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Qu’est-ce que la Culture ?
Culture et politique, questions pour les candidats aux elections 2007
Le matérialisme a-t-il tué la culture ?
jeudi 1er février 2007
par admin
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« Ce qui reste quand on a tout oublié » : autrement dit que l’on a tout appris, tout exploré de l’étendue des savoirs, des arts, de la spiritualité, par tous les moyens de connaissance qui s’offrent à soi.
Mais aussi que la culture n’est pas la mémoire, que l’esprit de l’homme cultivé n’est pas le silo à grains, mais bien le champ maintes fois labouré, amendé, fertilisé, ensemencé pour produire des récoltes toujours plus belles et plus abondantes.

Quels sont les fruits de la culture ? Elle nourrit et fortifie l’intelligence, aiguise le jugement et la faculté de discernement, permet de prendre du recul, de la hauteur. En d’autres mots de s’affranchir d’une réalité qui voudrait s’imposer à tous, parés de fausses évidences et de vaines certitudes.

Nous ne sommes pas loin de l’idée de « sagesse », apanage notoire de ceux qui ont beaucoup vécu et beaucoup appris.

La culture va-t-elle de soi ? Non sans doute, puisque l’idée même d’é-ducation contient le sens de « conduire hors ». A la naissance, l’être humain se trouve, pour ainsi dire, en immersion dans un milieu culturel donné, tissé d’histoire, de géographie, de sociologie. Le véhicule de cette culture, par le biais des mythologies, contes et traditions, a longtemps été l’oralité, qui persiste au demeurant pour de nombreux peuples.

La langue maternelle est la première à façonner l’esprit de l’enfant, à qui les paroles entendues confèrent, pour jamais, à la fois « des racines et des ailes », qui fonderont son identité propre.

Notre civilisation s’est, quant à elle, fondée historiquement sur la « Parole » transmise par « le livre ». D’où le souci constant au fil des siècles, d’assurer notamment la continuité et la diffusion de l’apprentissage de la lecture, moyen irremplaçable de la découverte personnelle.

Ceux qui savaient à l’origine, en Occident, les moines, avaient pour vocation essentielle d’enseigner, de « faire savoir » à leur tour. C’est ainsi qu’ont pu s’écrire et se transmettre notre Histoire et celle de la pensée humaine, des philosophes grecs à tous nos grands auteurs.

Mais si la culture est un moyen de liberté en ce qu’elle permet d’approcher toujours « la vérité » qu’exige notre conscience les deux derniers siècles ont malheureusement montré qu’elle pouvait être détournée aux fins d’aliénation des peuples ou de foules, par des « élites » auto proclamées et dont le seul but était d’asseoir et de pérenniser des privilèges tant intellectuels que matériels.

C’est ici l’émergence de « contre cultures », là-bas de la « Révolution culturelle ». C’est la falsification, hier comme aujourd’hui, de l’Histoire. C’est le détournement enfin de la finalité des arts, bien éloignés à présent de leur vocation à ennoblir l’âme humaine.

Hannah Arendt écrivait : « Les régimes totalitaires ne s’emploient pas seulement à supprimer toute opposition, ils s’occupent aussi d’éradiquer toute forme de pensée ».

Mener combat pour la Culture, c’est donc œuvrer à la sauvegarde du patrimoine légué par des générations d’hommes qui nous ont faits ce que nous sommes, en même temps que préserver notre bien le plus précieux, la liberté d’apprendre, de penser, de comprendre le monde et nous-mêmes, de nous laisser tirer plus loin, plus haut et d’atteindre, qui sait ?, à la forme accomplie de nos aspirations les plus pures et les plus profondes.

Or l’idée du matérialisme de progrès a évincé du discours, et même peut-être de l’esprit du personnel politique, toute référence à l’idée de culture matrice de Civilisation, et dans le même temps instauré la suprématie de l’économie sur le politique.

L’électorat ainsi canalisé vers la revendication matérielle (toujours plus de facilité, de confort), l’envie de consommer a remplacé l’effort culturel dans les préoccupations des individus au détriment de toute spiritualité, effaçant ainsi justement les notions de Civilisation et de Nation.

Le terme de « citoyen » se touve, par le fait, utilisé à contrario de son concept originel.

C’est dans ce contexte que s’ouvre la campagne pour l’élection du Président au suffrage universel et, dans la profusion des candidatures, on va nous proposer des « programmes » quand nous attendons un PROJET qui élèverait le candidat à la hauteur de la fonction briguée.

C’est pourquoi notre commission, se refusant à considérer les candidats les plus crédibles comme de simples bateleurs, propose les chapitres qui suivent et dont les conclusions fourniront autant de questions à leur poser.

Pistes de réflexion → chapitres :
I – Culture et éducation nationale

L’EN fabrique t-elle, selon le mot d’Alain Finkielkraut, des « handicapés culturels » dont les universités sont saturées ?

La maternelle et le primaire assurent-ils la transmission authentique de la langue maternelle ?

Les collèges et les lycées, la connaissance de notre littérature ?

La télévision est-elle en train de détruire le goût de la lecture et l’esprit critique ?

Quel rôle joue t-elle « culturellement » ?

Bilan culturel de l’EN comparativement aux budgets dont-elle est dotée ?

II – Culture et ministère de la Culture

Sa création. Sa finalité

Son bilan, en fonction de ses budgets et son action

III – Culture et Patrimoine

Sauvegarde du patrimoine monumental et mémorial (état, régions, départements, communes)

La fondation du Patrimoine

L’Institut légataires de témoins culturels

Y a t-il en France de vrais mécènes ?

Transmission des métiers d’art, de l’artisanat, des traditions.

IV – Culture, Histoire et Pouvoir

La connaissance de l’Histoire (ou sa méconnaissance) influence t-elle nos opinions politiques, et éventuellement notre action politique ?

Est-elle facteur d’amour de notre Patrie ? (au même titre que notre littérature).

Les élus sont-ils tous cultivés ? Pourquoi les appeler « élites » ?

V- Culture et Religion

Connaissance ou méconnaissance des unes et des autres ? Les limites.

En quelle mesure Civilisation et Religion sont-elles indissociables ?

VI – Culture, Arts, Littérature, Cinéma, Théâtre

Le « prêt à penser », ou la « pensée unique » viennent-elles brouiller le jeu ?

L’Art contemporain est-il vraiment un art ?

Le théâtre et le cinéma ont-ils à livrer un message politique ?

Autres chapitres à ouvrir ? Vos suggestions à

Françoise BUY REBAUD : 06.76.83.42.75. ou à Marianne PEGUET

 

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