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Présidente de l’Association Francophone d’Accès à la Culture
Colloque : La France Mondiale par Marie-Christine Lasnier
La domination actuelle de l’anglais n’a donc rien d’irréversible
mardi 14 avril 2009
par Administrateur
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Un ami Libanais me disait récemment : « L’anglais est la langue du business et le français la langue des salons ». J’imagine qu’il entendait par « langue de salon » une langue de culture.

Propos qui se voulaient rassurants, sans doute, mais propos redoutables.

Signifient-ils, à plus ou moins long terme, le déclin puis la mort programmée de la langue française ?

Dans ce face-à-face franco-américain, j’aimerais aborder le sujet du déséquilibre actuel entre les deux langues de l’autre côté, du point de vue de l’anglais.

I

Les Français ont l’impression que la langue anglaise progresse de façon inéluctable et que rien ne peut l’arrêter.

En tant que professeur d’anglais, je voudrais souligner que sur un plan purement linguistique, absolument rien ne prédispose l’anglais à l’emporter sur d’autres langues.

Chacune des grandes puissances linguistiques (dont le français et l’anglais) a son génie propre. L’anglais authentique est une langue extrêmement sophistiquée, contrairement à ce que l’on croit. C’est une erreur de croire que c’est une langue facile à apprendre. Les Américains voudraient nous faire croire qu’elle est facile, mais c’est faux. Les structures de la langue anglaise sont essentiellement différentes de celles de la langue française, qui est une langue latine. C’est là sûrement l’une des raisons des difficultés des Français à parler anglais.

L’anglais authentique est une langue verbale. Son système de conjugaisons est totalement étranger à celui du français. La langue anglaise peut également adjoindre une, parfois deux postpositions à un verbe, modifiant, nuançant à chaque fois le sens du verbe initial, d’où son extrême complexité (à mille lieux de la langue des traders). C’est une langue foisonnante, d’une grande beauté, très difficile à traduire.

La langue française est claire, limpide, logique. Un raisonnement s’y déploie grâce à une construction rigoureuse qui s’appuie sur des structures d’origine latine. Cela lui a permis d’être la langue de la diplomatie… autrefois.

Dans ce premier point, j’insisterai donc sur le fait que la domination actuelle de la langue anglaise est la traduction d’une suprématie économique et politique du monde anglophone, mais certainement pas le résultat d’une faiblesse constitutive des autres langues (dont le français), ni d’une simplicité d’apprentissage de l’anglais.

Rien, sur un plan strictement linguistique, ne saurait justifier cette domination qui s’exerce depuis environ 60 ans, depuis la seconde guerre mondiale.

L’anglais est devenu une arme économique dans ce qu’il convient d’appeler une guerre des langues. Cette guerre n’est ni la première ni la dernière. Rome a conquis la Gaule avec le latin au moins autant que par la force de son armée.

Dans d’autres circonstances, nous avons fait la même chose lorsque le cardinal de Richelieu, qui avait une claire conscience de la toute-puissance d’une langue, a créé l’Académie Française.

La domination actuelle de l’anglais n’a donc rien d’irréversible, d’inéluctable… en tant que langue.

II

J’en viens à mon second point : paradoxalement, l’anglais est peut-être la langue la plus menacée actuellement. Puisque nous sommes dans un contexte de guerre linguistique, n’est-il pas préférable de bien connaître son adversaire ?

Un premier danger menace la langue anglaise à l’intérieur même des frontières américaines : l’espagnol et les millions d’immigrés récents d’origine hispanique.

Les Américains ont commencé à construire un mur à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis pour se protéger des Latinos venus d’Amérique du Sud. Un peu comme le mur de l’empereur Hadrien censé protéger l’empire romain de l’actuelle Ecosse.

Quand un mur se dresse, c’est clairement le signe qu’il y a un danger identifié. Bien évidemment, il s’agit d’empêcher une immigration illégale. Cependant, un mur finit toujours par être détruit ou contourné. C’est une question de temps.

D’autre part, les Portoricains et les Cubains sur la côte Est des Etats-Unis parlent eux aussi l’espagnol. Cette langue est donc directement en contact avec la langue anglaise.

Or, qu’observe-t-on ?

Certes, il y a eu un début de contamination de la langue espagnole par la langue anglaise (on a parlé de « spanglish »), ainsi peut-on entendre l’expression « parcere el coche » par métissage avec le verbe anglais « to park » (« garer une voiture » se disant « aparcar el coche »). Mais lorsque l’on se rend dans les quartiers des grandes villes américaines où vivent les usagers de l’espagnol, on entend une langue demeurée presque intacte, très vivace.

