La révélation de NOVOSTI annonce-t-elle l’avènement d’une arme nouvelle ou s’agit-il d’un apport à la recherche scientifique ?
En 1958, les scientifiques d’outre-atlantique avaient, eux aussi, évalué les conséquences de l’IEM, mais ses effets n’ont été connus du public qu’en 1962, lorsque les atomistes américains ayant procédé à une explosion thermonucléaire [1] dégageant une énergie de 1,4 mégatonnes, à la verticale de l’Ile Johnston, à 400 kilomètres d’altitude, les lumières de l’éclairage public de Honolulu, à 1300 kilomètres de distance, s’éteignirent, leur réseau d’alimentation électrique n’ayant pas résisté à la surcharge produite par l’explosion.
A juste titre l’impulsion électromagnétique mobilisa le Pentagone et aussi bien d’autres états-majors (En France, le centre d’études de Gramat, étudia les moyens de protéger certaines armes –les avions par exemple- des effets de l’IEM). Par des explosions nucléaires à haute altitude, il devenait possible de détruire, sur de vastes étendues terrestres, les circuits électroniques et électriques, paralysant une large part de l’activité économique et sociale d’un pays et cela sans s’en prendre –du moins directement- à la vie de ses habitants (mais, indirectement, par les conséquences d’une interruption de la distribution d’énergie et la destruction des moyens de communication). On imagine combien grande est la vulnérabilité à l’IEM d’une société largement informatisée et des armées aux équipements relevant de l’électronique.
En effet, les circuits des ordinateurs ne peuvent s’accommoder de tensions supérieures à une dizaine de volts, les équipements électroniques de 70 volts et les circuits imprimés plus de 5 volts… Or l’IEM étend sur de grandes surfaces des voltages atteignant 50.000 volts par mètre, et cela 50 fois plus vite que l’éclair.
Comment expliquer ce phénomène ? A haute altitude, à peu près 0,1% de l’énergie totale dégagée par l’explosion nucléaire est formée par des rayons gamma. Lorsqu’ils atteignent la haute atmosphère, à partir de 100 ou 120 kilomètres au dessus de la terre, ces rayons gamma, heurtent les atomes d’oxygène et d’azote et en éjectent les électrons (c’est l’effet Compton) [2]. Cette ionisation des molécules dans l’atmosphère raréfiée des grandes hauteurs permet aux électrons de se déplacer sur une certaine distance, selon les lignes du champ magnétique terrestre en produisant, en quelque 10 nanosecondes, une puissante impulsion d’énergie électromagnétique. [3]
Et plus haut, a eu lieu l’explosion nucléaire, plus loin peuvent se propager les rayons gamma, plus vaste, à Terre, est la zone atteinte par les radiations électromagnétiques.
Mais si l’explosion a lieu à basse altitude ou au sol, le champ magnétique dangereux qui est alors créé n’est à redouter que sur de faibles distances (de l’ordre de la dizaine de kilomètres de rayon). En raison de la densité de l’air, les rayonnements sont aussitôt freinés, puis arrêtés avec une rapide recomposition des molécules (électrons et ions).
Grosso modo, c’est la zone de destruction d’un explosif nucléaire de la gamme sub-historique. Et cela sans effets de souffle dévastateur mais avec la propagation d’une surcharge électrique neutralisant tous les équipements électriques et électroniques aujourd’hui indispensables aux forces armées. Et dont la protection impose des mesures techniquement et opérationnellement fort contraignantes. Ainsi, la bombe électromagnétique existe et elle aurait même été expérimentée au Kosovo par l’aviation des Etats-Unis [4]. Le commandant Fourdrinier l’appelle la « e .bombe » : « un armement regroupant un dispositif électromagnétique spécifique, un convertisseur d’énergie électrique, un dispositif de stockage d’énergie électrique pour maintenir la charge électromagnétique présente jusqu’à l’explosion et un explosif rapide pour déclencher l’ensemble ».
Cette « e.bombe » est génératrice d’IEM aux effets destructeurs limités quant à l’étendue des surfaces sur lesquelles elle intervient lorsqu’elle est utilisée au sol, ou à faible altitude. Militairement parlant, par exemple, elle pourrait incapaciter une arme elle-même « électronisée » mais dans une demi sphère de faible rayon.
En usant de la gamme thermonucléaire et aux grandes altitudes, l’IEM demeure redoutable. Mais, provisoirement elle n’est à la portée que des puissances détenant la panoplie atomique complète du cycle nucléaire, vecteurs compris.
Seuls, aujourd’hui, les cinq Etats officiellement admis en tant que puissances nucléaires pourraient y avoir recours.
Comment se défendre de l’IEM ? En plaçant l’équipement vulnérable dans une enceinte métallique – la cage de Faraday- totalement étanche au champ électromagnétique extérieur. C’est dire que ce mode de défense est, pour le moins aléatoire et que, dans la majorité des cas, il se révèle irréalisable, seules les liaisons par fibre optique étant immunisées mais, celles-ci mises à part, en matière de communication par exemple, la quasi-totalité des équipements électro-électroniques existants ne sont pas protégés et ne peuvent l’être.
