Partons d’un constat, l’économie mondiale se porte bien. Partout sauf en Europe, les taux de croissance atteignent et souvent dépassent les 5% et pourtant, l’Europe en général et la France en particulier sont en crise. Nous français traversons une période difficile, dans laquelle nos principes de solidarité qui soudaient la nation volent en éclat, laissant place au plus parfait « chacun pour soi » digne du plus terrible retour en arrière que notre pays ait vécu.
Deux responsables se partagent les raisons de cette chute aux enfers : Le mondialisme, idéologie dévorante, et Bruxelles qui impose depuis 33 ans une globalisation, ennemie du message universel de la France. Nos élites montrent l’exemple en pratiquant l’abandon systématique du navire, la machine européenne s’est engouffrée dans les voiles dubateau France, le guidant inexorablement vers son naufrage.
J’ose le dire, l’Europe est un faux projet, mis en place par des gens au service de causes qui ne sont pas les nôtres.
Se dresser contre le Traité de Lisbonne, il faut le faire, mais cela n’est pas assez : Ce sont tous les traités européens qu’il faut combattre, car déjà, dans le Traité de Rome, la libéralomanie anglo-saxonne a volontairement introduit un article qui voulait que soient mises en pratique les théories de certains groupes américains totalement « la politique commerciale doit contribuer, conformément à l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la réduction des barrières douanières ».
Le ver était introduit dans le fruit, mais comme personne n’avait osé, du temps du Général de Gaulle, appliquer cette horreur, parce qu’il s’y serait opposé par idéologie et surtout pour défendre l’intérêt national, nous n’avons mesuré l’ampleur de ce contresens .
Il a fallu Giscard, pour mettre en pratique ce que les grands groupes internationaux attendaient depuis des lustres. Le droit de se goinfrer sur le dos des peuples en faisant abaisser ces frontières d’un autre âge, en détruisant ces protections sociales intolérables, en supprimant les barrières douanières qui ne protégeaient que des nations dépassées. Le petit Giscard a fait de 1974, l’année charnière, ou les tendances fondamentales de l’économie ont été profondément modifiées. Le pays n’a peut-être pas encore pris conscience de la faillite de cette politique laissez-fairiste, mondialiste, qui s’est mise en marche, comme par hasard, à la suite de l’entrée dans l’Europe, de la Grande Bretagne ultra libérale et au service de qui vous savez.
Les résultats de cette politique sont nets : destruction de nos emplois, destruction de notre industrie, destruction de notre croissance, perte de l’indépendance, abandon de notre souveraineté.
L’établissement du système dit des changes flottants en 1973, la libéralisation des capitaux qui a suivi, grâce, une fois de plus, au petit Giscard et la politique mondialiste imposée par Bruxelles ont fait de la France un État croupion mendiant sa maigre pitance auprès de Bruxelles, comme le faisaient naguère les dirigeants de la IVème auprès de Washington. Puis je aller à la pèche, à la chasse, puis-je encore parler Français, puis-je faire respecter mes convictions, ma religion, mon attachement à ma Patrie ?
Il ne s’agit pas de phrases ou de mots choisis pour noircir un tableau En cas de crise, la France serait dans l’incapacité de produire le moindre moteur électrique, nos armements ne seraient plus réparés et nous ne serions même plus capables d’approvisionner en nourriture les 63 millions de Français.
Cela me direz vous c’est pour demain, oui mais, depuis des années, l’Etat est incapable de fournir du travail à toutes les personnes en âge de travailler, malgré ce droit inscrit dans notre constitution. Un Président de la République a dit qu’en matière de chômage, il avait tout essayé et qu’ il n’y a rien à faire. Pourtant si ce socialiste avait osé s’opposer à l’ultra libéralisme de Bruxelles, il avait la solution. Je travaille actuellement avec Maurice Allais, notre Prix Nobel d’économie, pour une émission sur Radio Courtoisie.
Ce savant a chiffré depuis longtemps, ce qu’il fallait pour assumer le plein emploi et c’est tout à fait facile. Il suffit que la consommation (elle est pour lui européenne, elle sera pour nous nationale) soit assurée à 80% par la production nationale.
J’ai donc demandé à un groupe d’experts, qui travaille au sein du Forum pour la France, de situer le niveau actuel de dépendance de la France vis à vis de l’extérieur.
Travaux difficiles à effectuer, car l’extraordinaire outil de travail qu’était l’INSEE n’est plus ce qu’il était. Ces spécialistes travaillent sur 118 produits qui représentent ce que nous consommons le plus. Le résultat est effrayant, il est constaté que dans la majorité des cas, notre production ne couvre même plus la moitié de notre consommation. Bien sûr il y a encore les TGV, les Air bus et quelques centrales nucléaires, mais il suffit de regarder autour de nous pour nous en convaincre, les ordinateurs, les portables, les télévisions, tout l’électroménager, nous l’avons dit les moteurs électriques, le textile, le cuir maintenant, il ne nous reste plus que le beaujolais et le château de Versailles, même les pommes de terre et la viande viennent souvent d’ailleurs.
