J’ai connu Jacques Dauer quans j’érais en premiere année de droit.J’avais 17 ans. Je l’ai suivi du Front du Progres à l’Union Travailliste avec Gilbert Grandval et Jacques Debu-Bridel, puis à la Fédération des Republicains de Progres avec Jean Charbonnel et Pierre Dabezies. Je crois l’avoir aidé à l’Académie du Gaullisme.
Une anecdote suffit à le dépeindre. En 1942, quand les textes relatifs au port de l’étoile jaune sont entrés en application en France, Jacques Dauer a fabriqué des étoiles jaunes en papier, les a distribuées à ses camarades du Collège Massillon, puis ils sont sortis avec dans la cour et dan,s la rue. Il avait quinze ans
Jacques Dauer a joué un rôle politique non négligeable même si il s’est tenu éloigné des estrades électorales ou, plus précisément, si les estrades électorales se sont toujours tenues éloignées de lui. Jacques Dauer a, d’abord, fait partie de ceux qui ont permis au général de revenir au pouvoir puis d’amorcer et de poursuivre la décolonisation. Il animait à l’époque de TELEGRAMME DE PARIS, organe de presse dont l’influence était bien plus grande que le tirage et qui comptait des correspondants, prestigieux. Il animait aussi le Mouvement Pour la Coopération qui a beaucoup fait pour limiter certaines dérives et protéger le bateau gaullien du tangage alors que la mer était forte.
Apres le départ du Général, Jacques Dauer s’est montré plus que réservé à l’égard de Georges Pompidou. Il a fait partie de ceux qui ont participé à la grande bataille, hélas perdue, des Gaullistes de Gauche, la bataille présidentielle de Jacques Chaban Delmas. Avec le recul, on peut dire aujourd’hui que tout s’est joué là.
Nous avons tous été ébloui par des analyses et des discours de Jacques Dauer. Nous avons tous été exaspérés par des foucades, des coups de gueule excessifs et des lubies. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à nous dire simplement : « J’ai vraiment eu beaucoup de chance de le connaître » comme nous sommes nombreux à nous dire que nous avons eu la chance de connaître Michel Rodet et Jacques Picard que Jacques Dauer ne me pardonnerait pas d’oublier ici
Il est possible qu’il se soit quelquefois trompé ; il est possible qu’il nous ait tous, à certaines époques, engagés sur de mauvaises voies. Ca n’a jamais eu d’importance. Jacques Dauer n’a jamais rien fait pour des motifs intéressés ou personnels. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour des idées.C’est bien la raison pour laquelle d’autres ont, en apparence mieux réussi que lui, et ça n’a aucune importance non plus.
Jacques Dauer était fou. Je le suis aussi. Jacques Dauer était Gaulliste de Gauche, je le suis aussi.
Je viens d’écrire deux fois la même chose, pardonnez le moi, lui me l’aurait pardonné..
ALAIN GRIOTTERAY
| Alain GRIOTTERAY est mort en Aout 2008 à 85 ans Son dernier combat aura été pour la France contre le Projet de Constitution Européenne. Alain Griotteray ne pouvait pas admettre un texte qui fasse disparaître la France, même si ce texte devait beaucoup à Valery Giscard d’Estaing qu’il admirait profondément et qu’il avait toujours servi avec fidélité.La survie de la France était, pour lui une absolue nécessité, un impératif qui laissait derrière lui, et très loin, tout autre considération Le premier combat d’Alain Griotteray avait été un combat pour la France, et dans des conditions autrement plus difficiles. Il avait contribué à cette folie grandiose qu’a été le défilé du 11 Novembre 1940 dans Paris occupé. Il a ensuite participé à la création et à la direction du groupe de résistance Orion. Pour la France à vingt ans, pour la France à 80 ans. Alain Griotteray eut des vues tres différentes de celles du Général de Gaulle sur la tragédie Algerienne. Pourtant, jusqu’à sa mort il s’est affirmé Gaulliste. Il, avait raison. Il a été Gaulliste à l’heure il fallait l’être. |
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