Donner du travail sera peut-être possible, à condition qu’il y ait du travail à donner, et que cette proposition soit compatible avec le concept d’immigration choisie, qui permet déjà le travail des étudiants étrangers en France après leur cursus universitaire, et l’ouverture de certains secteurs d’activité par la suppression de l’autorisation préalable à l’embauche. Donner du travail implique un marché du travail, or aujourd’hui il, y a un chômage de l’ordre de 8 %, des fermetures d’entreprises, des délocalisations, une perte des industries, une inadéquation entre la formation des jeunes et les offres d’emploi, des licenciements massifs dans les grandes entreprises alors qu’elles font des bénéfices, du travail au noir etc. Sans parler de la spéculation boursière aux dépens de l’économie réelle, d’un système monétaire surréaliste, et aujourd’hui d’une crise financière de très grande envergure dont on ne sait pas à quoi elle aboutira.
Ne risque-t-on pas de tirer les salaires vers le bas, même avec des bac + 4 ? De faibles salaires entraineront un faible pouvoir d’achat, une paupérisation voire une exclusion, qui n’atteindront pas seulement les immigrés. Le ministère de l’immigration a publié une circulaire permettant la régularisation des sans-papiers travaillant déjà en France, qui promet des ennuis, vu le nombre de candidats, qui sortiront de la clandestinité.
Ensuite il faudra pour les enfants une politique scolaire qui n’existe pas. Aujourd’hui le « mammouth » a des difficultés notables, selon les endroits, à réaliser une bonne intégration des enfants d’immigrés comme des enfants français. Il y a des programmes et des méthodes qui entrainent malgré la qualité des enseignants, un afflux vers les écoles privées, où l’enseignement à la maison. Que feront les enfants d’immigrés qui ne pourront pas y accéder ? Se retrancheront-ils dans un communautarisme ? Surtout dans des zones urbaines difficiles. Le nombre d’étrangers vivant en zone sensible a augmenté de 13,3 % depuis les années 1990.
Si ces trois conditions ne sont pas réunies, il y aura échec de l’intégration, une montée du communautarisme, et des zones sensibles, et finalement un rejet de l’immigration.
Mais les maux réels dont l’économie souffre, ne sont pas l’absence de travailleurs compétents dans certains domaines ce sont, la retraite à 60 ans, et les 35 heures, qui handicapent également nos régimes de retraites, outre le marasme économique provoqué par le mondialisme. Demain qui paiera les retraites ? Les immigrés ? Il y a d’autres réponses à travers des politiques démographiques globales à long terme, qui lieront la nature même des régimes de retraite à la constitution du capital humain. Il peut être en effet souhaitable de définir une politique traditionnelle de la famille et de la natalité.
La richesse produite par les immigrés a un coût qui est également à prendre en considération. Il a été estimé récemment à 24 milliards d’euros par an. Il faut y ajouter le coût de l’intégration des présents estimée à 12 milliards d’euros par an. Total : 36 mds d’€. Si on imagine le nombre de travailleurs à faire venir le coût en sera évidemment supérieur. Une estimation ancienne montrait les déficits des prestations sociales. En revanche, les prestations de santé s’équilibraient. Il est intéressant de constater dans cette estimation, que si les cotisations des étrangers rapportaient 12, 25 Mds d’ €, et les dépenses maladie et accident du travail les concernant était de 11, 13 Mds + 1,14 Mds d’ € soit 12, 27 mds d’€, ils équilibraient à peu près leur budget, et coûtaient peu à la sécurité sociale. Toutefois les choses ont changé depuis dix ans.
Il faut savoir aussi que Bruxelles va assouplir sa politique d’immigration, car il y a nécessité de repeupler certains de nos partenaires européens, et a l’intention d’ouvrir les frontières à 20 millions de travailleurs asiatiques et africains pendant les deux prochaines décennies. L’appel en a été lancé récemment par le commissaire à la Justice de l’Union, Franco Frattini. Cette nouvelle immigration, sera gérée avec une "carte bleue" comparable à la "carte verte" américaine pour recruter des "travailleurs qualifiés" et ce n’est qu’un début. Il en faudra davantage.
Il faut rappeler que l’article 69b du traité de Lisbonne transfèrera la totalité de la politique d’immigration légale vers Bruxelles. La France se verra retirer des compétences encore plus nombreuses (54 nouvelles compétences) qu’avec le traité constitutionnel rejeté par les Français en mai 2005, et l’immigration en fera partie qui sera désormais votée à la majorité qualifiée. Si ses partenaires ne sont pas du même avis cela aboutira inéluctablement à sa mise en minorité.
On en revient ainsi toujours à la même véritable cause de toutes nos impuissances, le « machin européen » et la perte de souveraineté de la France dans l’Union. La commission Attali ne fait que s’aligner sagement sur la politique européenne, ce qu’on pouvait prévoir depuis longtemps, et sa proposition concernant l’immigration pose davantage de problèmes qu’elle n’en résout.
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Commission Attali et immigration par J. Petroussenko