L’évolution du monde et de l’Union européenne vers toujours plus de libre-échange dans le cadre d’un système monétaire international fondamentalement instable de taux de change flottants.
Vous savez comme moi que :
- depuis le lancement du GATT en 1948 et plus encore depuis sa transformation en OMC en 1995 visant à instaurer sous la pression des Etats-Unis et des entreprises transnationales l’ouverture totale des marchés et le laisser-faire mondialisé pour leur plus grand profit ;
- depuis la cessation américaine de la convertibilité du dollar en or de 1971 ayant pour conséquence l’établissement d’un système de taux de change flottants sans étalon monétaire stable de référence permettant toutes les manipulations ;
- depuis l’effondrement du Mur de Berlin et de l’Union soviétique en 1989-1990 sonnant le glas du socialisme et de l’étatisme (ce qui fut positif) mais aussi (ce qui ne le fut pas du tout) de l’équilibre du monde entre deux super-puissances qui se dissuadant mutuellement ne pouvaient ni l’une ni l’autre imposer leur hégémonie unilatérale, le monde a été conditionné par l’idéologie ultra-libérale issue du modèle économico-politique américain dominant qui ne souffre plus de contestation. A l’exception de celle d’alter-mondialistes marginaux, parfois inspirés par des thèses généreuses mais en réalité en panne de solutions effectives, ou de socialistes-révolutionnaires, nostalgiques de modèles étatistes qui ont échoué, puisque les vrais libéraux semblent avoir disparu.
Cette idéologie ultra-libérale, une déviation mortelle pour la stabilité des Etats-nations et l’expression démocratique de leurs citoyens qui ne peut prendre place qu’en leur sein, est organisée autour de la croyance dans la fausse théorie de « l’information pure et parfaite » des agents économiques, alors qu’ils n’évoluent jamais dans le monde imaginaire auquel on veut nous faire croire de marchés parfaitement transparents, purs, neutres et efficients. Elle débouche sur :
- 1/ le mythe de « la concurrence libre et non faussée » que le projet de traité constitutionnel européen qui a heureusement été rejeté par les peuples français et hollandais visait à sacraliser,
- 2/ le libre-échange mondialisé de toutes les productions et de tous les services sans exception que l’on est en train de réaliser sans tenir compte de la volonté des peuples,
- 3/ le règne du marché supposé « autorégulateur », comme valeurs suprêmes des comportements individuels et collectifs, toute forme d’intervention étatique nationale étant rejetée parce que supposée empêcher les équilibres dits « naturels » de s’opérer.
Sans oublier la création de valeur au bénéfice des seuls actionnaires (en Anglais « shareholder value ») qui, exigeant des taux de rendement de leur capital très supérieurs aux taux de croissance possibles des économies, captent l’essentiel des profits (les revenus réels du travail étant en forte chute par rapport à ceux du capital par ailleurs de moins en moins taxés) et la libre circulation des capitaux dans le cadre de taux de change flottants, supposées diffuser la prospérité dans le monde. Alors qu’elles ne créent que de nouvelles inégalités et tensions. Je vous rappelle que 4,5%, dont la moitié sont des Américains, de la population mondiale détient la totalité de la richesse boursière de la planète et que l’inflation des actifs financiers au détriment des salaires est sciemment organisée par les Banques centrales, alors que plus de 50% des travailleurs du monde qui sont d’ailleurs souvent des paysans, soit 2,8 milliards de personnes, vivent aujourd’hui avec moins de 2 dollars par jour et que le revenu moyen des directeurs généraux (chief executive officers ou CEO) d’entreprises américaines qui représentait en 1965 44 fois le salaire moyen des ouvriers aux Etats-Unis en représente aujourd’hui plus de 500 fois ! Que selon le dernier rapport de la Banque mondiale : « Depuis 50 ans les inégalités, à l’intérieur des pays mais aussi entre eux, n’ont pas cessé de se creuser dans le monde » et que selon le PNUD l’écart entre les 20% des habitants les plus pauvres de la planète et les 20% les plus riches est passé de 20 dans les années 1960 à près de 100 dans les années 2000. Il n’y a pas de « mondialisation heureuse » sur la base du libre-échange mondialisé dans l’instabilité monétaire !
