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L’A.FR.AV
Fraternité, Solidarité, Coopération entre les francophones du monde entier.
De la crise des sub-primes a la crise financière générale
A l’Ouest, l’economie vacille, par le General Pierre Marie Gallois
La présente « civilisation économique » et l’Occident survivront-ils à une épreuve qui risque d’être fort longue ?
lundi 25 février 2008
par admin
popularité : 3%

Bien au-dessus de la crise américaine des crédits immobiliers, des malheurs français de la Société Générale, de la hausse mondiale des prix à la consommation, de la fuite des capitaux et des difficultés bancaires, c’est l’affrontement des deux gigantesques potentiels de production, l’un à hauts salaires, l’autre à faible – voire très faible – rémunération du travail, qui décide du bouleversement – prolongé – de l’économie mondiale.

D’autant plus violents sont les chocs entre les deux systèmes que la globalisation des échanges et le règne des lois du marché proscrivent tout protectionnisme. Aussi, en dépit des profondes différences socio-économiques chacun est libre d’imposer, sans frein, sa politique à l’autre.

Il s’agit, bien sûr, des potentiels de production respectifs du « monde atlantique » d’une part, et des émergents, essentiellement ceux de la zone Asie Pacifique, d’autre part. C’est-à-dire des États « anciennement industrialisés » selon les concepts et les réalisations européennes, d’un côté et, de l’autre, de la Chine et de l’Inde dans un premier temps, celles-ci rejoignant l’Occident en matière d’innovation et de production, et lui ajoutant le poids du nombre. A elles deux, ces puissances disposent de près de 1.5 milliard d’actifs, soit autant que ceux qui ont satisfait jusqu’à maintenant les besoins en équipement de l’humanité, et éliminant ces derniers par le faible coût de la main-d’œuvre, du moins durant encore plusieurs décennies.

Généralement bénéfique a été la libre entreprise. Elle a produit plus de richesse. Et, à la veille du présent cataclysme économique la croissance mondiale en 2007 avait atteint 4,7 %.

Mais la répartition de ces ressources nouvelles a été inégale. Certes, tous y ont gagné, les uns, la minorité, dans de grandes proportions, tandis que les autres, la majorité, n’ont amélioré leur sort que dans une bien moindre mesure aggravant ainsi les tensions sociales.

A court et à moyen terme les données suivantes, qui caractérisent déjà l’économie mondiale, la domineront davantage encore, au moins durant le siècle.

  • 1° - L’apport de richesses nouvelles créées par le travail des peuples « milliardaires en vies humaines ».
  • 2° - La perspective de l’épuisement des réserves d’hydrocarbures suscite à la fois l’enrichissement des producteurs et l’investissement des ressources correspondantes dans les entreprises des « anciennement industrialisés » afin que les revenus attendus remplacent une rente pétrolière en voie d’extinction. Et aussi, injection d’une part de ces ressources dans l’économie locale en vue de l’industrialiser, à l’instar des pays occidentaux et des grands émergents.
  • 3° - Les ressources cumulées du travail, pour les grands émergents, et la manne fournie par le coût élevé des hydrocarbures, a permis aux gouvernements des premiers et à ceux des pays producteurs de constituer des fonds, dits souverains, parce que disponibles, et formant une imposante force d’intervention financière, partout dans le monde.

Examinons ces trois fondamentaux nouveaux, transformant l’économie mondiale.

A - Les milliardaires en vies humaines, Chine et Inde.

Pour une large part ce sont eux qui ont incité les « anciennement industrialisés » à s’engager dans la voie de la mondialisation des échanges. Rassemblant près de la moitié de l’humanité et avides de modernisation, ces peuples offraient un vaste marché à la production des « industrialisés » et à leurs investissements. Mais, en retour, ces industrialisés doivent s’accommoder de l’attrait des produits du travail – peu rémunéré – de la Chine, devenue « l’atelier du monde ». Cette production tarit les unes après les autres les activités industrielles occidentales devenues trop coûteuses et contribue à la crise des économies des « anciennement industrialisés ».

