VgE s’était trompé avec SA crise pétrolière, alors qu’il s’agissait uniquement d’un problème financier, (nous n’avons jamais manqué de pétrole mais il a fallu sortir beaucoup plus d’argent qu’auparavant). Les banques souffrent aujourd’hui d’un manque de liquidités, auquel s’ajoute la frilosité des banquiers échaudés par des prêts risqués.
Les pouvoirs publics, viennent d’avouer avoir pris conscience de la gravité de la situation. Ils veulent maintenant éteindre le feu. Seulement avec des réunions à l’Élysée annoncées pour 5 heures du matin, une sélection de banquiers et d’assureurs, amis des amis ; le pouvoir politique attise les braises.
La finance et ensuite l’économie ne reposent que sur la confiance -Si le pouvoir politique, le pouvoir monétaire ne peuvent ramener une certaine sérénité, s’en est fini des économies, et du paiement des retraites.
Un journal, hier, a voulu faire de l’humour avec les noisettes de la caisse d’épargne.
Vous avez du, comme moi, entendre ce chauffeur de taxi, qui suite à cette lecture venait de retirer SES livrets A de la CE.
Dans l’affaire de la CE, à part les porteurs de parts sociales, cette affaire ne regarde personne et surtout pas les clients, car il s’agit d’un achat effectué en se servant des fonds propres de la CE : ET SOULIGNONS LE A NOUVEAU : SURTOUT PAS AVEC L’ARGENT DES CLIENTS. Ce qui a été à peu prés bien déterminé par les gens présents à l’émission "C dans l’air" d’hier, vue cette nuit . Sauf que les hommes de l’art n’ont pas su expliquer que réellement personne ne perd d’argent en bourse, tant qu’on n’a pas vendu ses actions et que la CE ayant acheté un service, n’a pas l’intention, ni le besoin de vendre quoi que ce soit. Alors bien sur il y a le hors bilan, qui fait que le bilan ne dit plus exactement quel est le vrai visage de l’entreprise, les cours boursiers étant devenus à inscrire obligatoirement dans les bilans. Mais cela est du cinéma.
Ne cédons surtout pas à la panique, regardons l’histoire de la bourse, c’est encore l’endroit ou l’on gagne le plus d’argent sur le temps.
ACTE II
Si l’année dernière, le FPF avait annoncé, la crise, ses causes, l’ampleur qu’elle allait prendre et ses conséquences, il s’est trompé sur un point : Il n’a pas prévu qu’elle pouvait faire exploser le machin européen. Titre du monde :" Chacun pour soi, les européistes se divisent sur la crise financière ".
Henri Guaino, toujours lui, ouvre le bal en dénonçant les critères de Maastricht. Il est vrai qu’un traité signé par beau temps, peut-être dénoncé lorsque le vent tourne mauvais.
L’Irlande décide unilatéralement de garantir l’intégralité des dépôts dans ses six grandes banques.
La commission et le commissaire à la concurrence sont fous de rage, d’avoir appris cette décision par voie de presse. Décision tout à fait contraire aux articles qui imposent la concurrence non faussée.
Quelques traités sont donc remis en question par ce protectionnisme, qui n’ose dire son nom, mais qui renoue avec cette vieille habitude du dumping financier, qui se pratiquera désormais autrement qu’avec les dévaluations compétitives.
Quid de l’euro qui devait nous protéger des attaques monétaires venant de pays de l’UE ?
Paris et Berlin se déchirent sur le plan Paulson à l’européenne. Paris est accusé d’avoir proposé que chaque Etat de l’UE verse 3% de son PIB (350 milliards d’euros) dans un fonds devant servir à garantir l’argent déposé dans les banques.
Il s’agit en réalité d’une proposition d’un Premier Ministre d’un Etat de L’UE, qui après un repas, certainement bien arrosé, à voulu mettre à mal cet article du traité de Maastricht qui impose aux Etats de ne pas dépasser les 3% de leur PIB pour leur déficit. Toujours ce traité signé par beau temps.
Allemagne trépigne de colère d’avoir été mise devant le fait accompli et menace la réunion de demain.
Quelques mots de l’entourage de Madame Merkel " nous ne considérons pas cette proposition comme praticable, car l’UE est basée sur la subsidiarité ".
Le FPF n’avait pas compris qu’au nom du principe de subsidiarité, on ne devait pas faire certaines choses ensemble. Le principe de subsidiarité est donc crucifié au nom de la crise financière, cela il est vrai, le Forum ne l’avait pas prévu.
Bien sûr l’Allemagne est en campagne électorale et chante sur des musiques plus nationales, mais il est intéressant de constater qu’à chaque campagne électorale et dans tous les pays, les candidats sont souverainistes ou presque. (Sans quoi, ils ne passent pas.)
Dans ce cas, ce n’est plus la suppression du parachute doré qu’il faut envisager, mais celle du parachute tout court.
Chaque pays reprend son hymne national et nous avons dépassé le stade de la désunion. Des soutes du bateau UE proviennent de sinistres craquements, c’est le sauve qui peut général. Il serait temps que nous quittions nous aussi ce navire, ou nous n’avons plus rien à faire, avant qu’il ne coule et nous entraîne dans son naufrage. Un signe qui ne trompe pas : pour la première fois depuis des lustres, la presse rappelle les propos du Prix Nobel d’économie français, Monsieur Maurice Allais, " l’euro est voué à l’échec ".
(Le monde du 3 octobre 2008 page 6)
Henri Fouquereau
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