Le but ultime du libre-échange est de supprimer tous les services publics, tous les droits de douane, toutes les subventions étatiques nationales, toutes les barrières de quelque sorte qu’elles soient, afin de mettre en communication toutes les productions de tous les pays du monde, au motif qu’il en résulterait pour chacun d’eux un profit égal du seul fait de sa spécialisation dans le domaine où il dispose d’un avantage relatif, l’économie mondiale atteignant ainsi une situation d’efficacité maximale supposée par suite d’une concurrence totale non faussée. Alors que le libre-échange mondialisé entraîne, en raison de la situation monopolistique illimitée de ceux de ses acteurs en mesure de l’orienter à leur profit exclusif, des bouleversements contre-productifs dus à la destruction de tout modèle économique et social de stabilité basé sur une régulation collective. Le système des taux de change flottants est présenté comme un mécanisme de souplesse, d’adaptation et de liberté, permettant d’aboutir à la valeur réelle des monnaies dans la stabilité générale. Alors que les taux de change flottants entraînent des variations considérables de parités, d’origine spéculative ou imposées par des Banques centrales monopolistiques aux fins de dumping monétaire, entre des monnaies constamment éloignées de leur valeur naturelle d’équilibre, tout en provoquant la chute permanente de leur pouvoir d’achat puisqu’elles ne sont plus basées sur un étalon de référence stable en valeur.
En réalité, le libre-échange mondialisé ne peut fonctionner qu’aux conditions qu’il existe une monnaie internationale non susceptible d’être manipulée par un ou plusieurs Etats, des niveaux de salaires, de protection sociale, de prix, de fiscalité, de production, de maîtrise des technologies, de taille des économies et d’intégration politique et culturelle suffisamment proches pour qu’aucun pays ne jouisse d’une situation structurelle améliorée par rapport à un autre le plaçant ainsi en situation dominante. Il faut aussi des entreprises transnationales soumises à des obligations de respect des normes décidées dans le cadre du « Contrat social » entre les citoyens et leur organisation politico-économique au sein de leurs Etats-nations, raison pour laquelle il importe pour y parvenir de privilégier les rapports interétatiques ou intergouvernementaux plutôt que multilatéraux ou supranationaux dans les négociations internationales.
L’Allemagne est le premier pays exportateur du monde avec un excédent commercial considérable, mais aussi celui des grands pays ayant la croissance économique la plus faible. A l’opposé, les Etats-Unis sont le pays ayant le plus grand déficit commercial du monde et pourtant leur croissance économique est régulièrement du triple de celle de l’Allemagne. Il faut donc en terminer avec l’idée stupide, sur laquelle repose la libéralisation forcée des échanges économiques internationaux, que c’est la hausse des exportations qui crée la croissance économique alors que c’est celle de la consommation intérieure qui permet de l’obtenir. D’autant que toute l’histoire économique objective montre que les grandes puissances actuelles n’ont pu se construire et prospérer qu’à l’abri d’une protection effective, qu’elles refusent désormais aux Etats du Tiers Monde et émergents pour permettre à leurs entreprises transnationales de les exploiter .
Comme tout un chacun peut le comprendre, le libre-échange mondialisé n’est qu’une dangereuse utopie, puisque dans la réalité ces conditions n’existent absolument pas et ne pourront jamais exister du fait des écarts immenses de développement entre les différents pays et des atouts très dissemblables dont chacun d’entre eux dispose. De telle sorte que le libre-échange, pour être viable et bénéfique, ne peut être instauré qu’entre des pays de niveaux comparables, mais aussi soumis à des mécanismes de régulation de nature à éviter que les avantages comparatifs supposés se traduisent par des désavantages définitifs certains. Sinon, pour reprendre la formule d’Alan Walters, « le libre-échange ne consiste qu’à faire subventionner les riches des pays pauvres par les pauvres des pays riches ! » Nous ne préconisons en aucun cas d’empêcher les pays nouvellement industrialisés ou émergents d’accéder au développement, au motif de protéger égoïstement le niveau de vie dans les pays les plus riches, mais d’organiser le décollage des premiers sans crash des seconds. Pour cela, il faut assurer des échanges régionaux entre pays comparables protégés quant à leurs productions essentielles, accédant progressivement au développement, avant de les internationaliser.