La production de masse – et à bon compte – de la zone Asie Pacifique a bien d’autres conséquences, les unes bénéfiques, les autres préjudiciables :

  • a) La boulimie de matières premières pour alimenter sa gigantesque puissance de transformation a conduit la Chine à prospecter, à investir et acquérir les ressources dont disposent, en particulier, les pays en voie de développement. Leurs gouvernements et, dans une moindre mesure, les populations en ont bénéficié. En revanche, ainsi convoitées, les matières premières sont plus coûteuses, ainsi d’ailleurs que le transport de fret, de continent à continent.
  • b) Cette quête de produits à transformer, et aussi, d’énergies pour y parvenir, invite les États fournisseurs à se libérer des anciennes allégeances économiques, par exemple vis-à-vis du monde atlantique pour se tourner vers celui du Pacifique. Importantes sont les conséquences politiques de cette mutation. En Afrique et en Amérique latine de nombreux États délaissent économiquement et politiquement l’Occident au profit de l’Ouest plus riche de promesses.
  • c) L’excédent commercial de la Chine (quelque 220 à 250 milliards de dollars alors que s’est creusé à 750 milliards de déficit commercial des Etats-Unis ), a permis au gouvernement de Pékin de disposer de fonds libres pour l’investissement à l’extérieur. On verra, en évoquant les fonds dits souverains, parce que disponibles, que la Chine est aussi en mesure d’inverser les flux de capitaux et, par exemple, de financer le sauvetage des entreprises bancaires américaines en difficulté. C’est que Pékin, dont la majeure partie des réserves de change (plus de 1400 milliards) est en dollars, n’a pas intérêt à la baisse de la monnaie américaine. Ainsi, d’une part, la production des « milliardaires en vies humaines » fait vaciller l’économie de la superpuissance et, d’autre part, leurs crédits sauvent cette économie de la débâcle. Il n’en demeure pas moins que l’appareil industriel des États-Unis subit le choc de la surproduction à bas prix des « milliardaires en vies humaines ». General Motors est en difficulté, Ford procède à de nouveaux licenciements après avoir perdu 2.7 milliards de dollars au 4ème trimestre de 2007. De février 2006 à février 2007, les Bourses nationales ont traduit le bouleversement de l’économie mondiale… plus de 10 % de pertes à Amsterdam, Bruxelles, Milan, Paris, Oslo, Stockholm, Varsovie… tandis que les grandes banques américaines accueillaient des Fonds souverains des pays pétroliers. En revanche, annonçaient plus de 10 % de hausse, Bangkok, Hong Kong, Kuala-Lampour, Bombay, Séoul, Shenzen, Singapour… l’Asie Pacifique pavoisant financièrement.
  • Durant les 3 derniers mois de 2007 l’économie des Etats-Unis n’a affiché qu’une croissance de 0,6% (2.2 % seulement dans l’année) tandis que l’inflation passait de 1,8 à 3,8 % à la fin de 2007, et qu’ augmentait le chômage en atteignant 5 % si bien que le président Bush déclarait … « Il y a certainement quelques signes troublants, l’économie faiblit et nous devons faire quelque chose ». Aussi le gouvernement a-t-il injecté 160 milliards de dollars dans l’économie, sous la forme de réduction d’impôts et la Federal Reserve a réduit d’un demi point ses taux directeurs à court terme.
  • La vieille Europe résiste plus difficilement encore à la surproduction à bas prix, et à la puissance financière qu’elle confère aux gouvernements de la Chine et de l’Inde. Affaiblis par les abandons de souveraineté consentis à la « construction européenne », les pays européens renoncent à des pans entiers de production et, à bout de ressources, cherchent à sauver les « niveaux de vie » en vendant le travail de leurs ressortissants ainsi que le patrimoine national aux « milliardaires en vies humaines » et aux détenteurs des réserves d’hydrocarbures. Ils se préparent ainsi à passer d’une prédominance séculaire à l’état de colonisés économiques, et d’un certain bien-être à la précarité.
  • d) L’irruption sur la scène internationale des fruits du travail de masse à bon compte, donc des gigantesques ressources financières dont disposent les grandes puissances ayant « émergé » brillamment, ne bouleverse pas seulement l’économie mondiale. Elle crée une nouvelle situation, politiquement et stratégiquement parlant. Voire, aussi militairement.
  • La quête échevelée d’hydrocarbures par les grands pays « anciennement industrialisés », entendez les Etats des deux rives de l’Atlantique nord, a suscité de nouvelles rivalités, des interventions diplomatiques, puis des actes de belligérance, les Etats-Unis en prenant l’initiative. L’unique superpuissance de l’époque admettait mal d’être tributaire de l’extérieur pour disposer d’une énergie indispensable à son développement. Il en résulte une nouvelle fracture du monde et le recours aux épreuves de force, la politique des Etats-Unis dressant, contre eux, sinon tous les gouvernements des pays musulmans du moins nombre d’entre eux et, surtout, les populations. Plus spécifiquement, Washington s’est comporté comme si ses objectifs étaient d’occuper militairement des positions d’encerclement de la Chine et de la Russie, la grande puissance atlantique intervenant directement en Eurasie pour détenir des gages à l’encontre des grandes puissances de la Terre en passe de menacer le statut de superpuissance des Etats-Unis. D’où leur présence militaire aux frontières de la Russie en Europe de l’est et au Moyen-Orient, et à celles de la Chine, au Japon, en Corée du sud, à Taïwan et en Ouzbékistan et, plus durablement au Kirghizistan.
  • Ces démarches, en cours ou au développement prévisible, ne manquèrent pas d’inquiéter Pékin et Moscou. En juillet 2001, la Chine et la Russie signaient un traité de bon voisinage et de coopération, en fait dirigé contre les empiètements réalisés, ou redoutés, des États-Unis. Mais, cinq ans plus tôt, déjà à Shanghai, Chinois, Russes et représentants des ex-républiques musulmanes soviétiques, s’étaient entendus pour lutter ensemble contre l’extrémisme islamique et les tentatives de sécession et signer le texte de l’Organisation de coopération de Shanghai (juin et juillet 2001) ou encore l’OCS.