Que se passera-t-il quand les millions d’immigrés d’origine hispanique commenceront à peser réellement sur la vie économique et politique des Etats-Unis ? La montée en puissance d’un nouvel acteur politique parlant espagnol pourrait constituer une menace de déséquilibre pour l’anglo-américain. A la différence de la minorité noire de langue anglaise, ce pouvoir latino émergeant à l’intérieur même des frontières américaines pourrait être porteur d’un bouleversement linguistique réel. Le bilinguisme de certains quartiers des grandes villes américaines est un fait avéré.

Autre question : pourquoi la minorité latino-américaine conserve-t-elle une langue presque intacte au sud des Etats-Unis ? Peut-être les Latinos éprouvent-ils un sentiment de reconquête de leur propre territoire et regagnent-ils par la langue ce que le Mexique a cédé aux Etats-Unis en 1848.

A l’échelle d’une civilisation, 160 ans ne représentent pas un laps de temps si long. L’histoire d’une langue est une longue aventure. Une langue est un organisme vivant. Elle naît, elle peut mourir (on parle de langues mortes), elle traverse des crises, elle connaît des bouleversements.

Je m’interroge donc sur ce choc linguistique à venir, au coeur même des Etats-Unis.

Un second danger menace l’anglais : la coexistence récente de deux langues anglaises qu’il convient de bien différencier.

L’anglo-américain a pris l’avantage (certains diraient « déjà gagné la bataille ») sur deux terrains :

  • le pôle économique, à savoir le monde des affaires, du business
  • le pôle scientifique et technologique (les publications scientifiques, le monde des nouvelles technologies). Or, la langue utilisée dans ces deux domaines n’a rien à voir avec l’anglais authentique.

C’est une sorte « d’anglais bis », j’oserais dire de « bas anglais », comme on a parlé autrefois du « bas latin ». C’est un anglais artificiel qui s’est répandu sur toute la planète, un anglais simplifié utilisé pour communiquer des informations, mais impropre à l’expression d’une pensée complexe.

En d’autres termes, on n’a pas besoin d’apprendre l’esperanto, puisque l’on dispose de cet anglais auxiliaire. Aujourd’hui, tout le monde est dans la « communication ». Mais on a quitté la matrice, la langue anglaise authentique, sur laquelle est venu se greffer, en quelques années, un surgeon qui pourrait s’avérer être son pire ennemi, une sorte de « mutant ».

C’est cet anglais-là qui est l’instrument de la guerre économique actuelle. En ce qui concerne le pôle économique (la langue du business disait notre ami libanais), la « langue des affaires », on a appelé cette langue le « globish », c’est-àdire « global English » - terme qui en dit long sur son ambition planétaire. C’est un instrument de travail, une langue marchande, qui est uniquement utilitaire Elle sert à vendre, acheter, consommer, « faire de l’argent », établir des bilans, manier des chiffres. Il s’agit d’un anglais basique, rudimentaire, dont la syntaxe est puérile et le lexique réduit à environ 800 mots.

Des pans entiers de la langue anglaise authentique ont disparu. Le système des conjugaisons est réduit à sa plus simple expression. La concordance des temps a disparu. L’expression de l’hypothèse se traduit par un seul mot : If. L’expression du regret se traduit par un seul mot : Sorry. Tout le monde comprend, surtout quand l’expression du visage, l’intonation de la voix viennent au secours d’une langue devenue indigente. Il y a une confusion entre le style direct et indirect (on lit couramment dans les comptes-rendus de conseil d’administration des phrases comme « Il se demande qu’est-ce qu’il fait »).

Quant au pôle scientifique et technologique, on pourrait objecter que c’est une langue authentique puisque dans tous les domaines des sciences, de la médecine, des nouvelles technologies, cette langue dispose d’un vocabulaire très pointu. Croire cela est une erreur. Il ne s’agit pas là non plus d’une langue vivante.

C’est une langue qui délivre des informations, qui amasse des connaissances, qui stocke des données (comme la mémoire d’un ordinateur). Elle permet de communiquer ce que des chercheurs, dans leur propre langue, ont élaboré. Elle communique un certain nombre de résultats en utilisant une langue artificielle, simplifiée, un code à l’efficacité redoutable, qui a emprunté les signes extérieurs de l’anglais et constitue une arme économique, un cheval de Troie du commerce, mais certainement pas une arme culturelle.

L’important, pour cette langue utilitaire, c’est la communication et non pas la parole.

Ces 2 langues anglaises doivent être considérées séparément. Il faut démarquer l’anglais authentique du « globish ».

Or, je formule l’hypothèse qu’une langue qui fait constamment le grand écart, comme c’est le cas aujourd’hui de l’anglais, se met elle-même en danger.

L’appauvrissement de tout ce qui a fait son génie pourrait être à terme porteur de dégénérescence. L’anglais est une langue menacée si elle n’est que commerciale, parce qu’elle perd son rapport à la pensée.

