Il faut dire aussi, pour être plus proche de la vérité, que Pfizer, depuis quelques années, et pour faire déjà plaisir à ses actionnaires, n’avait pas stimulé ses propres recherches celles nécessaires pour aboutir à la découverte de nouveaux médicaments.
Cette politique ultra libérale, entièrement à l’attention de l’actionnaire et du profit à court terme, est menée depuis quelques années par Pfizer.
Le Forum prévenait, il y a quelques semaines, des néfastes effets d’une telle politique en général. Le cas Pfizer est tout à fait le modèle de ce que nous dénoncions. Un groupe achète à coups d’OPA des laboratoires il se fait, à coups d’argent, le n°1 mondial, il emprunte, puis freine les investissements, dégraisse l’entreprise, pompe ce qui est possible de pomper : 15 milliards de bénéfices sur 48 milliards de Chiffre d’affaires, belle affaire et il faut en faire des économies pour arriver à un tel résultat. Des hommes sont jetés à la rue, des sites fermés ou vendus ; aucune considération pour qui que ce soit, et comme on ne peut tout vendre d’un seul coup, pas de réinvestissement, pas d’avenir pour cette entreprise, ses brevets qui vont tomber dans le domaine générique d’ici à 2 ans vont lui faire perdre 41% de son chiffre d’affaires.
Alors autre solution : on a bien dégraissé, on vend certaines unités et l’on va mener d’autres OPA, sur d’autres laboratoires qui possèdent des molécules, laboratoires que l’on va dégraisser ou l’on va tout pomper et revendre ou fermer d’ici 4 à 5 ans.
Mais il se pose un autre problème : le générique et le laps de temps séparant le dépôt du brevet et son passage au monde du générique. Il y existe un problème et nous faisons appel à toutes les bonnes volontés.
Un anticholestérol (13 milliards de C.A en 2006 va tomber dans ce domaine « générique »
L’Aricept 358 millions de dollars même chose
Forest – Le Viagra – Geodon-Zeldox – Le Detrol etc.. tout va tomber et nous le savons des laboratoires de l’empire du milieu vont se jeter sur ces médicaments et les faire fabriquer là bas dans des zones douteuses, par des enfants, des prisonniers, des esclaves.
La Thaïlande vient d’autoriser la fabrication et le distribution (vente) à moindre coûts de deux médicaments protégés par des brevets qui ne sont pas encore tombés dans le domaine public.
Le Forum a une fois de plus devancé l’info - il existe un danger, nos chercheurs vonst se trouver le bec dans l’eau, les laboratoires itou, tout sera copié, fabriqué dans d’autres pays peu scrupuleux, nos concitoyens seront soumis à la "loi médicale" des grandes surfaces.
Notre protection sociale sera dans l’incapacité financière de nous protéger.
D’un coté les profits et les comportements sont plus que douteux, de l’autres il n’y a peut-être que trop peu d’années pour rentabiliser le produit – alors une solution intermédiaire ?
Le docteur Petroussenko et le docteur Béatrice de Coster – Mallet, Denis Griesmar travaillent pour vous sur le sujet, nous auront d’ici peu des propositions à formuler et des personnalités à convaincre. Mais vous pouvez tous nous donner votre avis et tous renseignements en votre possession.
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
QUELQUES IDEES SUR LE MARCHE DES MEDICAMENTS GENERIQUES
par le Docteur Jack Petroussenko
Lorsqu’un laboratoire met au point un médicament, il garde l’exclusivité de sa commercialisation jusqu’à l’expiration du brevet et jusqu’à l’expiration de la durée de protection des données de l’AMM (10 ans en France) ; une copie du produit original peut ensuite être développée et commercialisée par un autre laboratoire. On l’appelle médicament générique. Ces copies conformes de médicaments qui ne sont plus protégés par leur brevet, ne réussissent pas à trouver leur public en France, alors qu’ils sont moins chers, mais aussi efficaces.
L’APPARITION DES GENERIQUES EST MONDIALE.
- La place occupée sur le marché par les médicaments génériques est de plus en plus importante, car ils sont aujourd’hui favorisés par les politiques de réduction des coûts de santé, réalisées dans les différents pays développés. Les médicaments génériques coûtent en effet en moyenne de 20 à 30% moins cher que les spécialités de marque.
