Tout système démocratique moderne protège le droit à la vie privée, mais le public n’a-t-il pas le droit de savoir de quoi leurs dirigeants politiques parlent lorsqu’ils rencontrent les dirigeants d’entreprises les plus riches de leurs pays respectifs ?
Quelles garanties les citoyens ont-ils que le Club de Bilderberg n’est pas un centre de trafic d’influence et de lobbying si on ne leur permet pas de savoir de quoi leurs représentants parlent aux réunions secrètes du Club ? Pourquoi le Forum Economique Mondial de Davos et les rencontres du G8 sont rapportés dans tous les journaux, où ils sont couverts en unes, avec des milliers de journalistes qui y participent, alors que personne ne couvre les rencontres du Club de Bilderberg, même si y participent tous les ans les présidents du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, de la Réserve Fédérale, des 100 plus puissantes entreprises du monde, telles que DaimlerChrysler, Coca Cola, British Petroleum, Chase Manhattan Bank, American Express, Goldman Sachs, Microsoft, les vice-présidents des Etats-Unis, les directeurs de la CIA et du FBI, les secrétaires généraux de l’Otan, des sénateurs américains et des membres du Congrès, des Premiers ministres européens et des leaders de partis d’opposition, des rédacteurs en chef de premier plan et des directeurs des principaux journaux du monde. Il est surprenant qu’aucun titre des grands groupes de médias ne considère que le rassemblement de telles personnalités, dont la fortune excède de loin la richesse combinée de tous les citoyens des Etats-Unis, ne vaille la peine d’être rapporté alors que le moindre voyage de n’importe lequel d’entre eux fait les gros titres des infos à la télé.
Les délégués au Bilderberg 2007 - Istanbul, Turquie, du 31 mai au 3 juin
La délégation de cette année comprendra une fois de plus tous les hommes politiques, hommes d’affaires, banquiers centraux, commissaires européens et patrons de la grande presse occidentale les plus importants. Ils seront rejoints à la table par les principaux représentants de la royauté européenne, menée par la Reine Beatrix, fille du fondateur du Bilderberg et ancien Nazi, le Prince Bernhard des Pays-Bas, et le Président du Bilderberg, le Belge Etienne Davignon, vice-président de Suez-Tractebel. Selon la liste du Comité Exécutif à laquelle l’auteur de cet article a eu accès, les noms suivants ont été confirmés comme participants officiels du Bilderberg pour la conférence de cette année (Par ordre alphabétique) :
Deux autres noms de la liste originale de janvier 2007 devraient nous faire hausser les sourcils. L’un d’eux est Bernard Kouchner, le tout nouveau Ministre français des Affaires Etrangères du gouvernement de droite de Nicolas Sarkozy. Kouchner est l’ancien fondateur de l’ONG Médecins Sans Frontières. Il était absent du Bilderberg 2006 à Ottawa, au Canada. Son poste au gouvernement a-t-il pu être arrangé avant les élections nationales françaises ? A mon avis, la palme de l’apparition surprise de l’année devrait revenir à Mahmood Sariolghalam, Professeur associé de Relations Internationales à l’Ecole des Sciences Economiques et Politiques de l’Université Nationale d’Iran. Qu’est-ce qu’un Iranien peut bien venir faire à une conférence de Bilderberg contrôlée par une alliance de l’OTAN ? Nous le aurons bien assez tôt. Le Bilderberg 2007 est certainement le bon moment pour regarder ce qui se passe en coulisse.
De quoi parlera-t-on au Bilderberg 2007 ?