Une langue authentique, c’est tout autre chose. Je voudrais choisir deux exemples, très éloignés dans le temps, d’écrivains qui ont fait vivre leur langue. Nous avons ainsi tout le recul nécessaire pour porter un jugement.

Quand Rabelais a écrit, quand Shakespeare a écrit, ils ont créé une langue. Ils étaient sans complexe par rapport à la langue française et à la langue anglaise. Ils ont inventé une langue en même temps qu’ils ont élaboré une pensée. Il s’agit alors d’une parole vivante où la langue se fait l’instrument d’une pensée et non l’inverse. La pensée et la syntaxe vont ensemble. Une « langue qui pense » crée des mots, crée de la grammaire, évolue. Le « bas anglais » est impuissant à créer puisque ce n’est qu’un outil, un instrument.

Remarquons que toutes les langues sont en danger car le déploiement de la technique, en tant qu’elle arraisonne le monde, ferme le monde sur l’utilitarisme.

Mais dans ce cadre-là, c’est l’anglais qui est aujourd’hui le plus menacé, car le plus instrumentalisé, le plus dominant dans cette instrumentalisation. Cet outil menace les autres langues en tant qu’outils, mais pas en tant que langues ouvertes à la parole. Plus l’anglais rayonne en tant qu’instrument, plus il perd son rapport à l’ouverture de la pensée. La source de sa victoire économique actuelle pourrait être aussi la cause de sa défaite.

Je me demande donc si l’existence de ces deux langues anglaises n’est pas à l’anglais authentique son plus grave danger.

Qu’on ne m’oppose pas qu’on ne peut plus parler la langue de Shakespeare (je le sais), ni employer des imparfaits du subjonctif dans la langue française courante (je ne suis pas en train de le faire). Les références contemporaines pour une langue anglaise authentique pourraient être la B.B.C.

La mainmise du monde anglophone sur ces deux pôles, économique et technique, s’est faite au prix d’un appauvrissement considérable de la langue anglaise authentique et cet appauvrissement risque d’être mortifère.

III

Un 3ème pôle va donc logiquement intéresser les Américains : celui qui est au coeur d’un pays, au plus près de son identité, la culture. La preuve : un journaliste américain faisait paraître dans l’édition européenne du Time Magazine en date du 3 décembre 2007 un article intitulé « La mort de la culture française ». C’est une attaque qui a le mérite d’être frontale. Elle a provoqué des torrents de larmes, c’est-à-dire des protestations indignées, de la part de ceux qui défendent l’exception culturelle française.

J’ai d’abord cru naïvement que l’attribution du prix Nobel de littérature décerné à

J.M. G. Le Clézio en 2008 était une preuve du rayonnement de la culture française dans le monde.

Ce prix lui a été décerné en tant qu’ « écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante » [1]

Cependant, trois objections m’ont été immédiatement adressées par des Français. Un politique m’a dit : « C’est de la littérature ». Traduisez : on est en guerre économique ; on s’occupera de cela plus tard. Un éminent juriste a ajouté : « C’est de la culture ». Sous-entendu : « C’est la cinquième roue du carrosse ».

Enfin, un professeur de français a conclu : « Cela ne prouve rien. Le Clézio est complètement atypique. C’est un inclassable. Il n’est pas perçu à l’étranger comme un auteur spécifiquement français, mais comme un romancier universel qui écrit en langue française. » J’ai compris que l’attribution du Nobel était une heureuse exception, mais ne saurait prouver que la culture française rayonne. Quelle méfiance vis-à-vis du mot « culture » de la part des deux premiers et quelle autoflagellation de la part du troisième !

Car, c’est peut-être cela la culture : lorsqu’une « parole » devient vivante et qu’elle s’adresse aussi bien à un Indien, à un Chinois, à un Africain qu’à un Américain ou un Français. Cette « parole » fait sens, elle parle à tous, quel que soit l’outil linguistique utilisé, quelle que soit la langue. C’est une parole à portée universelle, qui s’est cristallisée à travers une langue donnée, laquelle s’est enrichie dans ce processus. On ne peut pas créer du sens, de la parole, avec l’anglais de Microsoft puisque ce n’est qu’une caisse enregistreuse.

Je voudrais souligner un dernier point.

Dans cette guerre des langues, la pleine maîtrise de la langue française par les Français eux-mêmes s’avère indispensable et peut être un instrument décisif. L’enseignement de la langue française dans les lycées doit faire l’objet d’une nécessaire réforme. Si les structures de cette langue sont supposées connues à la fin du collège (que l’on dit « unique »), il ne serait pas inutile de les réactiver dans les lycées. Certaines universités françaises, certaines grandes écoles, ont mis en place des cours de soutien pour que les étudiants cessent de faire des fautes de grammaire et d’orthographe en français ! Quiconque ne maîtrise pas sa propre langue est en danger de perdre toute liberté de penser face à un adversaire aussi intelligent que pragmatique (je veux parler du monde anglophone).