- En France les renseignements sont contradictoires. Apparus en 1996 dans le code de la Santé publique, les génériques ne sont toujours pas parvenus à s’impose complètement. Pour les uns, ils représentaient 3,1 % des médicaments remboursés en 2001, avec des différences variant de un à trois en fonction des départements et des officines plus ou moins impliquées. Pour d’autres les médicaments génériques sont en progression, représentant 25.2 % du marché (17.2 % en valeur) en 2005 contre 13.7 % (9.2% en valeur) en1999 ! Honnêtement je ne sais pas. Mais on peut penser qu’aujourd’hui, ils vont finir par s’imposer à cause du 1/3 payant intégral chez les pharmaciens pour la plupart des médicaments. En effet le pharmacien est tenu de dire au patient dans un certain nombre de cas que s’il ne prend pas le générique, le pharmacien ne fera pas le 1/3 payant intégral, et le patient sera obligé de se faire rembourser directement par sa mutuelle.
- La moyenne européenne s’établit autour de 15 % et atteint près de 40 % en Allemagne
- et 45 % aux Etats-Unis.
PRODUCTION
1. par des sociétés spécialisées, appelées génériqueurs. L’israélien Teva mène une lutte acharnée pour conserver sa première place de génériqueur dans le monde, mais il est depuis longtemps dépassé par les américains et surtout les indiens. Les indiens fabriquent d’autre part de très bons médicaments.
2. par de grandes sociétés pharmaceutiques, ce sont alors des « génériques de marque » Les génériques de marque peuvent être un moyen pour les grandes sociétés pharmaceutiques de défendre leurs produits tombés dans le domaine public. Elles mettent en avant une meilleure sécurité et une meilleure connaissance du médicament. En effet, les médicaments génériques ne subissent que des tests de bioéquivalence. Les excipients peuvent varier, ce qui peut entraîner de nouveaux effets secondaires ou certaines contre-indications (allergies).
Leur fabrication répond aux mêmes normes d’exigence que tous les autres médicaments (contrôles, délivrance d’une autorisation de mise sur le marché, engagements « qualité » des laboratoires, etc.). Ils peuvent être proposés dans un grand choix de formes galéniques, et de ce fait, il existe une solution adaptée pour tous les patients, permettant de tenir compte des spécificités de chacun (contre-indications, allergies, habitude d’usage, modes d’administration, etc.).
On distingue trois TYPES DE GENERIQUES :
- la « copie-copie » : c’est la copie conforme du médicament original (même molécule, même quantité, même forme galénique, mêmes excipients) souvent produite par le même laboratoire pharmaceutique.
- les médicaments essentiellement similaires : l’excipient change mais ni le principe actif, ni sa quantité, ni la forme galénique ; ces génériques doivent uniquement prouver leur bioéquivalence avec le médicament original.
- les médicaments assimilables : la forme galénique change (comprimé au lieu de gélule par exemple), la forme chimique du principe actif change (sel au lieu de base, par exemple) ; ces génériques doivent également prouver leur bioéquivalence avec le médicament original. Ils sont des équivalents du médicament.
Il existe deux autres types de médicaments pouvant être considérés comme génériques dans d’autres pays que ceux de l’Union européenne :
- les médicaments originaux améliorés, parfois appelés « génériques plus » : les médicaments originaux sont améliorés en terme de tolérance, efficacité…
- les « me-too » : ils ont la même activité thérapeutique sans être identique ; il s’agit en fait d’un médicament différent ayant la même indication, par exemple avec une modification mineure de la formule. On peut considérer que certaines statines, antiparkinsoniens dopaminergiques (6 sur le marché français) sont des « me too ».
LEGISLATION DANS L’UNION EUROPEENNE.
Un médicament générique est un médicament ayant « la même composition qualitative et quantitative en principe actif, la même forme pharmaceutique, et dont la bioéquivalence avec la spécialité de référence est démontrée par des études de biodisponibilité appropriées » (Code de la santé publique français).