A côté du bourbier en Irak, les problèmes d’énergie continuent de dominer les discussions du Bilderberg. Le pétrole et le gaz naturel sont des ressources finies non renouvelables. Une fois utilisées, elles ne peuvent être reconstituées. Au fur et à mesure que le monde tourne et que les ressources de pétrole et de gaz naturel se réduisent nous avons dépassé la moitié des possibilités de production et de découverte de pétrole. En effet, alors que la demande explose spectaculairement, en particulier avec les économies indienne et chinoise en plein essor qui veulent tous les accessoires et les privilèges de la manière de vivre des Américains, nous découvrons moins de pétrole que nous en produisons. A partir de maintenant, la seule chose qui est sûre est que l’offre continuera de baisser et que les prix continueront de monter. Dans ces conditions, un conflit mondial est une certitude physique. La fin du pétrole signifie la fin du système financier mondial, une chose qui a déjà été reconnue par le Wall Street Journal et le Financial Times, deux membres à plein temps du cercle d’initié du Bilderberg. Le rapport de Goldman Sachs sur le pétrole [un autre membre à plein temps de l’élite du Bilderberg], publié le 30 mars 2005, a augmenté la fourchette de prix du pétrole pour l’année 2005-2006 de $55-$80 le baril à $55-$105. Lors de la rencontre de 2006, les Bilderbergers ont confirmé que leur estimation du haut de la fourchette de prix pour le pétrole, pour 2007-2008, continue d’osciller entre $105-$150/le baril. Il n’est pas étonnant que Jose Barroso, le Président de la Commission Européenne, ait annoncé il y plusieurs mois, lors de l’annonce de la nouvelle politique européenne en matière d’énergie, que le temps d’une "ère post-industrielle" est venue. Pour conduire le monde dans l’ère post-industrielle, il faut d’abord détruire la base économique du monde et créer une nouvelle Grande Dépression. Lorsque les gens sont pauvres, ils ne dépensent pas d’argent, ils ne voyagent pas et ils ne consomment pas.
Le troisième point de l’ordre du jour est les relations européennes avec la Russie, pas seulement en Europe, mais aussi en Asie Centrale. Avec Moscou qui a passé un accord avec le Kazakhstan et le Turkménistan pour le transport de gaz vers l’Europe, l’objectif géostratégique des Etats-Unis de monter les pays d’Asie Centrale contre la Russie est un désastre. Tandis que les Etats-Unis disent que ceci "n’est pas bon pour l’Europe", les Européens sont divisés. L’Iran est devenu du jour au lendemain le dernier espoir de l’Amérique dans la guerre de l’énergie.
La guerre d’Iran, après deux années où le gouvernement Bush a monté toute une histoire n’est définitivement plus sur le tapis. Qui plus est, avec la France, la Russie, le Japon et la Chine qui investissent lourdement en Iran, le monde a tiré une ligne dans le sable et il sera dit aux Etats-Unis de ne pas la franchir. Il y a du sang dans l’eau et le sang dans l’eau conduit habituellement à un bon combat.
Néanmoins, les Etats-Unis ont besoin de contrôler cette région, non seulement pour leurs réserves de pétrole mais, ce qui plus important, pour aider à maintenir leur hégémonie économique sur le monde. Selon ce plan stratégique, les Etats régionaux seront transformés en domaines affaiblis de Cheiks sectaires avec peu ou aucune souveraineté et cela signifie un programme misérable de développement économique. Le chaos régional favorise la propagation du fondamentalisme islamique, qui, à son tour, renforce le processus de la désintégration politique et sociale soutenue par les Bilderbergers.
Avec Blair qui s’en va, le Royaume-Uni se verra dire une fois encore qu’il doit, quel qu’en soit le coût, faire ce qui est nécessaire pour intégrer le pays dans la Communauté Européenne.
Enfin, avec Wolfowitz qui a démissionné de la Banque Mondiale, les sommités du Bilderberg essayeront d’arriver à un consensus sur la manière de restructurer le mieux, non seulement la banque, mais son organisation sœur, le Fonds Monétaire International (FMI), dirigé par un Espagnol, Rodrigo Rato. Wolfowitz a été pris dans la controverse il y a sept semaines après que des dénonciateurs à la Banque Mondiale ont remis à l’ONG de Washington, Government Accountability Project (GAP), des documents montrant que Wolfowitz a accordé une grosse augmentation de salaire à sa petite amie lors d’un accord de détachement au Département d’Etat américain.
Ce n’est pas à Dieu de nous faire revenir de la "Nouvelle Ere Sombre" qui est prévue pour nous. C’EST DE NOUS QUE CELA DEPEND. Que nous entrions dans ce nouveau siècle avec un Etat policier électronique mondial ou comme êtres humains libres dépend de l’action que nous prenons maintenant ! Un homme averti en vaut deux. Nous ne trouverons jamais les bonnes réponses si nous ne posons pas les bonnes questions.
Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
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