Pour notre émission, nos auditeurs l’ont compris, seul le travail des bâtisseurs est pris en compte. La France, celle de demain, nous voulons la construire, pas la détruire. Nous possédons tous le devoir d’apporter notre pierre pour sa consolidation.
Ni pour les Armagnacs, ni pour les Bourguignons, uniquement pour la France. L’inverse est trop destructeur, et le pays n’a pas besoin que nous soufflions sur les braises du feu de la discorde. Il souffre déjà beaucoup trop de ce ferment de la dispersion, malédiction qui le ronge et l’entraîne vers la médiocrité. Nous entendons au contraire, privilégier tout ce qui porte la nation vers sa place naturelle et historique : celle du premier rang.
Chaque mois, cet édito traite d’un sujet important, celui-ci sera consacré, aux terres rares, aux éléments rares, aux métaux rares, ceux qui permettent la production des technologies nouvelles, ceux qui font et feront pendant ce 21ème siècle, la puissance d’une nation.
Nous avons déjà traité de la guerre des eaux territoriales. Elle a été gagnée par la France, 2ème puissance maritime mondiale. De la guerre des produits alimentaires, dont le G20 doit traiter. De la guerre des monnaies, qui devrait trouver une solution lors de la présidence française de ce G20, sous peine d’asphyxie. Nous traitons cette fois-ci, de la guerre des terres rares, parce que le monde occidental s’y est une fois de plus fait piéger.
Les Terres rares
Ces terres rares contiennent un groupe de métaux de 17 minéraux, dans lesquels se trouvent des matières premières essentielles pour la fabrication de produits vitaux pour nos technologies et notre style de vie. Tous les domaines de pointe les utilisent : militaire, médical, et toute la haute technologie, dont les technologies électroniques. Par exemple, l’Indium est indispensable à la fabrication d’écrans à cristaux liquides, à celle des cellules photo voltaïques et aux semi conducteurs .
L’Afnium est employé dans les système neutroniques des réacteurs nucléaires.
Le Rhodium, est lui utilisé pour les catalyseurs et la pétrochimie.
Le Groupe des platines, le Galliom, l’arsenic ou l’antimoine servent dans d’autres domaines de pointe.
Leurs nouvelles utilisations ont une finalité environnementale très poussée : voiture hybride/électrique, générateurs des grosses éoliennes etc, c’est l’avenir de nos productions haute technologie qui est en jeu, car ces terres rares correspondent à une importante ressource stratégique dont les pays ne peuvent plus se passer sous peine de reculer.
Premier problème :La production des terres rares est d’environ .
130 000 tonnes par an, production à 97% chinoise. En face, la demande explose , les experts prévoient un besoin de 185 000 tonnes pour 2012, dont 60% pour la seule Chine.
Alors bien sûr, la Chine seule productrice mondiale répondra à ses besoins, mais qu’en sera t-il pour les autres pays ?
Déjà, lors de ce second semestre 2010, la Chine a procédé à une réduction drastique de ses exportations, 72% en moins, ce qui affole avec raison, tous les pays et une grande partie des entreprises mondiales situées hors de Chine.
Comment avons nous pu en arriver là, alors que la Chine n’est pas, loin s’en faut, le seul pays à posséder des terres rares dans son sol ?
Très facile à comprendre, avant 1985, les pays producteurs, l’Australie, les Etats-Unis et d’autres, exploitaient, des terres rares présentent dans leur sol.
Les mines qu’ils exploitaient ont été fermées parce que la Chine s’est mise en compétition, avec ses armes habituelles : prix du travail à 3 Francs, six sous, environnement non préservé, pas plus que la santé des ouvriers. Elle exporte, depuis 1985, ses terres rares à des prix défiant toute concurrence et en la rendant impossible. Mais plus grave et toujours le même scénario, les entreprises ayant trouvé en quantité plus que suffisante les terres rares chinoises et à des prix les plus bas, ont laissé leurs stocks s’épuiser, sans les renouveler.
Tous les pays du monde occidental sont à sec
La Chine possède désormais un monopole qu’elle négocie à son avantage : Un peu de terres rares, contre beaucoup de délocalisations en Chine, d’usines de production de produits manufacturés. Voilà le piège, dans lequel nous sommes tombés, une fois de plus.
La manœuvre chinoise a porté ses fruits, il faudra du temps et beaucoup d’argent pour ouvrir à nouveau les anciennes mines, les mettre en conformité avec les normes internationales, car il existe une énorme problème de pollution, lié à l’usage de solvants pour extraire ces terres rares. La Chine gagnante sur le court terme devra payer plus tard ses excès. Des territoires de Mongolie et d’autres sont irrémédiablement pollués, parce que les solvants ont été dispersés sur les sols, et qu’ils ont ensuite pollués les nappes phréatiques puis les fleuves.
Il n’empêche que pour l’instant, nous manquons de ces matières dont nous avons le plus grand besoin. Un exemple, la Chine pour des raisons politiques, vient de couper les vivres au Japon. Résultat l’entreprise Toyota , qui , a besoin de 10 000 tonnes par an de terres rares pour ses batteries et ses voitures hybrides, est condamnée, sauf à se délocaliser en Chine. Voilà le piège refermé.
La situation est si grave, que la secrétaire d’Etat américaine, en personne, vient de déclarer que son pays était désormais à la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement.
Il serait bon que la France fasse de même.
D’abord parce que nous ne possédons pas de production minière Ensuite parce que n°1 mondial des terres rares séparées –est Français grâce au procédé découvert par Rhône Poulenc. Or cette la société, a elle aussi, changé son approvisionnement Australien, pour un approvisionnement exclusivement chinois. La société Rhône Poulenc est désormais à la merci d’une découverte intéressante, ou devra elle aussi se délocaliser.