Je prends un exemple : l’Inde et surtout la Chine disposent de l’avantage considérable de bénéficier d’une immense population de mieux en mieux formée travaillant à des coûts comparatifs dérisoires par rapport à ceux des autres pays du monde, l’Union européenne en particulier, ce qui devrait leur permettre d’attirer chez elles une grande partie de la production industrielle du monde de produits de plus en plus sophistiqués puis les services de recherche-développement (R&D), informatiques et financiers aussi. Même si, à terme de quelques dizaines d’années, les conditions de vie des Indiens et des Chinois d’une part, ce qui n’est toutefois pas du tout certain compte tenu de leurs systèmes de capitalisme d’exploitation sauvage comme d’autoritarisme politique, et celles des Européens d’autre part convergent ; quelle ampleur de baisse des salaires, de démantèlement de sa protection sociale, et de chômage l’Union européenne devra-t-elle accepter entre-temps chez elle pour maintenir un minimum de compétitivité avec ces pays dès lors qu’elle renonce à sa protection ? Personne ne le sait, mais ce qui est évident c’est que le pouvoir d’achat et donc le standard de vie des peuples européens ont toutes les chances de s’effondrer, sans faire monter avant longtemps ceux des peuples asiatiques, pour autant qu’ils ne soient pas définitivement confisqués par quelques oligarques, avant que ces peuples européens puissent seulement espérer pouvoir équilibrer leurs conditions de production avec celles des peuples d’Asie. Sans parler du pouvoir d’achat et des conditions de vie des peuples dont les pays sont placés à l’écart des grands courants d’échanges, comme les Etats africains et la plupart des Etats d’Amérique latine, du Moyen-Orient ou d’Asie centrale non producteurs de pétrole ou de gaz, qui continueront de chuter, les condamnant à émigrer en masse vers des cieux plus cléments. Il importe donc, si l’on veut éviter un nivellement général vers le bas, de protéger nos marchés pour contraindre la Chine et l’Inde à n’exporter leurs produits dans un premier temps qu’au sein d’une vaste zone asiatique qui, une fois atteint un niveau de développement comparable avec celui de la zone européenne, pourra ensuite y vendre ses produits sans restriction. Une telle progressivité est le seul moyen de faire bénéficier tous les peuples de la mondialisation. Comme l’écrivait Jimmy Goldsmith, « une économie qui réussit est une économie qui accroît les salaires, assure l’emploi et la stabilité sociale. Réduire les salaires est un aveu d’échec. Il n’y a aucune gloire à participer à une course internationale à la baisse du niveau de vie de son peuple ! » Contrairement à ce que disent les économistes ultra-libéraux, ce ne sont pas la mondialisation ni le libre-échange par eux-mêmes qui assurent la croissance de la Chine ou de l’Inde, c’est le caractère monopolistique de leurs très bas salaires qui les avantage de façon déloyale dans un système presque totalement ouvert.
La question de la faim dans le monde ne pourra pas être résolue par l’introduction de cultures transgéniques. En premier lieu, 80% des enfants qui souffrent de malnutrition dans le monde vivent en fait dans des pays où il existe un surplus alimentaire. La cause de la famine tient à la manière dont les terres arables sont exploitées. Aujourd’hui, 25% de la production agricole de ces pays est destinée à l’alimentation animale. Dans de nombreux pays pauvres, plus du tiers des céréales sont cultivées pour nourrir des animaux d’élevage qui seront mangés par les gens plus riches des pays développés. Résultat : les consommateurs encore prospères du Nord ont un régime alimentaire riche en protéines animales et les populations les plus défavorisées de la planète n’ont que très peu de terres pour faire pousser les céréales qui nourriront leurs familles. En second lieu, les terres disponibles appartiennent de plus en plus souvent aux grands groupes agro-industriels internationaux, ce qui ne fait qu’aggraver la situation des paysans locaux privés des meilleures terres c’est-à-dire des moyens de leur subsistance. Le moyen d’éradiquer la faim dans le monde c’est de protéger l’agriculture du Tiers Monde et des pays émergents, permettant ainsi de l’orienter vers la satisfaction locale des besoins, au lieu de la diriger sous la pression des programmes d’« ajustement structurel » du FMI vers une exportation suicidaire pour leurs peuples, mais évidemment hyper-rentable pour les latifundiaires qui les exploitent.
Inutile de vous dire, puisque vous en êtes les victimes, que cette idéologie ultra-libérale, caricaturant les principes du libéralisme économique authentique, trahissant totalement ses penseurs (Adam Smith, David Ricardo, Benjamin Constant et les autres), aussi tragiquement destructrice qu’ont pu l’être dans le passé le marxisme et le socialisme, est la source de la plupart des dérives économiques, monétaires, financières, sociales et politiques actuelles. Parce que ses fondements théoriques sont erronés et que les conditions d’instabilité structurelle dans lesquelles elle s’applique n’ont rien à voir avec ses présupposés. Je vous rappelle la définition qu’Adam Smith lui-même donnait du libéralisme qui vous montrera qu’il privilégiait les services publics et autres mécanismes de gestion des intérêts collectifs (comme la PAC qui nous occupe aujourd’hui) pour remédier à l’insuffisance de l’initiative individuelle :
Le vrai libéralisme, ce n’est pas la loi de la jungle, le règne du plus fort ou la manipulation du tricheur, c’est la libre négociation de contrats entre des partenaires économiques égaux parce que protégés, nationalement et internationalement, par les mécanismes de l’Etat de droit auxquels ils ont librement consenti. Les peuples commencent à s’en rendre compte, mais le rapport de force politico-économique est encore loin de leur être favorable, ce qui implique que les agricultures française et européenne dont nous traitons aujourd’hui risquent fort d’être liquidées sans que leurs bénéficiaires, c’est-à-dire les paysans et les consommateurs, puissent s’y opposer.
Les réformes successives inadaptées de la Politique Agricole Commune (PAC) dans le cadre d’une Union européenne en situation de crise politico-économique de plus en plus aiguë.