La maîtrise de l’impulsion électromagnétique, son apparition dans la panoplie des puissances scientifiquement avancées posent un certain nombre de problèmes politico-stratégiques nouveaux :
- Dès 1976, outre-atlantique, l’on s’est inquiété de la vulnérabilité des centrales nucléaires à la violente surcharge électrique produite par l’IEM d’origine thermonucléaire (explosion à très haute altitude). Une commission d’enquête fut mise sur pied qui étudia les incidences de l’IEM sur quatre installations nucléaires. Elle conclut de manière rassurante, sans pour autant d’ailleurs, emporter la conviction. Cependant, le Directeur de la Commission nucléaire réglementaire, le docteur Roger J. Mattson, après étude du rapport de la commission d’enquête, affirma que les centrales nucléaires inspectées « n’étaient pas très vulnérables ».
Ce qui signifiait qu’il fallait veiller à mieux les protéger de l’IEM.
- En cas de belligérance entre puissances scientifiques avancées, le recours à l’IEM d’origine thermonucléaire (explosion à haute altitude) devrait être pris en considération. Ou plutôt, il s’agirait d’être en mesure de dissuader l’une des parties de pratiquer une telle agression. La population n’étant pas directement visée, ni d’ailleurs, la destruction de son infrastructure, il apparaîtrait exclu de s’en remettre à l’intimidation par représailles atomiques. Reste la menace d’une riposte usant des mêmes moyens. Mais celle-ci serait sans doute différée en raison de la paralysie générale dans laquelle aurait été plongées la victime de l’agression à l’IEM.
- Si, au lieu de l’IEM d’origine thermonucléaire envisagée ci-dessus, c’est à l’emploi de projectiles à impulsion électromagnétique auxquels l’agresseur avait recours, en particulier dans la zone de l’affrontement armé, le découragement par l’atome, à cette sorte d’agression serait « excessif » (et amorcerait une « escalade » redoutable ) si bien que c’est la pratique d’une dissuasion menée avec des moyens analogues qui s’imposerait. Ce qui signifie qu’il conviendrait d’ajouter aux armes existantes, y compris nucléaires, l’arme électromagnétique, et sous les deux formes qu’elle peut emprunter (explosion nucléaire à très haute altitude et projectiles à impulsion électromagnétique).
- Il est rarement fait allusion à l’impulsion électromagnétique bien que les Etats-majors et leurs équipes de scientifiques cherchent à la fois à amplifier les performances des dispositifs générateurs et à se défendre de leurs effets. L’armement nucléaire a créé un tel bouleversement des conditions de la coercition que c’est à son ombre qu’a surgi l’IEM, d’abord dépendante de la désintégration de la matière, puis indépendamment d’elle en créant électriquement un champ magnétique comprimé par la détonation d’une charge dite conventionnelle.
L’atome militarisé couvre toute la gamme haute de la violence, jusqu’à son paroxysme, l’absolu excluant alors le politique.
En revanche, l’IEM aux effets destructeurs limités- mais néanmoins temporairement décisifs- apparaît être une arme « politiquement utilisable » donc un ajout à la très riche panoplie des moyens de destruction.
Lieutenant Colonel David J. Dean – Maxwell Air Force base, Alabama – Juin 1986
« Une arme conventionnelle, de type IEM ressemble…à un système radar très sophistiqué. Elle peut être installée sur une plate-forme dans l’espace, dans un aéronef, sur un camion ou sur un bateau. Contrairement aux systèmes nucléaires à IEM, qui bombardent de vastes régions d’impulsions électromagnétiques en faisant beaucoup de dégâts, le système conventionnel peut cibler des points spécifiques. L’ IEM peut brouiller ou couper les systèmes électroniques ciblés à longue distance. A des distances plus courtes, les composants électroniques de la cible sont grillés et les dégâts sont irréversibles. Cet armement conventionnel à IEM peut être utilisé dans beaucoup d’applications différentes lors d’un conflit mineur, à la fois pour l’attaque et pour la défense… ». J. Manning et Dr. Nick Begich : « Les Anges ne jouent pas de cette Haarp ». L. Courteau ed. 2003
[1] Cette détonation avait été précédée, en 1958, d’explosions de quelques dizaines de kilotonnes seulement, à 400 kilomètres de hauteur en vue d’étudier l’IEM sans trop perturber les communications internationales.
[2] Physicien américain (1892-1962) Prix Nobel de physique en 1927.
[3] Une explosion nucléaire aux moyennes altitudes produit une onde choc (50% de l’énergie dégagée), une radiation thermique (35%) un flux de rayons gamma (10%) après la 1ère minute. Dans le vide, au-dessus de 120/150 kilomètres, ni onde de choc ni radiation thermique n’ont de « support ».
[4] voir annexe