Ses usines sont condamnées à être fermées, ce sont pour la France,, 500 emplois qualifiés qui doivent disparaître, des recettes fiscales en moins, le meilleur savoir faire mondial dans ce domaine, que nous allons perdre.
Voilà ou nous mènent les politiques néo libérales, la naïveté, le manque de courage et peut-être aussi le temps qui manque aux politiques pour écouter certains experts.
Nous n’entamons le procès de personne, car nous pourrions entamer le notre, la seule question qui vaille désormais est celle-ci : Peut-on inverser la situation ?
A en croire les hommes de l’art, sur le court terme, ce sera difficile, mais nous l’avons dit en début de cet édito, nous préparons la France de demain.
En réalité les terres rares ne sont pas si rares que cela, elles représentent 0,8% de la croute terrestre, ce qui est beaucoup, avec bien évidemment, des concentrations dans certains secteurs privilégiés et qui malheureusement, comme pour le pétrole, ne se situent pas dans l’hexagone.
Seulement toutes les recherches ont été où presque arrêtées. Il s’agit donc d’ouvrir à nouveau les mines, d’en chercher d’autres ce qui demandera du temps, et beaucoup d’argent. Or dans ce cas précis, impossible de laisser du temps au temps. Nous ne pouvons pas laisser la Chine prendre trop d’avance dans ce domaine vital aussi. Il existe une solution plus rapide, le recyclage. Des stocks de ces 17 matériaux rares se trouvent dans nos décharges. Il faut donc, dés à présent, aider des entreprises à s’établir et à se spécialiser dans le recyclage des métaux rares. Nous gagnerions 10 à 15 ans, ce qui ne serait déjà pas si mal.
Mais d’autres options doivent être privilégiées.
La France connait des techniques nouvelles pouvant remplacer une partie des terres rares : par exemple nos savants ont découvert 450 espèces de plantes qui possèdent des capacités pour accumuler les métaux qu’elles peuvent ensuite restituer. La France toujours elle, a découvert un autre procédé qui consiste à utiliser des bactéries. Cela nous permettrait de trouver un peu de métaux rares, mais pas suffisamment .
Nous avons donc à chercher ailleurs et vite, car les terres rares, ou d’autres précédés, ne sont pas seulement, la richesse du 21è siècle elles sont aussi une source de conflit potentiel.
Nous avons travaillé, avec nos modestes moyens le sujet, nous laisserons le reste aux hommes de l’art, notre rôle consistant à prévenir du problème et peut-être à émettre quelques propositions :
Comme : La France doit créer d’urgence, une agence des matières premières devant répondre aux besoins essentiels de son industrie, il est en effet important que le politique sache que désormais l’approvisionnement en matières premières devient fondamental pour la survie du pays.
Il existe bien un truc au sein du machin européen, « une commission théodule », qui après des semaines de réflexion est arrivée à la conclusion suivante « l’approvisionnement futur de l’industrie de l’Ue en matière de métaux rares est menacé par le quasi monopole de la Chine » encore un rapport qui doit coûter cher, alors qu’il suffisait de demander, nous aurions offert beaucoup mieux, et en quelques heures seulement.
Autre élément, la politique étrangère de la France doit s’adapter et prévoir le monde de demain, qui sera soumis à un impérialisme des ressources. Des conflits vont opposer le demandeur au producteur de terres rares et aussi d’autres matières premières, données à prendre en compte impérativement.
La France est -elle mal partie ? Et bien, NON, je n’irai pas au lance flamme comme me disait Madame Marie France Garaud le mois dernier. Notre pays peut aller chercher des matières premières extrêmement rares, non pas dans son sous sol, mais au fond de ces eaux territoriales.
Notre pays possède en effet, grâce à l’immensité des eaux territoriales, qui l’entourent, des ressources minérales sous marines qui doivent prendre, toujours selon les experts, le relais des réserves terrestres qui seront épuisées d’ici 20 à 30 ans.
Nous trouvons au fond des océans, mais au delà de 4000 mètres de profondeur, des nodules polymétaliques : nodules de manganèse, amas sulfurés, encroûtements colbatifèrés, hydrate de méthane, dépôts sulfurés etc.
La France possède autour de son ile de Clipperton par exemple, une réserve évaluée à plusieurs milliards de tonnes de nodules. L’exploitation de cette zone fournirait une part importante de nos besoins en manganèse, en nickel, en cuivre et deux fois ceux de nos besoins en cobalt. 90% de cette zone sont couverts par ces nodules. Il faut simplement se trouver en capacité de les exploiter à plus de 4000 mètres de fond. Mais dans ce domaine aussi, la France est en avance, son submersible, le Nautile, est capable de descendre bien plus bas encore.
La France construit et possède des bateaux océanographiques capables de mettre en œuvre des engins d’exploration des fonds marins.
La France a conçu et fabriqué un système de balises acoustiques qui permet le positionnement des engins de recherches et qui peut couvrir toute l’aire d’étude
La France est loin d’être en retard dans ce domaine, mais il est temps de se presser, car la Chine, encore elle, a fabriqué un submersible conçu pour plonger à 7 000 mètres et elle vient de demander, et elle est la première au monde, l’autorisation d’explorer les fonds d’eaux internationales.
Nous avons donc à conserver notre avance dans ce domaine, il s’agit bien de l’avenir du pays que nous voulons défendre aujourd’hui.
En effet, demain verra le déclin des terres rares, mais aussi l’arrivée des nodules polymétaliques. La France en avance dans ce domaine, ne peut pas rater cette période essentielle, aussi devons nous tous, pousser les autorités françaises à se préoccuper aussi de l’avenir de la France.
Henri Fouquereau