Indépendamment de la modification à vive allure du contexte international dans lequel elle prend place, en ce qui me concerne je suis critique à l’égard de la PAC telle qu’elle a été construite et s’est développée, pas seulement sur la façon dont elle a été réformée :
- D’une part, parce que la PAC dès son début a été conçue comme un mécanisme bureaucratique, coupé de la réalité des marchés dont on doit tout de même tenir compte pour satisfaire les choix des consommateurs et la viabilité des productions, ne visant qu’à promouvoir une agriculture industrielle intensive dont les effets pervers (pollutions, insécurité alimentaire, agriculteurs déresponsabilisés, surplus coûteux, inégalité de la distribution des aides et des subventions, fraudes multiples, maintien de prix alimentaires trop élevés, distorsions de concurrence intra-communautaire) ont été supérieurs aux avantages qu’elle est supposée avoir apportés (autosuffisance alimentaire, relative protection des revenus des agriculteurs). Alors qu’en réalité l’Union européenne est devenue totalement dépendante de l’extérieur en oléagineux et protéagineux, que le nombre d’agriculteurs s’est effondré et leur pouvoir d’achat aussi. Sans parler de la pêche européenne qui est en voie de liquidation pure et simple. Tout cela au bénéfice d’une industrie agro-alimentaire et d’intermédiaires, dont les marges de profit -que l’on a pas voulu limiter- sont considérables entre le faible prix d’achat payé au producteur agricole et celui élevé de vente exigé du consommateur.
- D’autre part, parce que les réformes successives de la PAC ont été faites sans que les agriculteurs puissent se prononcer à leur sujet, à l’encontre des intérêts des consommateurs qui veulent une agriculture de qualité et la sécurité alimentaire, sans jamais la remettre complètement à plat alors que les élargissements successifs de l’Union européenne et les avancées techniques et scientifiques auraient nécessité sa complète redéfinition.
Il faut aussi reconnaître que l’Union européenne, en panne de stratégie économique spécifique pour affronter la mondialisation, de budget communautaire suffisant pour financer ses politiques communes et l’intégration de ses nouveaux membres, de perspectives d’éclaircissement politique de sa construction institutionnelle incohérente et antidémocratique, enfermée dans une monnaie unique surévaluée structurellement inadaptée, plongée dans des taux de chômage records, en pleine dérive quant à son élargissement aux pays de l’Est européen, aux Balkans et à la Turquie que ses dirigeants ont décidé mais que ses peuples refusent, est en situation de naufrage avancé.
Je prends un exemple : les Etats-Unis ont récemment proposé de renoncer à l’essentiel de leur protection agricole à la condition que l’Union européenne en fasse de même pour faire sauter le verrou agricole des négociations de Doha à l’OMC. Comme les Etats-Unis peuvent faire monter ou baisser, au gré de la fixation unilatérale de leur taux d’intérêt à court terme national et du volume de leur émission monétaire, le dollar qui est leur monnaie nationale mais aussi la monnaie mondiale dans laquelle sont facturés les échanges internationaux, alors que l’Union européenne avec l’euro ne dispose que d’une monnaie constituant une variable passive d’ajustement ; il suffira aux Etats-Unis de faire baisser le dollar pour rétablir par le biais des marchés des changes la protection de leur agriculture à laquelle ils auront supposé renoncer, pendant que l’Union européenne totalement désarmée sera le dindon de la farce si ces projets aboutissent. D’autant que les Etats-Unis siphonnent, que le dollar monte ou baisse, en toutes circonstances près de 75% des liquidités internationales par suite du placement obligé en bons du Trésor en dollars chez eux des réserves de change des Etats réalisant des excédents commerciaux et de balances des paiements comme des grands investisseurs internationaux. Dans un tel contexte monétaire international, les Etats-Unis, mais aussi les Etats comme la Chine ayant choisi de maintenir une parité quasiment fixe entre leur monnaie nationale et le dollar, disposent d’un instrument majeur de concurrence déloyale qu’ils ne tient qu’à eux d’actionner quand ils en ont besoin. On se souvient à cet égard de l’exhortation de Jacques Rueff : « Exigez l’ordre financier ou acceptez l’esclavage ! » Pour y remédier, il n’y a que trois solutions :
- soit revenir au plan international à l’étalon-or qui empêche toute manipulation monétaire, puisque la valeur-or de chaque monnaie est par définition constante, comme le proposait de Gaulle ;
- soit imposer à la Banque centrale européenne d’établir puis de défendre une parité fixe sur une longue période entre l’euro et le dollar, à un taux de change beaucoup plus bas que son niveau actuel, ce qui revient plus ou moins à accepter la dollarisation du monde ;
- soit enfin créer un nouvel instrument monétaire émis par des banques commerciales privées servant aux seuls échanges internationaux stabilisant le dollar et l’euro, projet connu sous le nom de New Bancor auquel je travaille avec un groupe d’économistes spécialisés dans les questions monétaires.