Car derrière le titre provocateur « La mort de la culture française », il y avait aussi autre chose de la part des Américains (qui, eux, ont parfaitement compris que la dernière bataille va se jouer sur le terrain culturel). Il y avait quelque chose de l’ordre de la tentation, de la séduction qui pourrait s’exprimer ainsi : pourquoi tant de résistance de la part des Européens ? Pourquoi ne pas adopter un medium commun qui permettrait à tous de s’exprimer dans la même langue, une langue universelle, qui permettrait à tous de bien vendre des livres, de tourner des films qui marcheraient, etc. Les paramètres économiques peuvent s’appliquer à ce qui relève de la création. Ecrivez donc directement en anglais, cela va faciliter la communication et nous nous chargeons de faire monter les chiffres d’exportation de vos livres…

Le seul problème (mais je sais qu’ils le savent), c’est qu’on ne peut rien créer avec cet anglais auxiliaire, qui est un zombie, un mort vivant. Il leur faut donc récupérer des cerveaux (« pick the brain »), y compris (et surtout) en matière de culture.

Enfin, une dernière chose était sous-entendue : les lieux de création, les grands rendez-vous culturels sont actuellement aux Etats-Unis et ne sont plus en France.

Décidément, les Américains n’en finissent plus de « tuer le père » et la question de la relation au « maître » est complexe. Prenons un exemple dans le domaine des arts plastiques : les héritiers de Picasso ont été effectivement aux Etats-Unis (ce furent Pollock, de Kooning) et en Grande-Bretagne (Francis Bacon). La trajectoire d’Andy Warhol, qui fait l’objet d’une rétrospective importante au Grand Palais, à l’heure actuelle, s’inscrit dans un dialogue avec les Français Marcel Duchamp et Matisse. Cela prouve que la France est « nourrissante », qu’elle transmet, et l’on pourrait multiplier les exemples dans le domaine des arts plastiques, en architecture, dans la haute couture, la gastronomie, et pas seulement en matière de littérature.

Conclusion

La France a prouvé sa capacité exceptionnelle de création.

Elle a cette capacité de création comme n’importe quel autre pays.

Une des spécificités de la France sur le plan culturel consiste à ne pas promouvoir une culture strictement nationale mais à prendre en compte le meilleur des cultures avec lesquelles elle entre en contact (par exemple par la traduction) et à avoir le souci de la culture comme valeur universelle, n’hésitant pas même, comme dans le cas du récent prix Nobel, à adopter le point de vue « de l’étranger ». D’où peut-être sa valeur de symbole dans ce domaine. Elle a toujours su jouer sur le plan de la culture un rôle de passeur. La langue française sait (ou savait) se faire le résonateur des valeurs universelles.

Ce rôle a tenu au souci historique et philologique qui animait le monde culturel français (parfois en concurrence avec d’autres pays européens, comme l’Angleterre ou l’Allemagne au 19ème siècle) et à l’importance accordée à la langue et à toutes les autres langues, dans un jeu d’échanges et de traduction, considérées comme l’incarnation d’une culture.

Dans cet affrontement très dur qui se déroule sur tous les fronts, la France a des atouts non négligeables : un adversaire lui-même menacé de l’intérieur (sur un plan linguistique, « le ver est dans le fruit ») et puis, surtout, elle a la chance d’être le champion de l’idée que toutes les cultures sont intéressantes, que toute ville de par le monde est susceptible de devenir un lieu de création, qu’il y a des gens intelligents partout. Que la France défende la cause de la diversité culturelle fait partie de son destin.

Il faut aussi se souvenir qu’un pays ne peut pas créer dans tous les domaines, constamment.

Il faut retrouver le sens de l’histoire, accepter que le temps passe lorsqu’après une période de création une ville, quelque part dans le monde, va passer le flambeau à un autre lieu de création, et se « mettre en repos ». C’est alors une période de pause, de deuil, voire de recueillement, nécessaire avant qu’une nouvelle phase de création n’ait lieu… peut-être ailleurs.

L’éclosion d’un créateur n’a rien à voir avec le temps des marchands. Nous ne parlons plus de la même chose.

Une création, et là je cite Le Clézio dans son discours de réception du prix Nobel à Stockholm, c’est toujours « Quelque chose de neuf et de très ancien à la fois, impalpable comme le vent, immatériel comme les nuages, infini comme la mer (…) Quelque chose de simple, de vrai, qui n’existe que dans le langage ».

Marie-Christine Lasnier, Présidente de l’Association Francophone d’Accès à la Culture

 

[1] « author of new departures, poetic adventure and sensual ecstasy, explorer of a humanity beyond and below the reigning civilization » (sur le site officiel des Prix Nobel)


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