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En IIIème et IVème Républiques l’ennemi était à l’extérieur
Comment la Vème République a réuni, en France, les conditions de la guerre civile par Mordicus.
Au cours des années de la Vème République il est à l’intérieur
mardi 21 février 2006
par Administrateur
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Après les chaudes journées de mai 1968, la France, à nouveau, est en état d’émeute. En IIIème et IVème Républiques l’ennemi était à l’extérieur, tour à tour l’Allemand, le Vietminh, le FLN. Au cours des années de la Vème République il est à l’intérieur. La France sécrète son instabilité, ses insurrections, les crises politiques et sociales. Celle qui débute en cette fin d’année 2005 résulte des dispositions prises par les gouvernements successifs de la Vème République, dans le cadre d’Institutions dommageables pour la France et quelle que soit la couleur politique des hommes au pouvoir. Le fait est qu’ils ont réuni toutes les conditions d’une guerre civile. Voici comment, l’énumération respectant la chronologie :

  • 1° Fort légitimement le président Pompidou a voulu industrialiser la France. De leur côté, les chefs d’entreprises souhaitaient disposer d’une main-d’œuvre docile, modérément rétribuée et l’émigration, ayant le tiers monde – essentiellement l’Afrique – pour origine, répondait à leur attente. Mais il y eut erreur sur la nature de cette industrialisation. Pour la France l’ère industrielle avait fait place à l’ère post-industrielle. Ce sont des Silicon Valleys qu’il eût fallu renforcer en effectifs. Or, ce sont des migrants quasi analphabètes qui furent accueillis. (Les chaînes de montage de Renault, à Flins souffrirent de la faible technicité d’une main d’œuvre courageuse et désireuse de bien faire mais insuffisamment formée). On n’a pas oublié les efforts de Lionel Stoleru, alors membre du gouvernement cherchant à financer le retour dans leur pays d’une large fraction de ces travailleurs à la technicité limitée.
  • 2° Mais, pour des motifs démagogiques, M. Giscard-d’Estaing étant à l’Élysée et M. Chirac à Matignon, le regroupement familial fut décidé. Les émigrés n’ont plus souhaité, la retraite venue, aller en jouir chez eux, mais préféré rester en France, avec leur famille. A long terme ce « regroupement » aurait pu être un enrichissement pour la nation. A long terme et à condition qu’il ne s’agisse pas d’une « invasion », selon l’expression de Valéry Giscard-d’Estaing, invasion aboutissant à la juxtaposition de diverses « communautés nationales et confessionnelles » sur le sol d’un pays qui ne devrait compter qu’une seule catégorie de citoyens. Mais le « regroupement » a été adopté dans un cadre législatif français qui, durant une longue période va être à l’origine de graves difficultés politiques et socio-économiques. En effet, l’absurde « droit du sol » fait de la première génération de ces émigrés des citoyens français alors que l’assimilation des parents n’est pas encore une réalité et que leur progéniture, oscillant entre deux conceptions de la vie en société, ne se fie à aucune des deux.

Le désarroi général qui en résulte est d’autant plus grand qu’en majorité cette population d’émigrés a l’Afrique pour origine. L’Afrique est un continent socio-économiquement retardé, aux conditions climatologiques rigoureuses, où trop souvent encore sévit la violence, une violence exportable. Mais, surtout l’environnement physique y est très différent de celui qui prévaut en Europe si bien que les populations africaines ont un mode de vie spécifique forgé par le milieu et le temps, très différent de celui des habitants des pays européens. Par exemple, le nomadisme ancestral et le climat ne prédisposent pas à l’entretien de l’habitat et les cités européennes ont été conçues pour la sédentarité et impliquent la vigilance constante contre les effets des intempéries. Or, pour les nouveaux arrivants non adaptés à ce mode d’habitat, l’entretien n’est pas une préoccupation majeure. Aussi, trop souvent, les murs sont-ils barbouillés de « tags », les installations mécaniques et électriques dégradées parfois dangereusement. Ces déplaisantes manifestations de la différences des us et coutumes rendent difficile, sinon impossible, l’imbrication des Français de vieille date et les émigrés ou les Français, récents citoyens. Il faudra plusieurs décennies avant que s’atténuent les différences si bien qu’il n’est pas exclu qu’un jour, hélas lointain, un descendant des « nouveaux venus » d’aujourd’hui donne un prix Nobel à la France. Mais, avant d’en arriver à cet optimiste état des lieux, que de désordres, de « malaises », de révoltes, de destructions ! Et quel affaiblissement d’une France déjà anémique ! Et combien coûteuses auront été les mesures irréfléchies de ses dirigeants, la France payant le prix de leur démagogie.

