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Les français ont-ils envie d’une immigration accrue ?
Commission Attali et immigration par J. Petroussenko
Choisir l’immigration empêche t’il de la subir ?
mardi 5 février 2008
par Administrateur (Webmestre)
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Pour libérer la croissance, la commission Attali envisage une relance de l’immigration parce que la France devra "faire face à un marché du travail en tension", écrit-elle, et que Bercy prévoit en 2015 des besoins de recrutement d’environ 750 000 par an. D’autre part "l’immigration, facteur de développement de la population, sera en tant que telle une source de création de richesses, donc de croissance". Forte de ces assertions la commission préconise de faciliter la délivrance de visas aux étrangers. Certes les étrangers apporteront une valeur ajoutée à la production, et à la consommation, mais cette vision méconnait les problèmes spécifiques liés à l’immigration qu’il faut mettre en balance. Les immigrés nécessitent une autre vision qu’une vision purement économique. Si on émigre c’est pour vivre mieux. Il ne faut pas faire venir des émigrés pour en faire des exclus.

L’immigration choisie implique des ouvriers qualifiés, donc des contrats de travail préalables, et des accords de réadmission dans le pays d’origine.

Donner du travail sera peut-être possible, à condition qu’il y ait du travail à donner, et que cette proposition soit compatible avec le concept d’immigration choisie, qui permet déjà le travail des étudiants étrangers en France après leur cursus universitaire, et l’ouverture de certains secteurs d’activité par la suppression de l’autorisation préalable à l’embauche. Donner du travail implique un marché du travail, or aujourd’hui il, y a un chômage de l’ordre de 8 %, des fermetures d’entreprises, des délocalisations, une perte des industries, une inadéquation entre la formation des jeunes et les offres d’emploi, des licenciements massifs dans les grandes entreprises alors qu’elles font des bénéfices, du travail au noir etc. Sans parler de la spéculation boursière aux dépens de l’économie réelle, d’un système monétaire surréaliste, et aujourd’hui d’une crise financière de très grande envergure dont on ne sait pas à quoi elle aboutira.

Ne risque-t-on pas de tirer les salaires vers le bas, même avec des bac + 4 ? De faibles salaires entraineront un faible pouvoir d’achat, une paupérisation voire une exclusion, qui n’atteindront pas seulement les immigrés. Le ministère de l’immigration a publié une circulaire permettant la régularisation des sans-papiers travaillant déjà en France, qui promet des ennuis, vu le nombre de candidats, qui sortiront de la clandestinité.

Ces travailleurs choisis, méritent un accueil digne permettant les conditions d’une intégration, jusque là inexistante, ce qui implique une immigration maîtrisée, politique traditionnelle de la France. Pour cela outre le contrat de travail, il faudra une politique du logement. Même si les conditions de vie des immigrés se sont améliorées au cours des dernières années (ils appartiennent à la classe moyenne) le surpeuplement dans les appartements qu’ils occupent est plus fréquent que pour le reste de la population (28,4 % contre 5 %). Il y a parmi les immigrés des familles dont le nombre des membres est supérieur à la moyenne nationale avec un revenu inférieur au niveau national moyen, et beaucoup de personnes isolées. Le recensement de 1999 indiquait pour les familles que sur 1.370.000 ménages étrangers 31 % étaient propriétaires du logement, 65 % seulement locataires, dont 31% en HLM, 4 % en meublé ou en chambre d’hôtel. Ces derniers sont les plus mal-logés. Pour la plupart les immigrés isolés célibataires (800.000 environ) occupent des logements chez l’habitant ou chez l’employeur, c’est à dire dans le parc privé. D’autres (140.000 environ) vivent en foyer. La SONACOTRA gère la moitié de ces lits « de foyer ».

Ensuite il faudra pour les enfants une politique scolaire qui n’existe pas. Aujourd’hui le « mammouth » a des difficultés notables, selon les endroits, à réaliser une bonne intégration des enfants d’immigrés comme des enfants français. Il y a des programmes et des méthodes qui entrainent malgré la qualité des enseignants, un afflux vers les écoles privées, où l’enseignement à la maison. Que feront les enfants d’immigrés qui ne pourront pas y accéder ? Se retrancheront-ils dans un communautarisme ? Surtout dans des zones urbaines difficiles. Le nombre d’étrangers vivant en zone sensible a augmenté de 13,3 % depuis les années 1990.

