Nous avons entendu le nouveau Président de la République s’engager tout au long de sa campagne : Pas question de remettre en cause le vote des Français, plus de constitution, pas de Turquie, un espace ou jouerait la préfèrence communautaire et pour nous, il ne saurait en être autrement.
Nous savons qu’il inquiète ses partenaires européens pour diverses raisons. En effet, l’ouverture des nouvelles discussions, permettra à certains, désireux de modifier le TCE qu’ils ont ratifié, de s’engager derrière la France, alors que d’autres Etats ont déjà annoncé qu’ils voulaient que soit maintenu le traité qu’ils avaient ratifié. Situation difficile à laquelle, nous l’espérons, le nouveau Président saura résister, car les incitations à s’incliner sont nombreuses :
- Le Président de la commission des Affaires constitutionnelles, Jo Leinen insiste pour que le nouveau Président de la France ne bloque pas ce que prépare la chancelière afin de relancer le processus européen.
- Le Chef du Gouvernement Italien annonce un désordre colossal et prévient : « Mon pays n’est pas disposé à accepter n’importe quoi et la France ne peut imposer à elle seule ses vues si elles ne sont pas partagées par les autres Etats membres » Romano Prodi s’est d’ailleurs déjà résolu à une Europe à deux vitesses.
- Du coté des Anglais s’est encore plus compliqué : Ils projettent de bloquer l’extension du vote à la majorité qualifiée et annoncent que pour un transfert de souveraineté relatif aux affaires de police et de justice, ils devront obligatoirement en passer par l’organisation d’un referendum dont le résultat ne fait aucun doute, ce sera NON.
- La Pologne de son coté, en dehors de la notion de chrétienté qu’elle veut toujours imposer, demande le maintien du système des votes mis en place par le Traité de Nice lui accordant des avantages importants par rapport aux 2 grands.
- La Tchéquie, quant à elle, n’attend que de pouvoir s’engouffrer dans toute proposition eurosceptique.
Nous pourrions ainsi multiplier les barrières : les missiles anti-missiles posés par l’OTAN –l’énergie distribuée par la Russie qui voudrait bien compliquer les choses, la proposition d’une région euro méditerranéenne qui mettrait un terme à l’Europe de papa, l’affaire de Chypre, les Balkans et cette indépendance souhaitée par un vote des Ecossais.
Le Président de la République va être confronté d’une part à ses promesses et au NON des Français et d’autre part, à la pression des partenaires européens. Nous avons pu constater que tout au long de sa campagne, pas une fois, il n’a parlé des relations franco-allemandes, sauf pour dire qu’elles étaient dépassées et nous savons aussi que l’Allemagne, pendant sa présidence, a préféré que la coopération entre Etats ne soit pas réservée exclusivement au couple franco-allemand-
Les Allemands se rappellent aussi qu’en tant que Ministre des finances N.S a empêché l’entreprise allemande Siemens de s’emparer d’Alstom, poussé la société française Sanofi à racheter la société franco-allemande Aventis et qu’il a tenté, Berlin aussi d’ailleurs, de préserver les intérêts nationaux dans l’affaire Airbus.
Pas difficile d’annoncer que les relations Sarkosy- Merkel ne seront pas celles Merkel-Chirac et qu’il ne s’agira pas d’un voyage sur un long fleuve tranquille.
Alors qu’allons nous faire ? D’abord faire en sorte que Nicolas Sarkosy ne continue pas, comme il est devenu habituel depuis 1974, de se vautrer dans la couche d’outre Rhin que certains entendent continuer à border.
Ensuite, le nouveau Président ayant décidé de créer un Ministère des comptes, nous allons assumer le rôle de comptable, avec applaudissements pour tout ajout dans la colonne « actif » celle du retour à l’Indépendance de la France, et coups de baguette sur les doigts pour tout ce qui pourrait encombrer la colonne « passif » celle des abandons de souveraineté.
Enfin nous resterons vigilants, l’arme au pied, prêt à défendre notre Pays, si la situation l’exigeait, mais leur énorme bêtise aussi grande que leur appétit de bien vivre sur le dos des autres, nous permet d’envisager cette situation comme dépassée.
Mais notre action ne fait que commencer, un autre combat se profile, il sera plus grand, plus dur, plus incertain, car il s’agit de s’opposer à la volonté farouche de financiers internationaux qui veulent dominer le monde, pour y imposer leur loi, celle de l’égoïsme et du profit à ne partager qu’entre eux .
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
