Tous les précédents historiques, et les bases du Droit international, montrent qu’on ne peut décider du sort d’une population sans la consulter par référendum. C’est ce qui a été fait après le traité de Versailles en Silésie, à Sopron (Oedenburg), etc…
Au besoin, la France pourrait faire pression sur la Flandre (à propos de la forêt de Soignes) en brandissant une menace symétrique sur l’accès des Flamands au tunnel sous la Manche…
Par ailleurs, il faut bien voir que Bruxelles, qui, souvent, empêche l’expression propre de la Wallonie, se sert de cette dernière comme arrière-pays, comme contrepoids pour équilibrer la Flandre.
Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est la situation toute particulière de Bruxelles… Ville qui n’a rien à voir, directement, avec la "Flandre", ni avec la "Wallonie"… mais tout avec la "Bourgogne"…
Fondée dans les marais de la Senne, à quelques kilomètres (quelques kilomètres seulement) au nord de la frontière linguistique, Bruxelles s’est développée dans l’optique d’une "Grande Bourgogne"… laquelle aura été, dans l’Histoire, un des plus fantastiques instruments conçus pour détruire la France…
Il est à remarquer que, sous ses régimes successifs, la ville aura toujours été administrée en français.
Parce que c’était la langue de la Cour, de la Chancellerie. Parce que le français était la langue de culture. Et parce que, de l’autre côté, il n’y avait que des dialectes sans unité.
Les Flamingants d’aujourd’hui sont donc fort mal venus d’accuser de linguicide la France, la Wallonie … Il est vraisemblable que la majorité de la population y ait longtemps été de dialectes thiois. Mais la francisation de Bruxelles, si francisation il y a eu, aura été l’oeuvre de dynasties hostiles à la France !…
Un article déjà ancien du "Soir" recensait, sur le mode humoristique, 9 langues à Bruxelles… y compris le parler de la Marolle…
Mais la réalité est celle d’une ville francophone à près de 90 %… mais menacée…
Les Flamands, par crainte d’un phénomène de "tache d’huile", ont voulu corseter, dans les années 1960, l’agglomération dans des limites trop petites pour elle. Rien n’y a fait. Il a fallu établir, dans une demi-douzaine de communes à majorité francophone, le régime dit des "facilités", qui permet aux administrés de communiquer avec les pouvoirs publics en français.
Mais les Flamands, maîtres du gouvernement fédéral, n’ont cessé, unilatéralement, de rogner ces "facilités", en prétendant qu’elles n’étaient que provisoires, et ont exigé que les Francophones fassent la demande de dossiers en français à chaque fois…
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la querelle dite de "BHV" - le district de Bruxelles-Hal-Vilvorde - qui bloque depuis les dernières élections la formation du gouvernement belge.
La Flandre exige que BHV soit scindé.
Or, dans ce district, qui englobe non seulement les 19 communes de la région officielle de Bruxelles, mais aussi une grande partie de la province de Brabant - donc bien au-delà des 6 communes "à facilités", et chevauchant la limite officielle des langues… les citoyens ont le droit :
- 1) de voter pour les listes de leur choix - francophones s’ils le veulent ;
- 2) d’être jugés en français.
BHV est donc aujourd’hui le seul lien véritable qui raccroche encore ensemble les deux parties de la Belgique. C’est l’argument qui fait dire que les frontières administratives ne sont pas univoques, et ne sauraient se transformer en frontières d’Etat sans consultation des populations.
Telle est la situation, qu’il faut savoir dénouer derrière son apparente complexité.
Denis GRIESMAR
Note : le terme humoristique de "Frunkeupheune" est employé notamment par Pierre-René Mélon dans son excellent "Petit glossaire de la sous-France", éditions Talus d’approche.
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