Si ces trois conditions ne sont pas réunies, il y aura échec de l’intégration, une montée du communautarisme, et des zones sensibles, et finalement un rejet de l’immigration.

Mais les maux réels dont l’économie souffre, ne sont pas l’absence de travailleurs compétents dans certains domaines ce sont, la retraite à 60 ans, et les 35 heures, qui handicapent également nos régimes de retraites, outre le marasme économique provoqué par le mondialisme. Demain qui paiera les retraites ? Les immigrés ? Il y a d’autres réponses à travers des politiques démographiques globales à long terme, qui lieront la nature même des régimes de retraite à la constitution du capital humain. Il peut être en effet souhaitable de définir une politique traditionnelle de la famille et de la natalité.

La richesse produite par les immigrés a un coût qui est également à prendre en considération. Il a été estimé récemment à 24 milliards d’euros par an. Il faut y ajouter le coût de l’intégration des présents estimée à 12 milliards d’euros par an. Total : 36 mds d’€. Si on imagine le nombre de travailleurs à faire venir le coût en sera évidemment supérieur. Une estimation ancienne montrait les déficits des prestations sociales. En revanche, les prestations de santé s’équilibraient. Il est intéressant de constater dans cette estimation, que si les cotisations des étrangers rapportaient 12, 25 Mds d’ €, et les dépenses maladie et accident du travail les concernant était de 11, 13 Mds + 1,14 Mds d’ € soit 12, 27 mds d’€, ils équilibraient à peu près leur budget, et coûtaient peu à la sécurité sociale. Toutefois les choses ont changé depuis dix ans.

Enfin un gouvernement quel qu’il soit doit avoir le souci de l’opinion de ses propres concitoyens avant tout. La France a des problèmes d’identité qu’il faut également prendre en compte sauf à faire rejeter les étrangers par les Français. Le communautarisme s’oppose à la bonne intégration dans la communauté nationale. Il va à l’encontre de la collectivité et s’oppose à cette identité. La France n’est pas une société multiculturelle, mais intégratrice et assimilationniste à long terme. L’identité nationale, ne s’est pas faite en un jour. La France est une nation, une histoire sur un territoire ancien, avec des peuples divers, une langue internationale, une civilisation qui a eu (et a toujours) une influence dans le monde. Aujourd’hui la France avec un taux de fécondité de 1,98 (immigrés compris) reste en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme) et n’a pas de risque d’implosion démographique. Une politique de la natalité et de la famille y serait source de croissance.
Or les français ont-ils envie d’une immigration ? Non, pas à n’importe quelles conditions. A t’on besoin d’une immigration choisie ? Il semble que cela soit le cas si les prévisions de Bercy se vérifient, mais la crise financière actuelle, ou d’autres qui viendront feront voler en éclats toutes les croissances du monde, et dans ces cas en aura-t-on besoin ? Choisir l’immigration empêche t’il de la subir ? Non le problème des clandestins restera le même soumis, inconnu, souterrain, déséquilibrant l’économie et la société et vaguement contrôlé par l’agence européenne Frontex, et les directives de l’Union européenne.

Il faut savoir aussi que Bruxelles va assouplir sa politique d’immigration, car il y a nécessité de repeupler certains de nos partenaires européens, et a l’intention d’ouvrir les frontières à 20 millions de travailleurs asiatiques et africains pendant les deux prochaines décennies. L’appel en a été lancé récemment par le commissaire à la Justice de l’Union, Franco Frattini. Cette nouvelle immigration, sera gérée avec une "carte bleue" comparable à la "carte verte" américaine pour recruter des "travailleurs qualifiés" et ce n’est qu’un début. Il en faudra davantage.

Il faut rappeler que l’article 69b du traité de Lisbonne transfèrera la totalité de la politique d’immigration légale vers Bruxelles. La France se verra retirer des compétences encore plus nombreuses (54 nouvelles compétences) qu’avec le traité constitutionnel rejeté par les Français en mai 2005, et l’immigration en fera partie qui sera désormais votée à la majorité qualifiée. Si ses partenaires ne sont pas du même avis cela aboutira inéluctablement à sa mise en minorité.

On en revient ainsi toujours à la même véritable cause de toutes nos impuissances, le « machin européen » et la perte de souveraineté de la France dans l’Union. La commission Attali ne fait que s’aligner sagement sur la politique européenne, ce qu’on pouvait prévoir depuis longtemps, et sa proposition concernant l’immigration pose davantage de problèmes qu’elle n’en résout.

 

Documents joints à cet article :
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