Contrairement à ce que disent les économistes ultra-libéraux, ce ne sont pas la mondialisation ni le libre-échange par eux-mêmes qui assurent la croissance des Etats-Unis, c’est le caractère monopolistique de leur possession de la monnaie mondiale qui les avantage de façon déloyale dans un système presque totalement ouvert.
Vous souhaitez que l’Union européenne se dote d’« une PAC du XXI e siècle rénovée » corrigeant les erreurs du passé, ce qui constituerait j’en conviens une excellente solution. Mais, pour plusieurs raisons, vous aurez du mal à aboutir, ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas le tenter. Indépendamment de la volonté de la majorité des dirigeants des 25 Etats de l’Union européenne de démanteler progressivement la PAC pour réorienter le budget européen insuffisant vers d’autres types de dépenses considérées comme plus prioritaires, de leur choix proclamé d’abandon de toute protection tarifaire, de subventions à l’exportation ou de contingentements agricoles, pour obtenir en compensation la libre circulation internationale des marchandises et des services, dont ils croient à tort qu’elle augmentera la croissance du Vieux Continent ; il ne faut pas non plus négliger la chute de la population active agricole dans l’Union qui ne représente plus que 5% de ses actifs ce qui lui enlève une grande partie de sa capacité à peser sur les choix des dirigeants politiques et les pressions irrésistibles des lobbies agro-industriels des grands Etats producteurs à bas coûts (Canada, Etats-Unis, Australie, Brésil, Argentine) qui veulent inonder le monde de leurs produits. De telle sorte que la énième réforme de la PAC risque fort de se révéler impossible à mettre en œuvre. D’autant que, ayant déjà dissocié l’acte de production et l’attribution des subventions dorénavant distribuées en fonction des superficies possédées et de considérations environnementales, elle risque de faire des agriculteurs européens des jardiniers-fonctionnaires préposés à la conservation des paysages, puisque ils ne seront pas compétitifs en cas d’ouverture totale des marchés et que, dans cette hypothèse, les intermédiaires européens s’approvisionneront hors de l’Union ce qui fera chuter irrémédiablement sa production. Sans compter la généralisation des produits génétiquement modifiés que les sociétés transnationales risquent d’être en situation d’imposer à l’occasion de la levée du moratoire européen sur les OGM pour laquelle elles font pression, afin de contrôler, comme nous l’avons vu, à leur seul profit l’alimentation humaine et animale à l’échelle du monde entier, ce qui évidemment viderait la PAC rénovée d’une grande partie de son contenu.
Evolutions qui étaient d’ailleurs déjà programmées dans le traité de Rome de 1957, puisqu’il était écrit dans son article 110 : « En établissant une union douanière entre eux, les Etats-membres entendent contribuer conformément à l’intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la réduction des barrières douanières. » Mais qui étaient tempérées par la préférence communautaire et le tarif extérieur commun, impliquant des droits de douane et des contingentements sur les importations extérieures à la CEE, qui ont été ensuite progressivement et pour l’essentiel supprimées en catimini depuis 1974.
Sans parler du fait que la PAC, qui n’a pas été aussi favorable qu’on le dit aux paysans français, n’a pas été conçue à son origine comme un instrument de nature à favoriser le développement compétitif agricole en Europe, mais comme une compensation de la France à l’Allemagne pour que celle-ci accepte de s’engager dans une coopération industrielle franco-allemande qui n’a finalement jamais vu le jour. En effet, les mécanismes de la PAC, consistant à fixer des prix garantis pour les céréales (puis ultérieurement pour d’autres productions) permettant d’équilibrer les comptes de l’exploitation la moins rentable qui se trouvait alors à Duisbourg en Rhénanie-Westphalie ; grâce au « standard de Duisbourg » toute l’agriculture allemande non compétitive va se retrouver placée au dessus du seuil de rentabilité.
Mais en permettant de mettre en culture les terres les plus pauvres d’Europe, en Allemagne et ailleurs, la PAC réduisait à terme les avantages comparatifs de la terre française, beaucoup plus rentable et de bien meilleure qualité que les autres. Piège d’autant plus subtil que le compromis franco-allemand s’emboîtait dans un autre accord conclu entre la Communauté européenne et les Etats-Unis, aux termes duquel était acceptée la libre importation dans la CEE de soja et d’autres produits de substitution aux céréales (résidus de maïs, pulpes d’agrumes, manioc) américains.
