Il existe un premier frein culturel lié au partage et à la valorisation de l’information. Nous sommes en effet, un pays du secret du fait de la rétention de l’information. L’information circule assez mal et nous y contribuons du fait de la centralisation de l’information et de la distance hiérarchique trop importante. Ceci a pour conséquence une mauvaise transmission de l’information. Cela est d’autant plus accentué par des défauts de coordination, de direction et de gestion désordonnée des connaissances. Egalement, la complexité des structures administratives rend plus compliquées les réformes et les actions des politiques. Ainsi, en France tous les systèmes sont enchevêtrés les uns aux autres rendant compliqués toutes les actions.
Il existe un deuxième frein culturel lié notamment à la formation. En effet, il n’existe pas une grande cohérence de l’enseignement de l’intelligence économique en France d’où une absence de transmission efficace de la « culture » d’intelligence économique. Le référentiel a eu pour objectif de résoudre ce problème important. Mais cela va prendre du temps.
Il existe un troisième frein culturel qui est celui lié au manque extrême de sensibilisation. L’intelligence économique engendre souvent des réticences par ignorance car l’intelligence économique (IE) n’est pas encore ancrée dans les esprits. De plus, les médias n’en parlent pas assez comme ils devraient le faire. Ce manque d’appropriation par les citoyens est donc malheureusement compréhensible. Ce manque a des conséquences néfastes car par exemple, les Français n’intègrent pas de façon collective que l’information se trouve aujourd’hui au cœur de la performance par exemple, des entreprises et des territoires. De plus, la plupart des PME n’ont pas aussi conscience de son utilité. D’où l’absence de sa maîtrise par les PME car leurs dirigeants pensent que ce ne sont que les grandes entreprises qui en nécessitent.
Enfin, il y a aussi des freins culturels liés à la langue et aux approches de l’intelligence économique (IE). Il existe en France des contraintes liées au sens des mots. Nous avons encore trop de perceptions de l’IE. Nous en avons une conception trop floue et vaste. Cela peut donc amener à de nombreux débats interminables. Il faut expliquer précisément et avec simplicité le terme d’IE pour qu’il parle à tout le monde et pour limiter les discussions sur le sens même de ce terme et sur les sens des autres termes qui lui sont associés. On se méfie aussi trop de l’IE que l’on associe souvent à l’espionnage d’où un problème lié encore au sens.
Pour en finir avec la plupart de ces insupportables freins, un Haut responsable chargé de l’intelligence économique a été nommé depuis quelques années. Son travail est essentiel pour l’avenir même de notre pays.
Thibault NIVIERE
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