Sont membres du groupe :

La Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, tandis que l’Inde, l’Iran, le Pakistan, la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Au total quelque 2.6 milliards d’habitants et d’importantes réserves de matières premières, à commencer par les hydrocarbures. Objectifs officiels : sécurité, développement économique et social, coopération technique, défense de l’environnement. Mais aussi entente militaire concrétisée, en août 2007, par des manœuvres communes qui ont eu lieu en Russie. Dans ce domaine l’OCS avait été complétée, en septembre 2003, par un traité de sécurité collective rassemblant sous l’égide de la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et les républiques musulmanes ex-soviétiques d’Asie centrale.

Et c’est ainsi que les « milliardaires en vies humaines » se sont groupés dans une puissante organisation politique économique, et même militaire, en vue d’équilibrer, et aussi de tenir tête aux ambitions des Etats-Unis et de la coalition atlantique qu’ils dirigent. En somme, une version asiatique de l’Alliance atlantique. Ou encore une phase nouvelle de l’opposition séculaire entre les puissances de la mer et celles de la terre.

B – Les fabuleuses ressources fournies par les hydrocarbures en raréfaction.

La raréfaction annoncée – à court terme, soit un demi siècle – des hydrocarbures conjuguée à la demande croissante qui en est faite, aussi bien par les pays développés que par les autres, aboutit normalement à l’augmentation de leur coût. Selon l’Agence Internationale de l’Energie la demande augmente de 1 million de barils/jour tandis que la production stagne. L’on s’interroge sur l’ampleur des réserves, lesquelles, pour des raisons de spéculation financière, seraient inférieures aux quantités officiellement annoncées. Par exemple, les gisements de la mer du nord auraient déjà donné leur maximum en 2000. De surcroît, les producteurs n’ont pas intérêt à produire plus en réduisant leurs profits et en épuisant plus rapidement leurs réserves. D’après l’AIE l’année 2007 leur a été favorable. Les pays producteurs, membres de l’OPEP auraient triplé leur revenu à 560 milliards de dollars, au lieu de 200 milliards en 2002. Pour leurs développements respectifs la Chine a importé 12 millions au baril/jour, les pays de l’OCDE, 13 millions et l’Amérique du nord, 18 millions, soit près de la moitié de la production mondiale. Aussi les producteurs encaissent-ils des sommes considérables. C’est ainsi qu’Abu Dhabi gérant pétrolier des Emirats Arabes Unis disposerait d’un fonds de près de 900 milliards de dollars. Les Etats du Moyen-Orient, à faible population engrangent des milliards de dollars qui deviennent, pour la majorité d’entre eux, des fonds disponibles pour l’investissement. C’est le cas du Qatar, de Bahreïn, des Emirats Arabes Unis, du Koweït, d’Oman, de la Libye, dont la population totale n’atteint pas 20 millions.

A juste tire, les gouvernements des pays producteurs se soucient de l’après pétrole, lorsque leur sous-sol sera vidé de ses richesses et qu’en surface le sable dominera, du moins pour un certain nombre d’entre eux.

Les énormes liquidités qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars sont investies dans trois domaines :

  • Rembourser la dette lorsqu’elle existe.
  • Equiper les pays producteurs de pétrole en vue d’y créer des activités rémunératrices qui compenseront la défaillance financière de son sous-sol.
  • Investir à l’étranger dans les pays développés et les grands émergents (Chine, Japon, Brésil) afin d’en tirer des revenus remplaçant, demain, ceux du pétrole.