En pratique, cela signifie que la spécialité de référence doit exister ; qu’elle doit avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) qu’elle doit être ou avoir été commercialisée en France, que son principe actif doit correspondre à un groupe du Répertoire des génériques, que le médicament générique doit être « bio équivalent ». Mais rien ne dit que cela va durer. Plus les prix baisseront et moins on sera sur de se référer à un code de santé quelconque. L’automédication est un marché important et une porte d’entrée aux abus. Existence d’un vaste marché sur Internet qui n’obéit semble t’il qu’aux lois du marché.
Pour le moment, lorsqu’un médicament est accessible en automédication, l’usager peut choisir librement entre le médicament et son générique. La législation spécifique concerne :
- la possibilité pour le médecin de prescrire en dénomination commune internationale (DCI) ;
- la possibilité pour le pharmacien de délivrer un générique lorsque le médecin a prescrit un princeps.
Pour que ce soit possible, il faut :
- que la DCI soit inscrite au répertoire des génériques (en France,il est établi par l’AFSSAPS)
- que le médecin ne s’oppose pas à la substitution : en France, le médecin peut inscrire « NS » pour « non substituable » sur l’ordonnance ;
- que le patient ne s’oppose pas à la substitution.
LES ÉTATS-UNIS SONT UN PARADIS POUR LES FABRICANTS DE MEDICAMENTS GENERIQUES.
Vingt-cinq milliards de dollars. C’est le poids des génériques aux États-Unis, de loin le plus grand marché des médicaments au monde. Un médicament sur deux prescrits y est une copie. On comprend mieux la guerre qu’y livrent les fabricants de copies de médicaments pour avoir leur part du gâteau. D’autant que le futur s’annonce encore plus radieux pour eux. On estime que plus de 30 des 57 principaux « blockbusters » vont tomber ou sont déjà tombés dans le domaine public entre 2003 et 2007. (Plavix pour SANOFI) En tout, ce sont 60 milliards de dollars que risquent de perdre les grosses sociétés.
Mais les États-Unis ne sont pas un paradis pour les génériqueurs uniquement en raison de la taille du marché. Ils le sont aussi car la régulation y est plus favorable.
A partir du moment où ils déposent une plainte, la commercialisation du générique visé est suspendue pendant trente mois maximum. C’est toujours ça de pris. Mais l’arme est à double tranchant. Les assurances et des associations de consommateurs portent parfois plainte pour abus de recours pour violation de brevets et estiment qu’en retardant l’arrivée des génériques sur les marchés, les laboratoires renchérissent le coût de la santé. Ils sont de plus en plus entendus par la justice. Des recours sont parfois abusifs.
En attendant, à la décharge des génériqueurs, il faut souligner qu’il est quasi impossible de se repérer dans la jungle des brevets d’une seule molécule. Sanofi Aventis est sérieusement attaqué aux USA. Ainsi, l’anticoagulant Lovenox de Sanofi Aventis est protégé par plus de 120 brevets. Idem pour le Plavix, attaqué outre-Atlantique, qui, si l’on en croit certaines études, est « généricable » depuis 2003. Sanofi Aventis affirme, lui, qu’il est protégé jusqu’en 2011 ! Ou plus, si, d’ici là, le numéro trois mondial lui trouve de nouvelles indications thérapeutiques, de nouvelles formes ou de nouveaux procédés de fabrications. Pour ne pas louper le coche, Teva, Ranbaxy, Sandoz et les autres génériqueurs, sont parfois obligés de fabriquer au « culot »
CONCLUSION Encore des effets de la mondialisation et de l’ultra libéralisme !
Dr J. Petroussenko
Il existe 3 défauts :
- L’ouverture de l’Europe à la mondialisation qui offre nos entreprises pharmaceutiques ( française et européennes ) à la convoitise des étrangers ( grands groupes américains ) qui les achètent pour supprimer des concurrents, s’accaparer leurs études et brevets et détenir le monopole ….
- la disparition lente mais notable d’une industrie pharmaceutique française traditionnelle rongée par la concurrence.
- La suppression du remboursement de la SS de vieux médicaments peu chers qui deviennent déficitaires et disparaissent définitivement de la pharmacopée. Ils sont remplacés par de nouvelles molécules mal connues, chères, pas toujours plus efficaces, parfois extrêmement dangereuses à cause d’études incomplètes …
solutions proposées
- Favoriser l’actionnariat stable français. Créer un centre national pharmaceutique avec une forte participation de l’Etat à l’image de ce qui avait été fait pour l’atome. C’est le contraire de la privatisation. Forte participation des personnels. Laisser vivre les petits laboratoires qui pourraient collaborer avec le centre national. Donner la préférence aux labos français. C’est le contraire de ce que nous impose la Commission de Bruxelles.