Car le droit de vote à 18 ans, à peu près contemporain du regroupement familial, a pour objet de créer, très rapidement, un nouvel électorat. En exercice, ou candidats à la présidence – depuis l’élection au suffrage universel – les politiques ont intérêt à courtiser les nouveaux citoyens espérant que, par un vote favorable, ils manifesteront leur reconnaissance.

  • 3° C’est ce que François Mitterrand avait compris bien avant mai 1968. Installé à l’Elysée, il encouragera de son mieux l’immigration vers la France : régularisation des clandestins, « vous êtes, ici, chez vous » et, en approuvant à la fois Maastricht et l’accord de Schengen, il a ouvert la voie à l’ « invasion » et décidé ainsi de la destruction de l’identité nationale telle qu’elle résultait des siècles d’épreuves et de succès partagés par la population française rendue homogène, grâce au temps. Mais les politiques français n’avaient pas le temps d’attendre. La ridicule course à l’Elysée a d’immédiates exigences.C’est le traité de Maastricht qui a eu les effets les plus délétères. Les dirigeants successifs de la France n’ont pas compris – ou plutôt leur intérêt l’emportant – feignirent d’ignorer que la France ne pouvait, à la fois, renoncer à la souveraineté pour s’en remettre au gouvernement supranational souhaité par M. Mitterrand et « intégrer » le flot d’émigrés. Lorsqu’un étranger cherche à être admis aux Etats-Unis il espère y améliorer ses conditions d’existence mais également, détenir un jour une parcelle du rayonnement mondial de la superpuissance ; il souscrit à des Institutions nationales solides et à un pouvoir fort. En revanche, arrivant en France, il découvre un Etat aux pouvoirs partagés avec Bruxelles, un gouvernement faible, une diplomatie soumise. (Le gouvernement français n’a-t-il pas approuvé un ministre des Affaires étrangères supranational) et une armée agissant sous commandement étranger. Ses dirigeants prononcent leurs discours électoraux devant deux drapeaux. Ce qui signifie bien qu’ils ont renoncé à une part de la souveraineté qu’ils doivent aux suffrages de la population. Venant généralement de contrées au régime autoritaire, les émigrés trouvent, ici, la vassalité et l’impuissance. D’où le mépris qu’affichent nombre d’entre eux, estimant que leur culture, leurs conceptions de la vie en société valent mieux que celles de la France, si bien qu’ils n’ont guère de raisons de vouloir en être les citoyens et d’en respecter les lois. Quant aux accords de Schengen, ils ont été un second signal : plus de frontières nationales, libre circulation des hommes et des biens dans l’espace mal défini de Schengen, ou plutôt, systématiquement mis à mal par les élargissements successifs. Les pays signataires ? Ils sont assimilés à un coffre-fort, encore bien garni, mais dépourvu de toute fermeture.
    En revanche, les hommes politiques et les différents partis qu’ils animent ont saisi l’importance du phénomène et, avec les naturalisations et la création d’un nouvel électorat, le rôle politique des « nouveaux » Français. D’où la considération particulière dont ils bénéficient. Un Français, un « vieux » Français, est-il assassiné à Stains par des émigrés ou de plus récents Français que nul, en haut lieu, ne s’en soucie. Si cela avait été le meurtre d’un « nouveau » les plus hautes autorités de l’Etat seraient venues verser les pleurs de circonstance et formuler les excuses du gouvernement. Même attitude en ce qui concerne les lieux du culte. Des églises sont-elles visées par les émeutiers que cela apparaît fort acceptable, mais si une grenade explose près d’une mosquée, l’émoi est général et les excuses particulièrement appuyées afin que fonctionne le racolage des voix. Depuis que le Président est élu au suffrage universel ce n’est là qu’un utile artifice électoral et c’est ainsi d’ailleurs que l’entendait François Mitterrand, habile manœuvrier lorsqu’il encourageait l’immigration.
  • 4° Dernière – en date – grande fausse manœuvre gouvernementale : la suppression du service militaire. Mesure éminemment démagogique, elle devait rallier les suffrages des jeunes Français désormais en mesure de préparer leur avenir sans avoir à tenir compte de l’année passée dans les armées. C’est toujours l’élection du Président au suffrage universel qui incite à « ratisser large » afin d’assurer l’élection ou la réélection. En la matière, la France contemporaine a rarement su comment assurer sa sécurité (mises à part, naturellement, les années 1960-1975).

