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Si la Wallonie se dirige vers la France,
Bruxelles, ville " frunkeupheune " par Denis Griesmar
Bruxelles sera, finalement, obligée de suivre.
jeudi 24 juillet 2008
par Denis Griesmar
popularité : 2%
Sur les cartes qui montrent la répartition des langues en "Belgique", on trouve souvent exagérée la distance entre l’agglomération officielle de Bruxelles (les 19 communes) et la Wallonie, ce qui semble ainsi légitimer à l’avance une solution de type "district européen" (qui dans les faits aboutirait d’une part à dénier toute représentation démocratique aux Bruxellois, et d’autre part accélèrerait l’anglicisation de la ville…)

Or l’enjeu est bien celui du devenir d’une des grandes agglomérations francophones du monde.

Et entre la région actuelle de Bruxelles et la commune wallonne la plus proche (Waterloo), la distance la plus faible n’est que de … 800 mètres !

Si l’on ajoute les 6 communes dites "à facilités" (majoritairement francophones), Bruxelles touche la Wallonie par Rhodes-Saint-Genèse et la forêt de Soignes.

Il serait tout de même extraordinaire que du fait de la nullité des politiques, les autorités francophones - idéalement la France - ne puissent obtenir ce rattachement !

Tous les précédents historiques, et les bases du Droit international, montrent qu’on ne peut décider du sort d’une population sans la consulter par référendum. C’est ce qui a été fait après le traité de Versailles en Silésie, à Sopron (Oedenburg), etc…

Au besoin, la France pourrait faire pression sur la Flandre (à propos de la forêt de Soignes) en brandissant une menace symétrique sur l’accès des Flamands au tunnel sous la Manche…

Par ailleurs, il faut bien voir que Bruxelles, qui, souvent, empêche l’expression propre de la Wallonie, se sert de cette dernière comme arrière-pays, comme contrepoids pour équilibrer la Flandre.

Et que par conséquent, si la Wallonie se dirige vers la France, Bruxelles sera, finalement, obligée de suivre. Il ne faut donc pas que la Wallonie se sente contrainte de freiner son évolution naturelle à cause de Bruxelles.

Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est la situation toute particulière de Bruxelles… Ville qui n’a rien à voir, directement, avec la "Flandre", ni avec la "Wallonie"… mais tout avec la "Bourgogne"…

Fondée dans les marais de la Senne, à quelques kilomètres (quelques kilomètres seulement) au nord de la frontière linguistique, Bruxelles s’est développée dans l’optique d’une "Grande Bourgogne"… laquelle aura été, dans l’Histoire, un des plus fantastiques instruments conçus pour détruire la France…

Il est à remarquer que, sous ses régimes successifs, la ville aura toujours été administrée en français.

Parce que c’était la langue de la Cour, de la Chancellerie. Parce que le français était la langue de culture. Et parce que, de l’autre côté, il n’y avait que des dialectes sans unité.

Les Flamingants d’aujourd’hui sont donc fort mal venus d’accuser de linguicide la France, la Wallonie … Il est vraisemblable que la majorité de la population y ait longtemps été de dialectes thiois. Mais la francisation de Bruxelles, si francisation il y a eu, aura été l’oeuvre de dynasties hostiles à la France !…

Un article déjà ancien du "Soir" recensait, sur le mode humoristique, 9 langues à Bruxelles… y compris le parler de la Marolle…

Mais la réalité est celle d’une ville francophone à près de 90 %… mais menacée…

Les Flamands, par crainte d’un phénomène de "tache d’huile", ont voulu corseter, dans les années 1960, l’agglomération dans des limites trop petites pour elle. Rien n’y a fait. Il a fallu établir, dans une demi-douzaine de communes à majorité francophone, le régime dit des "facilités", qui permet aux administrés de communiquer avec les pouvoirs publics en français.

Mais les Flamands, maîtres du gouvernement fédéral, n’ont cessé, unilatéralement, de rogner ces "facilités", en prétendant qu’elles n’étaient que provisoires, et ont exigé que les Francophones fassent la demande de dossiers en français à chaque fois…

Il faut bien comprendre que le caractère étriqué de ce statut, et de ces frontières administratives, a été imposé par la Flandre - de même que pour les Fourons, où elle s’est servie du droit de vote accordé aux Hollandais de Maëstricht, sous prétexte "européen", pour minoriser les Fouronnais chez eux, et s’efforcer de les flamandiser par tous les moyens… - ce véritable déni de démocratie représentant par ailleurs un défi à toutes les règles démocratiques, apparemment consenties par ailleurs (mais sans effet) dans le cadre du Conseil de l’Europe…

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la querelle dite de "BHV" - le district de Bruxelles-Hal-Vilvorde - qui bloque depuis les dernières élections la formation du gouvernement belge.

La Flandre exige que BHV soit scindé.

Or, dans ce district, qui englobe non seulement les 19 communes de la région officielle de Bruxelles, mais aussi une grande partie de la province de Brabant - donc bien au-delà des 6 communes "à facilités", et chevauchant la limite officielle des langues… les citoyens ont le droit :

  • 1) de voter pour les listes de leur choix - francophones s’ils le veulent ;
  • 2) d’être jugés en français.

BHV est donc aujourd’hui le seul lien véritable qui raccroche encore ensemble les deux parties de la Belgique. C’est l’argument qui fait dire que les frontières administratives ne sont pas univoques, et ne sauraient se transformer en frontières d’Etat sans consultation des populations.

Telle est la situation, qu’il faut savoir dénouer derrière son apparente complexité.

Denis GRIESMAR

Note : le terme humoristique de "Frunkeupheune" est employé notamment par Pierre-René Mélon dans son excellent "Petit glossaire de la sous-France", éditions Talus d’approche.

 

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Hôtel de ville -Bruxelles
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