Chère Madame,
Je vous remercie de m’avoir informé de l’imminence du départ du Général Pierre Marie Gallois. J’ai reçu votre message le jour où il nous a quittés, le 23 août. La nouvelle m’a profondément attristé. Il faudra bien longtemps avant qu’un autre esprit tel que le sien, si pénétrant, une intelligence aussi vaste, des capacités analytiques si perçantes, se révèle.
J’ai eu l’honneur et le plaisir de le rencontrer et de lui parler nombre de fois et j’ai trouvé que nous avions une approche similaire à l’égard de la résolution de nombreuses questions mondiales majeures. Le mot « grand » est trop largement employé de nos jours, mais le Général Gallois était un grand homme dans le vrai sens du terme. J’avais la plus profonde admiration et le plus grand respect pour lui. Son intégrité, sa vision et son amour passionné pour son pays font de lui un être à part et le monde est infiniment plus pauvre et plus dangereux par une telle perte.
Sincèrement,
Henry A. Kissinger