Les effets économiques de ce double compromis n’ont pas tardé à se faire sentir. D’une part, pour une rente à court terme dont on savait très bien qu’elle ne pourrait pas éternellement leur être garantie, les paysans français auront perdu la spécificité qu’ils avaient héritée du long travail des siècles. Loin d’aboutir à une division efficace du travail au niveau européen, qui eut permis à la France d’exploiter au mieux les atouts naturels et historiques de son terroir et de son savoir-faire, la PAC a contribué à banaliser l’activité agricole, à la déqualifier, chaque parcelle située au dessus du « standard de Duisbourg » étant invitée à produire sans risque au maximum de ses possibilités, avec pour conséquence des excédents difficilement gérables. D’autre part, parce que les importations de soja et de substituts américains étaient deux fois encouragées : une première fois par la possibilité de les importer librement dans la Communauté, une seconde fois par le prix plus élevé des céréales européennes qui résultait de la PAC. La croissance de ces importations ayant incité au développement d’élevages « hors-sol » de bétail et de volailles, qui ont provoqué la délocalisation de ces activités et la mise en friches de terres agricoles de qualité devenues inutiles.
Charles de Gaulle, dès son retour au pouvoir en 1958, était conscient du danger de cette PAC mal négociée, masquant en réalité le double abandon des intérêts français au profit de ceux de l’agro-industrie européenne et mondiale comme des Etats-Unis, puisqu’il écrit dans ses « Mémoires d’Espoir » : « Les termes du traité de Rome ne répondent pas à ce qui est nécessaire à notre pays…Cela tient, apparemment, à ce que nos négociateurs de 1957, emportés par le rêve d’une Europe supranationale et voulant conclure à tout prix quelque chose qui s’en approchât, n’ont pas cru devoir exiger qu’un intérêt français (l’agriculture), essentiel pourtant, reçut satisfaction au départ. Il faudra donc, soit l’obtenir en cours de route, soit liquider le Marché commun…C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause. » Mais le général parti, tout est allé à vau-l’eau et la PAC n’a pas pu être réformée dans un sens réellement bénéficiaire aux agriculteurs français, ce qui supposait certes de leur garantir des prix agricoles suffisamment rémunérateurs mais aussi de laisser s’opérer un mécanisme de concurrence ordonnée à l’intérieur d’une Communauté européenne protégée qui eut fait de l’agriculture française la meilleure et la plus prospère d’Europe.
Les hommes politiques français vous ont trahis. Jacques Chirac le premier qui tâte régulièrement le cul des vaches et s’empiffre lors des salons agricoles, mais ne défend l’agriculture française qu’en paroles pour mieux la crucifier en catimini sur l’autel de l’Union européenne (en acceptant ses réformes successives qui ne règlent rien, un élargissement non financé et la désignation de Peter Mandelson comme commissaire au commerce extérieur) ou de l’OMC (en acceptant la candidature de Pascal Lamy à sa direction générale), deux idéologues ultra-libéraux et ultra-libre échangistes qui ont fait amplement la preuve de leur parti pris. Qu’ont donc fait Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, et leurs premiers ministres successifs, pour s’opposer au démantèlement de la préférence communautaire et du tarif extérieur commun, qui est la cause principale de l’effondrement de l’agriculture, de la désindustrialisation et des délocalisations, comme de la montée irrésistible du chômage de masse, en France et en Europe ? Strictement rien ! Alors qu’ils auraient pu renouer avec la politique de la chaise vide à Bruxelles que de Gaulle avait pratiquée en son temps avec succès, lorsque les intérêts vitaux de la France dans la construction européenne étaient en jeu. Il importe donc à mon sens que votre syndicat et les autres placent la question de l’agriculture au centre du débat de l’élection présidentielle française de 2007.
Puisque l’Union européenne protége de moins en moins son agriculture et qu’elle semble avoir décidé de s’intégrer complètement dans la mondialisation sans en avoir les moyens, puisqu’une re-nationalisation de la PAC ne semble pas être la solution idéale même si l’Europe n’est plus à mon sens le cadre dans lequel une grande politique agricole puisse prendre place, par suite de son intention de s’approvisionner sur les marchés mondiaux dont les prix sont très instables ; la meilleure solution consisterait à exiger de nos hommes politiques la reconnaissance de l’exception agricole au niveau de l’OMC. Tout en sachant que cette négociation internationale ne peut plus être menée qu’au niveau bilatéral entre la France et l’OMC, quitte à y rallier plusieurs Etats encore attachés à la protection de leur agriculture comme ceux du G 10 (Japon, Corée du Sud, Taiwan, Indonésie, Suisse, Liechtenstein, Norvège, Islande, Israël, Maurice) et autres pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) qui vont être ruinés par la liquidation du « protocole sucre », puisque tout indique que la majorité des 25 Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ne l’entreprendront jamais collectivement par suite de leurs divisions. La croyance dans une construction européenne qui résoudrait les principaux problèmes de ses Etats-nations en les protégeant de la mondialisation est illusoire, parce que la stratégie constante de la Commission de Bruxelles, renforcée par les exigences de la Grande-Bretagne et de ses alliés majoritaires à cet égard dans l’Union, n’est que de s’aligner sur le libre-échange mondialisé, de telle sorte que la France ne pourra jamais se passer d’un projet national qui lui soit propre, à côté ou à la place du projet européen.