Le premier de ces deux derniers investissements crée au Moyen-Orient un ensemble industrialisé nouveau et le dernier, bien accueilli par les économies occidentales en difficultés, transforme la propriété – nationale – des instruments de production des industrialisés de longue date, dont les revenus partent à l’étranger, mais dont cet afflux d’argent ralentit le déclin économique. Les fonds souverains, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, aident aussi à l’amélioration du sort des pays retardés, notamment la Chine par ses achats de matières premières en Afrique et en Amérique latine.

La fastueuse indolence qu’entraînait la rente pétrolière fait place à la volonté d’entreprendre, d’innover, d’industrialiser, de produire et de commercer par une économie nouvelle assurant, demain, la pérennité de la prospérité en dépit de l’épuisement des hydrocarbures.

Si les investissements locaux sont déjà spectaculaires : les usines d’aluminium d’Arabie Séoudite et de Dubaï, l’industrie chimique du Qatar, les gigantesques réalisations immobilières d’Abu Dhabi et de Dubaï dont le plus grand édifice du monde culminant à 700 mètres, tandis que sa compagnie aérienne Emirates, pourvue d’avions les plus modernes, commence à rafler une part importante du trafic aérien mondial… que dire des financements de multiples entreprises à l’étranger !

C’est ainsi que les Séoudiens détiennent de fortes participations dans des chaînes d’hôtels, des industries chimiques, Euro Disney, des banques américaines et européennes. Le Koweït finance la British Petroleum, détient 15 % de la Royal Bank of Scotland, a été l’acquéreur des chaînes alimentaires (Pizza Hut). Le Qatar a acheté 24 % de la Bourse de Londres, il gère une raffinerie en Tunisie et les supermarchés britanniques Sainsbury.

Abu Dhabi exploite des mines de bauxite en Guinée et a investi en Italie dans Piaggio Aero Industries et Ferrari et aussi dans les sociétés de location de véhicules en Europe.

Dubaï fait mieux encore. Dubai World consacre 11 milliards de dollars à l’habitat indien pour aménager deux villes nouvelles sur 8.000 hectares de terre indienne, l’investissement final représentant une dépense de quelque 40 milliards de dollars. C’est que l’inévitable urbanisation de l’Inde offre un vaste marché. En Occident, Dubaï participe à Daimler-Chrysler, finance les hôtels Travelodge des Britanniques et possède la firme d’armement Doncaster et aussi Standard Aero Holding et Landmark Aviation. Dubaï est aussi présent, financièrement, à Las Vegas, à Oslo et à New-York. Même EADS accueille sa participation.

La crise américaine du crédit immobilier, révélant les défaillances du système occidental, a mis en évidence la puissance financière des fonds souverains asiatiques et moyen-orientaux.

Cette crise a créé de telles pertes – de l’ordre de 400 à 500 milliards de dollars – que les grandes banques des Etats-Unis et aussi européennes ont été renflouées par ces fonds souverains. Ainsi, le coût élevé de l’énergie, d’une part, et la production de masse, et à bon compte, de la Chine et de l’Inde d’autre part, mettant à mal les économies des « anciennement industrialisés » ce sont les établissements bancaires des pétroliers et de la zone Asie Pacifique qui viennent à leur secours. Par exemple, Citigroup a reçu 12,5 milliards de dollars du Koweït, de Singapour et d’un prince séoudien. Et 7,5 milliards d’Abu Dhabi. Morgan Stanley a été secouru (5 milliards) par China Investment Corp. La Corée du Sud et le Koweït ont fourni 6,6 milliards à Merrill Lynch et UBS a reçu 11,5 milliards de Singapour.

Au 30 janvier les pertes des banques d’outre-atlantique dépassaient 60 milliards de dollars, celles d’Europe atteignaient 36 milliards, l’économie occidentale perdant entre 2000 et 2500 milliards de dollars sur le long terme, par le coût des mesures imposées par la crise.

Ainsi, la politique économique générale conduite par les puissances industriellement développées les a, finalement, placées sous la dépendance des fonds souverains, ceux-ci étant constitués par l’addition des ressources fournies par la main-d’œuvre bon marché à celles provenant de la rente pétrolière.

Ces énormes liquidités permettent à leurs détenteurs de contrôler financièrement les entreprises étrangères en quête de capitaux, quelle que soit leur nationalité, afin d’en retirer des revenus substantiels. Le produit de leur travail n’est plus au service de l’Etat dont dépendent, politiquement, ces entreprises mais de capitaux étrangers, à la recherche d’une bonne rentabilité et sans considérations sociales. Résultats : l’euphémisme des « restructurations » se généralise, l’impératif du profit domine, le travailleur est sous pression tandis que s’appauvrit la nation hôte. Tel est aussi le sort des pays « bénéficiaires » des fonds souverains.