- Faire une politique du coût du médicament sans excès de prix et sans perte, sans le faire tomber dans le domaine public, ce qui laisserait le monopole du médicament dit générique à celui qui l’avait trouvé, ce qui lui permettrait de continuer à financer sa production, le secteur de la distribution et une partie de la Recherche & Développement du laboratoire.
- S ’affranchir de Bruxelles
- Pratiquer la préférence Made in France, puis Made in Europe … ( protectionnisme )
- Il y aurais lieux de vérifier s’il n’existerait pas des dessous illicites dans les décisions de donner ou retirer l’AMM ?
Dr Raoul louis Cayol
Pour ce qui est des Génériques, je dois avouer être d’accord avec l’interrogation parue dans le dernier Bulletin du Conseil de l’Ordre des Médecins des Yvelines, sous la signature de l’un de ses membres :
Si les génériques contiennent effectivement les mêmes produits actifs que les médicaments correspondant issus d’un Laboratoire pharmaceutique connu, et si ceux-ci, avec leurs dosages respectifs, sont effectivement indiqués sur leur boîte …
Mais voilà : Sur les boîtes de « génériques », rien n’est dit sur les ingrédients, toujours associés dans l’élaboration de l’ensemble du remède : adjuvants, éléments d’homogénéisation de la structure, voire micro-éléments biologiques favorisant cliniquement l’effet du remède, et qui, de par la réflexion spécialisée et l’expérience clinique du médecin, seul apte à comparer les effets de tel « générique » sur différents patients porteurs de la même affection,pourraient lui permettre de tenir grand compte d’éventuelles limites ou insuffisances, en adaptant sa prescription au cas individuel de son patient , voire à strictement préciser strictement telle ou telle marque pharmaceutique - ce qui ne lui est pas impossible.
Mais, les génériques ne font pas place à une réflexion modulée, dûment éclairée. Le médecin manquant d’informations globales, s’il ne veut être systématiquement strict renvoie la balle au pharmacien.
Les patients ont à faire confiance à « l’anonyme » fabriquant pharmaceutique et au fournisseur de la Pharmacie où il confie son ordonnance. La pharmacien, lui même, aurait à mener une enquête pour répondre à ces questions supposées « de détail » sur le médicament générique qu’il vend à son client.
Quant à la vente « libre marché » en pharmacie des remèdes non remboursables, on peut en prévoir les effets : Qui dit libre marché, dit libre auto-prescription, si ce n’est mutation du pharmacien en supposé médecin, écoutant des symptômes plus personnels, voire intimes, au vu et au su des autres clients qui – au besoin - donneront aussi des avis de leur propre crû, afin d’aider l’âme en peine de choix.
On bavardera sur la place du marché (libre) et tous les diafoirus, contraints ou volontaires, en seront.
Pas d’ordonnance, pas de consultation, temps gagné, vite fait. A moins que ce soit Internet qui donne aux plus audacieux et aux habiles le moyen de surfer de site médical, en site symptomatique (avec les opinions sur Blogs) pour s’auto-prescrire après longues recherches.
Qu’en est-il alors de la relation confidentielle médecin/malade, de la confiance mutuelle qui fait, avec le savoir spécialisé, l’essentiel de l’art médical, et de son excellence ? Autant trouver un bon sorcier ou sa consoeur ! !
Vaste question que celle des génériques.
L’essentiel dans ce domaine de la pharmacie, pour moi, est que l’on a créé les conditions pour un oligopole qui tue la créativité.
Ce ne sont pas les plus grands laboratoires qui sont les plus productifs, loin de là, puisque leur objectif prioritaire est de racheter de plus petits qu’eux pour maintenir leur niveau de profits.
Inversement, la France a une tradition de "potards" découvreurs, et créateurs de grosses PME, qu’il faudrait encourager.
C’est en redonnant de la variété et de la créativité au paysage pharmaceutique (mais il y faut des dispositions anti-trust à l’échelle mondiale) qu’il faut se poser le problème des brevets et celui des génériques.
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