Il faut être fou, de 1950 à 1974, le taux de croissance de notre PIB a été de 4,9% l’an. Depuis que Bruxelles a pris la barre, notre PIB est descendu de plus de moitié, à 2,6%. C’est à dire qu’en 33 ans nous avons perdu plus de 85% de croissance.
La concurrence libre et non faussée est une aberration pour un pays honnète. Elle ne sert que ceux qui exercent un dumping dans le secteur : monétaire, fiscal, social, environnemental ou humain. Comment lutter contre des coûts de travail 50 fois inférieurs aux nôtres, contre des dévaluations monétaires compétitives de prés de 40 % ? Vous voulez connaître le résultat ? Un exemple a été donné dernièrement par un journal du soir : Premièrement, la production des automobiles françaises a baissé de 11,1 %, sur le territoire national Deuxièmement la production des automobiles françaises, hors de France, a augmenté de 16%- Voilà la vérité, voilà le résultat de la Politique imposée par Bruxelles et son mentor l’Amérique.
Mais, ne désespérons pas, il existe une solution : actuellement, les 22 millions d’employés français, fabriquent moins de 50% de notre consommation.
Il suffit de casser le cycle de la dépendance et de réinstaller notre souveraineté. Fabriquons à nouveau 80% de ce que nous consommons et ne vendons à l’extérieur que ce que nous savons bien faire – Avions – centrales nucléaires – infrastructures – usine à dessalement de l’eau de mer – voitures – eau – produits de luxe et artisanaux etc cela doit suffire à notre bonheur.
La France a su, jusqu’à ce jour, éviter la route du socialisme qui n’est pas la sienne, mais pourquoi s’est-elle engouffrée sur le sentier de la jungle inhumaine de l’ultra libéralisme ?
Pourquoi n’a t-elle pas continué son chemin, celui qui laisse libre le marché national, mais l’encadre par un plan, car en France on ne rêve pas, on connait l’appétit des affairistes.
Ce chemin sur lequel vivaient des sociétés qui nous appartenaient- Pourquoi avoir écouté les pseudo-libéraux qui hurlaient qu’il fallait les libéraliser parce qu’ elles ne rapportaient pas assez.
Nous les avons vendues, souvent à des étrangers, et nous sommes contents, nous n’avons plus rien : les Banques, les assurances gagnent désormais des milliards, mais pour d’autres, les autoroutes vendues, Air bus, on l’a partagé au nom de la concurrence, l’énergie elle vient d’être libéralisée, même la poste, à croire qu’ils sont timbrés, l’eau qui était un service public a été privatisée, vous connaissez désormais le montant d’une facture à laquelle personne ne prêtait attention. Nos armées, nous allons les partager, espérons que ce ne soit pas avec nos futurs adversaires, pas possible d’être aussi naïfs et destructeurs.
Constater, petit à petit, la disparition du génie de la France est intolérable, baisser les bras et regarder passer le train de la mort est indigne – Se tromper de stratégie de défense est criminel. Mais avons nous, su, nous les souverainistes, défendre la France comme il le fallait ? Non, les choix stratégiques, déterminés par ceux qui se sont auto-proclamés chefs du mouvement souverainiste n’étaient pas les bons.
Pour être entendu, il faut être écouté : Or les auto-proclamés ont proposé des solutions qui ne convenaient pas aux Français . Une image d’extrémisme, nous colle à la peau et nous range, pour beaucoup dans les infréquentables ; La presse en est responsable, mais certains de ceux qui pensent être des nôtres ont l’agitation malsaine et des débordements intempestifs, le résultat est là : maigre très maigre.
Il faut que nous en prenions conscience, les Français ne prêteront l’oreille et donneront leurs voix qu’à ceux qui les rassureront – Ils ne sortiront des chemins battus que lorsqu’ils auront trouvé les bâtisseurs qu’ils espèrent. Jamais ils ne se rangeront derrière les néo-destructeurs, car en cette matière ils ont largement ce qu’il faut.
Si nous voulons que la France retrouve sa souveraineté il va falloir rassurer nos compatriotes. Monter et travailler les dossiers, informer nos gens, ne surtout pas les laisser dire n’importe quoi, noircir le tableau, simplement pour exister.
Nous avons des armes, je pense à l’Indépendance, une centaine de publications, des sites dont quelques-uns marchent fort bien, nous sommes un certain nombre à animer des émissions de radio- C’est à dire qu’aujourd’hui, nous touchons du monde. Profitons-en, les dernière Présidentielles ont mis l’accent sur nos faiblesses, mais elles ont un mérite, elles ont balayé devant nos portes et nous ont laissé du champ.
La souveraineté nationale n’appartient, ni à un camp, ni à un clan, ni à un parti, elle concerne TOUS les Français, il faut que cela se sache et c’est à nous de le dire, mais de bonne manière.
Je vous remercie.
Henri Fouquereau
Secrétaire Général du Forum pour la France
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