Au moment où la possession de l’arme alimentaire s’avère de première importance stratégique dans un monde politiquement instable et où toutes sortes de pandémies menacent, la sécurité des approvisionnements et le respect de normes sanitaires efficaces ne peuvent être organisées qu’au niveau national français, d’autant que l’agriculture et l’agro-alimentaire qui représentent ensemble près de 15% des actifs de notre pays sont l’un des rares secteurs où la France ne souffre pas de dépendance extérieure massive. Au moment où les réglementations et tracasseries administratives européennes empêchent les agriculteurs de se consacrer pleinement à leur métier de producteurs de biens alimentaires, il importe de réduire ce carcan bureaucratique à l’excès. Au moment où le libre-échange mondialisé met en compétition ouverte des pays à très bas salaires sans protection sociale et environnementale, qui peuvent sous-évaluer massivement leurs monnaies, les agricultures française et européenne ne pourront jamais être compétitives ni suffisamment diversifiées sans protection. Faire dépendre l’approvisionnement et la sécurité alimentaire des Français et des Européens de la Chine, du Sud-Est asiatique, de l’Amérique du Nord ou du Sud, n’apportera que de nouveaux déséquilibres et peut-être même chez nous de nouvelles famines, parce que rien ne garantit que ces pays, dont une partie des populations vivent déjà dans la précarité alimentaire, auront les capacités de production suffisantes pour nourrir le monde entier au moindre coût et parce que la sécurité des courants d’échanges n’est pas assurée. Au moment, enfin, où tout un chacun comprend que la production agricole n’a rien à voir avec les productions industrielle ou de services, parce qu’elle n’est pas délocalisable en l’état puisque dépendante de conditions climatiques qui ne sont pas présentes partout, et qu’elle concerne au plus près la pérennité et l’identité de chaque modèle de civilisation, il importe de lui donner un caractère différent des autres en reconnaissant sa spécificité intrinsèque.
Ce n’est pas en sabordant les agricultures française et européenne que les scandales de la faim dans le monde et du maintien d’une grande partie de l’humanité dans des conditions de vie lamentables pourront être réglés. Tous les rapports des organismes liés à l’Organisation des Nations Unies (comme la CNUCED) montrent que le développement durable et l’accès à l’alimentation ou à l’eau potable ne peuvent être obtenus que par des politiques solidaires menées au plus près des réalités locales ou régionales bénéficiant d’une protection suffisante. D’où la nécessité, dans la ligne des travaux du prix Nobel français d’économie Maurice Allais et d’autres économistes, de constituer des zones régionales commerciales mais aussi agricoles, suffisamment protégées les unes par rapport aux autres pour garantir le développement et la compétitivité des productions locales à l’intérieur de ces zones. Ne pas comprendre ces évidences, c’est renoncer à l’essence même notre civilisation dont l’agriculture diversifiée et maîtrisée est la base.
Nous avons vu que le libre-échange mondialisé du type OMC sans réforme monétaire, permettant de revenir à une stabilité internationale des taux de change, ne conduit qu’à renforcer les monopoles : celui de l’Asie sur le travail et celui des Etats-Unis sur la monnaie. Mais, quand presque tout le travail productif du monde sera localisé en Asie et quand presque tout le capital financier du monde sera localisé aux Etats-Unis ; soit ils co-géreront le monde au détriment de tous les autres Etats n’ayant d’autre choix que de se rallier à l’un des deux ; soit, plus probablement, ils se feront la guerre. La première pour récupérer la libre disposition de ses ressources financières, sans lesquelles elle ne pourra pas financer son développement futur, et les seconds pour récupérer leurs capacités de production, sans lesquelles ils ne pourront pas maintenir leur hégémonie militaire ni leur niveau exceptionnel de consommation intérieure. A moins que ce soit pour se rendre seul maître des ressources en énergies fossiles.
Que l’Europe, qui ne détient aucun de ces monopoles, prise entre ce choc des deux titans dont l’issue ne pourra lui être que funeste, tente au moins de se protéger en mettant son agriculture, source de la survie de sa population, à l’abri de ces échanges inégaux.
Que pourrait faire un gouvernement français ayant compris la nécessité de faire vivre notre agriculture et ayant le courage de s’y employer ?