Comment en est-on arrivé là ? Dans son dernier ouvrage le brillant économiste, Pierre Leconte, explique pourquoi « la crise monétaire du XXIème siècle a déjà commencé ».

Les guerres qui ont ravagé l’Europe, à l’initiative de l’Allemagne, y ont leur part de responsabilité. « Ce n’est qu’au début du XXème siècle, en 1914-1918, pour faire face aux immenses coûts financiers qu’occasionnait la Première Guerre mondiale que les grands Etats européens ont… rompu le lien entre la monnaie et les métaux précieux » écrit notre expert en économie. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, ayant augmenté leur stock d’or, les Etats-Unis ont obtenu le monopole du dollar convertible. Au cours de la guerre du Vietnam, Washington décide de renoncer à la convertibilité du dollar en or afin d’être libre de créer autant de monnaie que de besoin. D’où un vaste écart entre la finance et les biens qu’elle est censée représenter. P. Leconte signale qu’en 2005 les transactions financières internationales représentaient 80 fois le volume du commerce mondial. Exploitant cette liberté les banques centrales peuvent augmenter la production monétaire indépendamment des réalités économiques. En ce qui concerne les Etats-Unis leur dette serait de l’ordre de 10.000 milliards de dollars.

La production américaine inspirant confiance, le « vivre à crédit » aurait pu être prolongé quasi indéfiniment, d’autant qu’il est courant d’attribuer à l’argent futur une valeur inférieure à l’argent que l’on détient. Les guerres – du pétrole – dans lesquelles les États-Unis sont engagés ont favorisé l’extension de la politique du crédit. Mais la production à bas coût des « milliardaires en vies humaines » ébranlé la confiance qu’inspirait l’activité industrielle et commerciale des États-Unis. Investir en Asie Pacifique peut aussi se révéler rémunérateur, l’économie n’y étant pas fondée sur une appréciation, la confiance, mais sur une réalité : le gigantesque potentiel de travail – et aussi le vaste marché – de la Chine et de l’Inde.

Tous les économistes s’accordent : pas de recours au protectionnisme, M. Lamy, M. Barroso et M. Strauss-Kahn le rejettent vigoureusement estimant qu’avec le passage des ans la mondialisation des échanges atténuera les énormes différences de salaires. La question se pose, la présente « civilisation économique » et l’Occident survivront-ils à une épreuve qui risque d’être fort longue ?

Une manière de l’écourter est de plonger aussi dans la précarité, l’étiage de l’Atlantique se rapprochant de celui du Pacifique par une généralisation des basses eaux selon le principe des vases communicants.

Déplaisante perspective par les « anciennement industrialisés » que nous sommes.

 

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Messages de forum :
A l’Ouest, l’economie vacille, par le General Pierre Marie Gallois
mardi 26 février 2008

Très belle étude.

Mais, pardonnez-moi d’y revenir, incomplète.

En effet, ce texte n’aborde que les aspects économiques de la crise qui monte et qui conduit inéluctablement à l’anarchie mondial et la guerre civile.

Il faut toujours rappeler concomitammment que les internationalistes ont aussi opté pour ce système- libre circulation des cpx, des personnes et des biens.

Car ils visent,eux, l’idéologie d’une utopique gouvernance mondiale (cf attitude de Lamy, Barroso, dsk).

C’est pourquoi je dis toujours que capitalistes (libéraux, ultra-libéraux…c’est pareil) et internationalistes (altermondialistes, universalistes…c’est pareil) sont factuellement et sournoisement de connivence (même non concertée) pour mépriser les Peuples, affaiblir à l’envi les Etats et détruire les Nations.

Il ne s’agit pas de s’arrêter à l’anticapitalisme (teinté de beaucoup d’antiaméricanisme) il s’agit d’être à la fois et farouchement anticapitaliste et anti-internationaliste.

En somme que la France porte le message de la coopération des Peuples, d’une organisation de caractère de l’Europe des Nations et du dialogue des civilisations.

Et que, probablement, l’Occident s’unisse d’un bloc, cesse de se faire phagociter, anémier et humilier.

Pour la France- si l’on peut encore espérer de nos concitoyens- de retrouver le sens de son Histoire : de Brennus à DeGaulle en passant par Charles Martel, Jeanne D’arc et Valmy.

Castelin Michel- La Ciotat- 26fev08




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