Cinquante années d’illusions et de coûteuses erreurs. Mortel pour la France, le virus Jean Monnet a accompli son entreprise de démolition.
L’utopie européenne a conduit récemment des hommes politiques français à tromper l’électeur en ayant recours à des expressions dépourvues de toute signification institutionnelle : une fédération d’Etats-Nations, une confédération d’Etats-Nations, formules politiques qui n’ont jamais existé nulle part dans le monde et qui ne sont que des vues de l’esprit.
La France n’a d’autre choix qu’entre l’Etat-Nation (et l’Europe d’hier) et l’Europe Etat fédéral, à l’instar des Etats-Unis, où la France deviendrait une simple division administrative.
C’est que, pour gérer une société, la souveraineté ne se partage pas, on ne peut imaginer un société un peu souveraine relevant d’un pouvoir supranational également un peu souverain. Bien faible serait cet ensemble face aux institutions épanouies, éprouvées par des siècles de pratique des Etats-Nations, des Etats fédéraux, des empires. Aussi, après ce demi siècle de dérive vers l’absurde sommes-nous dans une impasse.
Bien malencontreusement, le général De Gaulle avait repris à son compte le traité de Rome et précipité la France dans un engrenage mortel. Il fait aussi avancer l’idée " d’une Europe confédérale " alors qu’il n’existe nulle part de confédération, la formule s’étant révélée peu viable.
Libérées de la tutelle britannique, les treize colonies d’Amérique avaient d’abord adopté des institutions confédérales qui devaient ménager leur indépendance tout en les faisant dépendre d’un pouvoir commun. Ce fut le gouvernement par les " articles de la Confédération ". Leur pratique se révéla désastreuse : conflits, crises politiques et économiques, voire misère… Aussi la formule céda-t-elle la place à la constitution fédérale pure et dure de 1787, toujours en vigueur après une trentaine d’amendements.
Entre la France-région et l’Europe politique d’une part et la France souveraine et une Europe des circonstances d’autre part, le choix est clair. Sortir de l’engrenage européen et revenir à la souveraineté nationale. Il n’y a pas d’autre issue à l’impasse actuelle.
Paris, 23 mars 2007
Pierre Marie Gallois