethnique avec cette partie nord de l’ancienne « Gaule belgique ».

Car les efforts de ces pays sont constants en faveur des régionalismes qui les arrangent et de l’implosion de cette France parangon d’« Etat-Nation-République », « Royaume » décidément gênant car toujours dressé contre les empires. La « vraie France » se dresse en effet aujourd’hui contre le nouveau « Saint-Empire américain de nations germaniques », avatar-synthèse des anciens réseaux vikings, des domaines des chevaliers teutoniques, de la grande Hanse, du Saint-Empire romain-germanique, de l’Empire des Habsbourg, voire de l’Empire britannique au temps de sa splendeur et de sa plus grande influence sur le continent européen…

Car, pour eux, dans le cas de la capitale belge, voir arriver la France à Bruxelles (dans une hypothèse hasardeuse !) serait non plus le fameux « Anvers française : un pistolet braqué sur le cœur de l’Angleterre », mais la bombe d’une Bruxelles française placée sous un véhicule vital de l’Empire, un défi insupportable à la conception ethniciste impériale et à cette Union européenne au service du Saint-Empire.

Gardons Strasbourg, Froeschwiller et Colmar à l’abri des canonnades.

  • C’est donc à la France non-officielle d’agir, de lancer les signaux forts attendus par des Français patriotes, des Wallons réunionnistes et, peut-être, des hésitants. Ce peut être l’affaire de tels partis politiques, d’abord des « souverainistes » ou patriotes de divers bords.

Cela devrait, du reste, faire l’objet d’une concertation entre ceux-ci : organisons-la sérieusement au plus tôt !

Affaire aussi de diverses associations, cercles et laboratoires de pensée et de réflexion stratégique et politique que nous pouvons inviter à se saisir de cette question.

Avec tous les contenus possibles et imaginables d’encouragement et de promesses d’appui, de colloques et congrès transfrontière, de manifestations diverses, de publications en commun dans les média et en librairie, ainsi que sur la Toile.

Mais avec une relative discrétion, et en invoquant beaucoup plus l’histoire commune, et les mouvements des personnes et de l’économie, que l’ethnie ou la « race » qui n’ont guère de sens chez nous, au nord comme au sud.

Et en continuant surtout à préparer l’opinion française à comprendre et à accepter ces importants changements (a fortiori s’il y a demande officielle wallonne de réunion à la France, car il faudra organiser un référendum aussi chez nous, qu’il serait fort dommage de perdre !…).

3) Dans nos communiqués et argumentaires, il faudrait en tout cas rappeler avec insistance que :

  • La Belgique a été longtemps vantée aux Français comme un modèle d’Union européenne, d’une Europe harmonieuse en réduction ; la réussite de la Belgique était liée à la réussite de l’Union, et réciproquement. Bruxelles n’était-elle pas présentée comme la capitale naturelle des deux ?…
  • On voit bien dans cet éventuel naufrage de la nef belge que forcer des nations fort différentes à former artificiellement « un nouveau peuple » (« élire un nouveau peuple » selon Bert Brecht…) n’est pas la bonne méthode.
  • Le probable éclatement de notre voisin du nord est un symbole et une préfiguration de l’implosion de l’actuelle « Union européenne ».
  • Tout cela s’inscrit dans le présent retour du droit des vraies nations, y compris des plus grandes et des plus anciennes, à exercer leur souveraineté, à éviter leur implosion, à forger leur destin, à s’entourer de leurs proches, et à choisir leurs amis.

Et s’il y avait une concertation large entre nous tous à ce sujet ? En septembre ?

Bien cordialement.

Albert Salon, ancien Ambassadeur.

 
Post Scriptum :
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