Il sont intervenus devant une salle comble contenant plus de trente membres de ces syndicats et d’autres : CFDT-EADS et Eurocopter, SCENRAC-CFTC-Educnat, personnels de bord et de maintenance d’Air France, et surtout la représentante d’un syndicat agricole qui montra dans son exposé bref et vif, par l’exemple très parlant de l’échalote, comment un glissement de définition vers un sens anglais pouvait faire perdre 3.000 emplois à l’agriculture française !…. ; et près de cent autres personnes dont plusieurs étaient debout.
En présence de la confédération CFTC, et avec un message de soutien de la confédération CGT.
Remarquable chorus de révoltés, auquel se sont joints :
des officiers supérieurs à propos de l’anglais dans l’Armée au nom de l’ "inter-opérabilité" de nos forces avec celles de l’OTAN ;
des chercheurs scientifiques (CNRS, INSERM) ;
des traducteurs (SFT) inquiets de l’éventuelle ratification des accords de Londres sur les brevets européens ;
et même de hauts fonctionnaires de quatre ministères, dont celui des Affaires sociales et du Travail, bien représenté !
L’exhumation de cette proposition votée à l’unanimité par le Sénat en 2006, enterrée à l’Assemblée, a été demandée dans le document final de la conférence de presse.
Outre FFI et ALF co-organisatrices, toutes les associations de promotion du français, qui, depuis des années, avertissaient : « Aujourd’hui on brade votre langue, demain on bradera vos emplois ! » (ALF) étaient présentes ou représentées par leurs militants : AFAL, AFRAV,, Alliance francophone, ASSELAF, CLEC, DDC, « Défense de la langue française » (DLF) …
De hautes personnalités avaient écrit ou téléphoné au FFI leur appui sans aucune réserve. Parmi elles : trois Immortels : MM Maurice Druon, Secrétaire Perpétuel honoraire, MM. Erik Orsenna et Jean d’Ormesson. S’étaient joints à eux l’éminent linguiste Claude Hagège, ainsi que l’écrivain Dominique Noguez, présent dans la salle.
La vraie surprise vint des media. Dûment alertés et relancés par tous les organisateurs. Efforts bien récompensés par la présence tant de la presse écrite que des radios et télévisions. Et plusieurs journalistes non présents ont déjà parlé ou parleront de l’évènement sur la base des excellents documents distribués et expédiés.
Media fortement intéressés : une vingtaine d’entretiens avec nos responsables syndicaux et associatifs et l’un des députés.
La presse et le public ont pu entendre, et applaudir à maintes reprises, ce qui bouillonne dans le monde du travail, les cris sourds de la Grande Muette que l’on enchaîne par l’Otan, ce qui hurle chez les traducteurs de brevets européens que l’on ne veut plus traduire, ce qui souffre encore trop en silence dans nos milieux scientifiques que l’on stérilise à l’anglo-américain, et ce qui maugrée dans nos ministères auxquels - les hauts fonctionnaires venus à la conférence eussent voulu en parler s’ils l’eussent pu - Bruxelles impose le travail sur des documents envoyés uniquement en anglais !
Alors que le français est langue officielle et de travail de ces Communautés européennes, dont la naissance et le développement ont dû tant à la France, alors qu’Albion s’est bien gardée d’adopter l’euro ! Et qu’elle impose sa conception d’une simple zone de libre échange ouverte à tous les vents…
Ce qui s’est exprimé – libéré – le 8 février au Palais Bourbon, et s’exprimera encore bien plus fort demain, c’est la révolte populaire à la base.
C’est le rejet par le peuple de la gangrène qui gagne par la tête, la dénonciation violente de l’hégémonie de l’Empire, relayée par Bruxelles, et d’une vassalisation entretenue, favorisée, par trop de nouveaux vichystes en France.
C’est la volonté qu’il soit mis fin à trop d’incurie, de forfaiture, voire de sabotage de la langue et des emplois. C’est la puissante attente d’un sursaut de toutes les forces vives du pays, de toutes les énergies nationales.
D’autres Européens nous disent qu’ils attendent eux aussi la Résistance, d’abord en France. La France la doit à sa tradition, à son propre avenir, et au leur.
Mais elle le doit, plus encore, aux pays de la Francophonie, qui ont le français en partage.
Le représentant de la Confédération CFTC a été très applaudi lorsqu’il l’a souligné avec force.
Ne l’oublions jamais.
Il faut aider nos dirigeants de tous bords, et les candidats aux élections présidentielle et législatives, qui qu’ils soient, à mener ce combat à leur tour.
Haut les cœurs !
Albert Salon, ancien Ambassadeur, Président du FFI-France, membre du collectif.

FFI-Conférence 08/02/2007