Lorsque la gigantesque panoplie soviétique passait pour menacer l’Europe de l’ouest, le service militaire était davantage une mesure conservatoire qu’une nécessité stratégique. Les maréchaux du Pacte de Varsovie ne cachaient pas leur stratégie : avec un effet de totale surprise frapper avec leurs engins balistiques les forces de l’OTAN sur toute l’étendue du théâtre des opérations. Les armes aéro-terrestres de la France auraient été de faciles objectifs pour un tel adversaire, et peu importait, finalement, leur nombre. En revanche demeuraient dissuasifs, donc décisifs, les sous marins lance-missiles impossibles à localiser simultanément dans les océans. Et peu de spécialistes suffisaient à mettre en œuvre cet atout maître.

Avec la dislocation de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie, la grande et unique menace ayant disparu, nombreux, imprécis, de nature moins absolue sont devenus les périls à conjurer. Le nombre des combattants éventuels reprend l’importance temporairement perdue et le service militaire répond aux exigences de la nouvelle situation stratégique. C’est le moment qui fut choisi pour y renoncer.

De même qu’il y avait incompatibilité entre les abandons de souveraineté consentis au supranational européen, et l’intégration des nouveaux venus, de même il y eut la même contradiction entre l’assimilation des nouveaux Français et le renoncement au service militaire.

Porter le même uniforme, servir dans les mêmes rangs, quelle que soit la couleur de la peau, pour obéir aux mêmes ordres, travailler en équipe, courir les mêmes risques, ensemble, compléter une instruction rudimentaire, apprendre un métier, mécanicien, radio, cuisinier, magasinier etc… et partir dans la vie avec une nouvelle chance de réussite, tout cela le service militaire le permettait. A la fois dans l’intérêt de la France et des nouveaux Français. Mais il y avait une bourde à ne pas manquer. L’élection du Président au suffrage universel exige la constante pratique d’une démagogie visant le racolage des voix. La suppression du service militaire courtisant les « jeunes », était une occasion à ne pas manquer.

Les responsables des prodromes de guerre civile qui viennent de meurtrir la France ?

  • En France, le renouvellement des générations n’est plus assuré par les Français eux-mêmes, d’où un légitime recours à la main-d’œuvre et au potentiel géniteur étranger.
  • Les Institutions que les Français se sont données, et plus particulièrement l’élection du Président au suffrage universel avec la politique démagogique qu’exige ce mode d’élection.
  • La « construction européenne », les abandons de souveraineté qu’elle impose et qui ajoutent au désarroi des nouveaux venus en quête d’une autorité qui est de fait, évanescente.
  • Enfin, il ne déplait pas aux Français de paraître généreux et de secourir la misère du monde. Ils s’y emploient sans se rendre compte qu’ils n’en ont pas les moyens. Ils sont endettés, dé-industrialisés, ruinés et il ne reste à leurs gouvernements successifs qu’à brader le patrimoine accumulé par l’intense travail des générations précédentes. C’est à quoi s’attache le pouvoir en préparant la vassalisation du pays.

Les hommes politiques de la Vème République, les yeux fixés sur les échéances électorales se sont révélés incapables d’adapter le pays à l’ « invasion » que par ailleurs, ils encourageaient :

  • Il eut fallu renoncer aux abandons de souveraineté et récupérer la pleine autorité d’un Etat fort jouissant d’une pleine liberté d’action, en réalité renoncer à la « construction européenne ».
     Il eût fallu, au lieu d’entreprendre des travaux pharaoniques enlaidissant la capitale, appliquer un plan de construction de logements sociaux.
  • Il eût fallu maintenir le service militaire puissant instrument d’intégration.
  • Il eût fallu augmenter les services d’assistance médicale, étoffer la Justice, accroître les forces de police, accueillir et sévir pour amortir le choc des civilisations.

Cette politique n’a pas été appliquée. A la différence des IIIème et IVème République ayant à subir les coups portés de l’extérieur, la Vème République s’effondre sous le poids de ses propres carences.

 

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