Je ne m’étendrai pas sur les changements que vous proposez pour la PAC rénovée, mais seulement sur les conditions de sa viabilité au plan européen et international. Il vous faut exiger le rétablissement de la préférence communautaire agricole et le rétablissement de droits de douane suffisants pour la financer. Mais, pour le cas où cela serait refusé par la majorité des 25 Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, étudier la sortie par la France de la PAC, dont tout indique hélas qu’elle n’est promise, sans sursaut collectif, qu’à des révisons sans fin, honteuses et bancales. Dans un texte récent intitulé « L’Europe en crise, que faire ? »
Maurice Allais écrit : « En aucun cas la participation de la France à la construction européenne ne doit la conduire à se dissoudre dans un ensemble où ses intérêts fondamentaux seraient méconnus, où elle ne pourrait que se détruire, et où finalement elle perdrait son âme…Si le rétablissement de la préférence communautaire /(à l’ensemble de ses productions)/ se révélait finalement irréalisable, la France devrait quitter l’Union européenne ! » Voilà qui est clair et courageux. Conclusion à laquelle je suis déjà arrivé pour ma modeste part dans mon dernier livre « Le grand échec européen », auquel j’ai donné comme sous-titre « Une seule solution pour la France, sortir de l’Union européenne ! »
Il vous faut exiger le lancement immédiat de cette négociation avec l’OMC pour obtenir l’exception agricole avec le soutien des Etats européens ou extra-européens partageant cette idée. Au même titre que l’exception culturelle semble avoir été conquise du fait de la signature de la convention sur la diversité culturelle à l’UNESCO le 20 octobre 2005 par une majorité écrasante d’Etats en dépit de l’opposition des Etats-Unis.
Les intentions européennes d’abandon de l’agriculture ne sont pas seulement économiquement stupides et dangereuses pour la santé publique, mais aussi tragiquement attentatoires à notre continuité historique nationale qui s’est construite autour de la solidarité des générations pour l’autosuffisance alimentaire, garante de notre indépendance nationale. Au delà de la préservation des intérêts français que nos dirigeants doivent par dessus tout défendre puisqu’ils ont été élus pour cela, la continuation de ces politiques d’abandon est un aveu d’impuissance inadmissible pour un ensemble d’Etats-nations, l’Europe, qui n’a de raison d’être que de protéger ses Etats-membres d’une mondialisation en folie ne bénéficiant qu’aux entreprises transnationales et à leurs grands actionnaires, organisée par les Etats-Unis avant que ce soit la Chine qui la contrôle. Si les biens culturels ont été placés en dehors des circuits purement marchands, parce que considérés comme la manifestation non marchandisable de l’expression collective de chaque nation, les biens « agri-culturels » doivent l’être aussi, puisqu’ils sont au même titre que les premiers le produit inaliénable du génie de chaque peuple.
Toutes sortes d’industries (comme les charbonnages, mines et aciéries, la construction navale, le textile, la chaussure, le jouet, les téléviseurs, les ordinateurs, etc.) et maintenant les services informatiques et la recherche-développement ont été inutilement détruits en Europe, avec leur cortège de chômeurs et de familles brisées, faute de les avoir protégés suffisamment alors que c’était possible ; placer l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire dans la même situation est pire qu’une bêtise, c’est un crime ! Les hommes politiques qui s’en rendent coupables sont indignes des charges qu’ils occupent.
Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a récemment déclaré : « Les produits agricoles des pays les plus pauvres peuvent déjà être exportés vers l’Union européenne à taux zéro. L’Europe est aujourd’hui l’espace le plus ouvert au monde : 80% des produits agricoles issus des pays les moins avancés sont vendus dans l’Union. Et, depuis la (dernière) réforme de la PAC, l’Europe reçoit dix fois plus de produits agricoles des pays du Sud que les Etats-Unis. C’est pourquoi, lorsque nos agriculteurs ont accepté des sacrifices importants en 2003, nous leur avons garanti en échange des règles stables jusqu’en 2013. Nous n’accepterons donc pas que les négociations dans le cadre de l’OMC reviennent sur cet engagement unanime de l’Europe ! »
Ce qui ne rend pas optimiste, puisque les ministres français lors de la négociation puis de la mise en place des accords de Washington (dits de Blair House) en 1992/1993, le « Munich agricole européen », disaient déjà la même chose et qu’ils ont failli à leur engagement. Il est temps de mettre les déclarations en accord avec les faits : si le gouvernement français n’oppose pas son veto à une capitulation européenne finale lors de la réunion ministérielle de l’OMC à Hongkong de décembre 2005 en la bloquant, à moins qu’elle reconnaisse solennellement la légitimité d’une PAC rénovée et surtout l’exception agricole, il faudra en sanctionner tous les membres lors de chaque élection à laquelle ils se présenteront. Soyez persuadés, comme l’a écrit le général de Gaulle, que « Rien n’est jamais perdu dans la vie des peuples, si leurs dirigeants ne s’abandonnent pas aux fausses fatalités de l’histoire ! »
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention. P.L.
